Multi-actifs : un levier souvent sous-estimé par les investisseurs
Points clés :
- Sur les cinq dernières années, les données clients Saxo montrent que les investisseurs ayant utilisé plus d’un type de produit ont eu tendance à être plus rentables que ceux qui n’en utilisaient qu’un seul.
- Une boîte à outils plus large peut aider à réduire certaines concentrations invisibles, à améliorer la prise de décision lors des phases de baisse, et à offrir plusieurs façons pour un portefeuille d’évoluer selon les régimes de marché.
- Se lancer ne nécessite pas de refondre son portefeuille. Faire un petit pas au-delà des actions (ETF, obligations, matières premières, ou options simples et collatéralisées) peut être un premier mouvement concret.
Un enseignement intéressant
Les marchés ne récompensent pas les mêmes expositions chaque trimestre. L’investissement multi-actifs consiste moins à « courir après la performance » qu’à construire un portefeuille capable de se comporter de façon cohérente dans différents régimes, notamment lorsque les phases de baisse mettent la discipline à l’épreuve.
En observant l’activité agrégée des clients Saxo sur les cinq dernières années, les clients qui ont utilisé plus d’un type de produit étaient plus susceptibles d’afficher une rentabilité plus élevée que ceux qui n’en utilisaient qu’un (par exemple, uniquement des actions).

Note : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Source : données clients Saxo
Il s’agit d’une association, et non d’une preuve que l’utilisation de plusieurs produits cause de meilleurs résultats. Les clients qui utilisent davantage d’instruments peuvent aussi différer en termes d’expérience, de gestion du risque, d’horizon de temps, de fréquence d’intervention ou de coûts, autant de facteurs susceptibles d’influencer les résultats.
L’enseignement pratique est plus simple : disposer de plus d’un outil peut offrir davantage de façons de s’adapter aux changements de régime de marché, et peut réduire le risque qu’un seul « scénario dominant » détermine l’essentiel des résultats.
Pourquoi cela peut s’expliquer
1) Une trajectoire plus régulière peut améliorer les comportements
Quand les résultats dépendent moins d’un seul mouvement de marché, les investisseurs sont souvent moins enclins à vendre dans la panique, à sur-réagir, ou à abandonner un plan après une phase de baisse.
2) Chaque environnement favorise des expositions différentes
Les actions ne dominent pas chaque trimestre. Ajouter d’autres briques (comme les obligations ou les matières premières) peut aider lorsque le leadership change.
3) Moins de concentration implicite
Les portefeuilles « 100 % actions » dérivent souvent vers des paris concentrés (quelques très grandes capitalisations, un secteur, une région). Ajouter un autre type de produit peut réduire le risque de dépendre d’une seule histoire.
4) Des habitudes plus régulières
Les ETF et les versements récurrents peuvent encourager un comportement d’investissement plus stable. C’est souvent plus important que de chercher le timing parfait.
Idées reçues qui bloquent les investisseurs
Mythe 1 : « Diversifier, c’est accepter une performance plus faible. »
La diversification peut réduire les extrêmes, à la hausse comme à la baisse. Pour beaucoup d’investisseurs, le principal bénéfice est surtout d’éviter de fortes phases de baisse et les décisions de mauvais timing qu’elles déclenchent souvent.
Mythe 2 : « Les ETF sont des produits pour débutants. »
Les ETF sont avant tout un véhicule. Ils permettent d’accéder à des marchés larges, à la qualité, aux dividendes, à des secteurs, des régions ou des thématiques, sans dépendre du résultat d’un seul titre.
Mythe 3 : « Les obligations ne servent plus à grand-chose. »
Les obligations sont moins “spectaculaires” mais peuvent jouer un rôle d’amortisseur. Elles peuvent aider à lisser la volatilité actions et à apporter de la liquidité lorsque les marchés sont sous tension.
Mythe 4 : « Les matières premières, c’est uniquement pour les traders. »
Les matières premières peuvent être volatiles, mais elles peuvent aussi diversifier un portefeuille dans certains régimes (surprises inflationnistes, chocs d’offre), notamment lorsque actions et obligations deviennent plus corrélées.
Mythe 5 : « Les options, c’est du levier. »
Certaines stratégies optionnelles sont très “à levier”. Mais des stratégies collatéralisées, comme les covered calls et les cash-secured puts, sont parfois utilisées par des investisseurs long terme comme outils de portefeuille (toujours risquées, mais différentes des options “nues”).
Si vous êtes uniquement investi en actions : des points de départ fréquemment envisagés
Élargir sa boîte à outils ne signifie pas tout reconstruire. Les exemples ci-dessous sont des illustrations à visée pédagogique de la manière dont certains investisseurs introduisent parfois un second moteur de performance ou un amortisseur. Ils ne constituent pas un conseil en investissement et peuvent ne pas convenir à tous.
