Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Saxo Banque
En ce début d’année 2026, alors que Wall Street commence à tanguer sous le poids de valorisation très élevés et d’une inflation persistante, le CAC 40 fait preuve d’une résilience inattendue, avec la barre des 8500 points qui vient d’être dépassé. L’indice parisien ne se contente plus de subir les secousses de New-York : il s’en détache, porté par un environnement macroéconomique européen plus stable et des fondamentaux solides. Dans un marché mondial en quête de repères, la France apparait désormais comme le refuge de la rationalité.
La résilience actuelle du marché boursier français ne relève pas du hasard. Elle raconte une histoire d’un basculement stratégique des investisseurs qui privilégient désormais la stabilité européenne face à l’incertitude américaine.
En janvier 2026, l’inflation en zone euro est tombée à 1,7% tandis qu’en France, elle s’établit à un niveau quasi nul de 0,3% sur un an. A l’inverse, l’inflation américaine reste plus volatile (2,4% en janvier) et subit la menace de nouvelles hausses liées aux politiques douanières.
Alors que la FED maintient des taux élevés entre 3,50% et 3,75%, la BCE a opté pour un « statut quo » rassurant avec un taux maintenu à 2%. Ce différentiel de taux permet aux entreprises françaises de bénéficier de coûts de financement nettement inférieurs à ceux de leurs concurrentes outre-Atlantique, favorisant l’investissement et l’expansion.
Sur le plan financier, le CAC 40 est perçu comme une opportunité « value ». Le CAC 40 se paie aujourd’hui 16 fois ses bénéfices contre 29 fois pour le S&P500.
L’indice américain est 80% plus cher que l’indice français (vs 20% historiquement). Pour un investisseur, acheter du CAC 40 aujourd’hui, c’est acquérir des bénéfices solides à un prix bien plus attractifs que ceux de la tech américaine très sensibles aux résultats décevants.
Enfin, la structure même du CAC 40 joue en sa faveur dans le contexte géopolitique actuel. Le retour à la croissance du luxe et la montée en puissance du secteur de la défense agissent comme des moteurs de croissance. Ensuite, les banques françaises tirent profit de marges d’intérêt qui restent confortables malgré la baisse des taux.
En combinant une inflation basse et maitrisée, des taux d’intérêts stables et une valorisation attractive, le CAC 40 s’impose comme le choix de la raison pour les portefeuilles en quête de croissance sereine en 2026.
La résistance du CAC 40 ne doit pas masquer certains défis structurels.
Premièrement, la « prime de risque » française qui est le risque numéro 1. La France aborde 2026 avec une dette record dépassant les 118% du PIB (soit le troisième pays le plus endetté de l’Union Européenne).
Ensuite, le CAC 40 est l’un des indices les plus exposé au Etats-Unis via ses exportateurs. Malgré une récente victoire juridique devant la Cour Suprême US sur certains tarifs jugées illégaux, la menace persiste. Une taxe universelle de 10% à 15% rognerait directement les marges du Luxe, principal moteur de l’indice.
Enfin, le CAC 40 est un indice très concentré. Le trio « luxe » (LVMH, Hermès et Kering) représente environ 35% de l’indice et les « industrielles » environ 18%. Si un seul de ces piliers vacille, c’est l’ensemble de l’indice qui peut souffrir.