Prévisions chocs
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Jacob Falkencrone
Responsable de la Stratégie d’Investissement
Responsable de la Stratégie Investissement
Pourquoi les investisseurs se repositionnent progressivement vers l’Asie
Les investisseurs ne deviennent pas nécessairement pessimistes sur les marchés américains. En revanche, ils s’interrogent sur la capacité d’un nombre restreint de grandes valeurs à continuer, seules, de porter la performance globale.
Lorsque la hausse des marchés repose sur un socle trop étroit, il devient naturel de rechercher davantage de diversité : plus de régions, plus de secteurs et plus de moteurs de croissance des bénéfices.
Dans ce contexte, l’Asie apparaît comme un terrain naturel pour élargir les sources de rendement, avec des valorisations parfois plus raisonnables que sur les segments les plus prisés des marchés américains.
Sur les douze derniers mois, la performance boursière américaine a été largement tirée par un nombre limité de grandes entreprises, en particulier dans la technologie et l’intelligence artificielle.
C’est cette logique qui explique le comportement actuel des investisseurs : rechercher davantage de largeur dans leurs allocations.
Pour un investisseur international, la performance ne dépend pas uniquement de l’évolution des marchés actions, mais aussi des fluctuations de change.
Lorsque le dollar cesse de se renforcer de manière continue, la contrainte liée aux devises s’allège pour les investissements à l’étranger, ce qui rend certaines zones plus attractives.
Sans être indispensable, un dollar plus stable — voire légèrement plus faible — favorise généralement une meilleure répartition géographique des performances boursières.
La rotation observée s’explique aussi par un regain d’incertitude autour de la politique et des institutions américaines. Dans ce type d’environnement, les investisseurs exigent souvent une prime de risque plus élevée, ce qui se traduit par davantage de volatilité.
Face à cela, la réponse n’est pas toujours de réduire l’exposition aux marchés, mais plutôt de diversifier les zones géographiques.
Cette imprévisibilité accrue peut suffire à encourager une répartition plus large des investissements, même si le dollar conserve par moments son rôle de valeur refuge.
Considérer l’Asie comme un marché unique est une erreur fréquente. En réalité, chaque grande zone répond à des logiques propres.
Le Japon bénéficie d’un soutien de long terme souvent sous-estimé : l’amélioration progressive de la gouvernance d’entreprise et de la rentabilité du capital.
À cela s’ajoutent des attentes ponctuelles de soutien budgétaire ou politique, qui peuvent renforcer l’attrait du marché lorsque la croissance ralentit ailleurs.
La contrepartie reste la volatilité du yen, susceptible de provoquer des mouvements rapides sur les marchés.
Si l’intelligence artificielle continue de générer des investissements massifs, la Corée du Sud et Taïwan occupent une position centrale.
Ces marchés permettent de s’exposer à l’IA par les équipements et composants, et non uniquement par les grandes plateformes américaines.
La Chine peut offrir un potentiel de revalorisation important lorsque la confiance et les signaux politiques s’améliorent. Mais cette opportunité s’accompagne toujours d’un niveau de risque spécifique.
L’exposition à la Chine nécessite donc une approche mesurée, avec un horizon d’investissement et un dimensionnement adaptés.
En résumé : la rotation vers l’Asie est crédible, mais elle restera probablement heurtée. La diversification ne supprime pas le risque, elle en modifie simplement la nature.