Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Responsable de la stratégie des matières premières
Pâques arrive cette année dans un climat économique et géopolitique complexe. L’escalade du conflit au Moyen-Orient continue d’attiser les craintes sur la croissance et l’inflation. Les prix de l’énergie (pétrole brut, produits raffinés et gaz) ont fortement augmenté, ce qui se répercute automatiquement sur les coûts des engrais, du transport et de nombreux intrants industriels. Cet effet en cascade contribue à renchérir les prix alimentaires dans leur ensemble.
Les marchés financiers reflètent ce malaise général : le S&P 500 et le Nasdaq reculent d’environ 8 % sur le mois, l’Euro Stoxx 50 s’approche d’une baisse de 10 %, et plusieurs grands marchés émergents ont perdu près de 12 % après deux premiers mois d’année pourtant très robustes. Dans de telles conditions, les matières premières liées à la consommation discrétionnaire offrent rarement un motif d’optimisme.
Lorsque les prix ont explosé, les fabricants de chocolat ont réagi immédiatement pour protéger leurs marges.
Leur réponse a pris plusieurs formes :
Ces modifications ne sont pas toujours visibles pour les consommateurs, mais elles ont réduit la quantité de cacao utilisée par l’industrie. Résultat : la croissance de la demande a nettement ralenti, ce qui a contribué à la baisse des prix.
Même si les prix des contrats à terme chutent, le prix du chocolat dans le commerce ne reflète pas immédiatement cette baisse.
Plusieurs raisons expliquent ce décalage :
Pris dans son ensemble, le parcours du cacao offre un contraste frappant face au discours macroéconomique dominant.
Alors que les prix de nombreuses matières premières restent orientés à la hausse et que les marchés boursiers manquent de repères, l’une des denrées de confort les plus universelles est devenue plus abordable au niveau des intrants.
Le chocolat ne changera évidemment pas la trajectoire de l’économie mondiale, ni ne compensera les pressions inflationnistes plus lourdes. Mais après une envolée considérée comme insoutenable, la correction actuelle rappelle la rapidité avec laquelle les marchés de matières premières peuvent se rééquilibrer lorsque la demande se contracte et que l’offre se stabilise.
Pour l’instant, l’indulgence de Pâques repose sur des coûts de matières premières légèrement inférieurs.
Dans le contexte actuel, c’est une petite lueur positive!