1) ETF (réduire le risque lié à un seul titre)
À quoi cela sert : les ETF peuvent réduire la dépendance à quelques actions en répartissant l’exposition sur davantage d’entreprises, de secteurs ou de régions, tout en conservant une exposition aux actions.
Façons simples de commencer (à titre d’exemple) :
- Une exposition “marché large” pour réduire la concentration sur quelques titres
- Des biais qualité/dividendes pour ajuster le profil de risque (avec des expositions sectorielles/factorielles différentes)
Point de vigilance : les ETF restent exposés au risque de marché et peuvent reculer fortement lors d’une baisse généralisée.
2) Obligations (amortisseur potentiel / poche de liquidité)
À quoi cela sert : les obligations sont souvent utilisées comme “ballast” et comme réserve de liquidité, notamment lorsque la volatilité actions augmente.
Façons simples de commencer (à titre d’exemple) :
- Des obligations de meilleure qualité comme ballast
- Des maturités plus courtes pour réduire la sensibilité aux taux (sans être “sans risque”)
Point de vigilance : les obligations peuvent perdre de la valeur (surtout sur les maturités longues) et ne couvrent pas systématiquement le risque actions selon les régimes.
3) Matières premières (actifs réels pour diversifier dans certains régimes)
À quoi cela sert : les matières premières peuvent diversifier un portefeuille dans certains environnements macroéconomiques, par exemple en cas de surprise inflationniste ou de choc d’offre.
Façons simples de commencer (à titre d’exemple) :
- Une exposition large aux matières premières pour diversifier
- Une allocation modeste aux métaux précieux comme diversifiant “stress” dans certains régimes
Point de vigilance : les matières premières peuvent être très volatiles et ne pas protéger quand on en a le plus besoin.
4) Options sur actions (ETO) via des structures collatéralisées
Certains investisseurs utilisent des structures optionnelles collatéralisées pour introduire des règles, souvent autour d’une discipline de revenus ou d’entrée en position. Ces stratégies restent significativement risquées et ne conviennent pas à tous les investisseurs.
Deux exemples (pour information uniquement) :
A) Covered call (orientée revenus)
- De quoi s’agit-il : vous détenez les actions et vendez une option d’achat (call) contre ces actions.
- Pourquoi certains l’utilisent : pour percevoir une prime ; en contrepartie, le potentiel de hausse est plafonné si l’action dépasse le prix d’exercice.
B) Cash-secured put (orientée entrée en position)
- De quoi s’agit-il : vous vendez une option de vente (put) en immobilisant suffisamment de liquidités pour acheter les actions en cas d’assignation.
- Pourquoi certains l’utilisent : pour percevoir une prime en attendant éventuellement d’acheter à un prix effectif plus bas ; en contrepartie, vous avez l’obligation d’acheter si l’action baisse.
Point de vigilance : les options comportent des risques et ne conviennent pas à tous. Les covered calls et cash-secured puts peuvent conduire à des pertes, à une hausse manquée, à une assignation anticipée, et à des résultats proches de la détention (ou de l’obligation d’achat) du sous-jacent.
Risques et points de vigilance
- Pas une causalité : les clients multi-produits ont eu tendance à être plus rentables, sans que cela prouve que le mix produit en soit la seule cause.
- Les ETF peuvent baisser : la diversification réduit le risque spécifique, pas le risque de marché.
- Les obligations peuvent perdre de la valeur : notamment en cas de hausse des rendements ou sur des maturités longues.
- Les matières premières peuvent être très volatiles : elles peuvent connaître des baisses marquées et ne couvrent pas systématiquement tous les environnements.
- Les options comportent des risques significatifs : même les covered calls et cash-secured puts peuvent entraîner des pertes, une hausse manquée, une assignation anticipée, et des pertes comparables à la détention (ou à l’obligation d’achat) du sous-jacent. Les options peuvent ne pas convenir à tous.
- Le risque comportemental est réel : sur-intervenir, vendre dans la panique ou abandonner une stratégie peut neutraliser les bénéfices de la diversification.
Conclusion
Le message principal issu des données clients Saxo est simple : les portefeuilles ayant plus d’une façon de fonctionner peuvent se montrer plus résilients, et la résilience contribue souvent à de meilleurs résultats dans la durée.
Si vous êtes uniquement investi en actions, il n’est pas nécessaire d’engager une refonte complexe. Certains exemples explorés par les investisseurs incluent : commencer par un ETF, envisager des obligations, intégrer un diversifiant “actifs réels” à petite dose, ou utiliser les ETO de manière simple et collatéralisée pour ajouter de la structure.