Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Dire que Nokia est en pleine forme est un euphémisme. Boursièrement parlant, d’abord, l’équipementier télécoms finlandais fait des étincelles : depuis le 1er janvier, le titre grimpe de 60 % à la Bourse d’Helsinki, où il est exclusivement coté, quand les grands indices, eux, oscillent au gré des nouvelles en provenance du front moyen-oriental.
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
Nous restons positifs sur le titre qui se traite 24,4 fois le résultat net à fin 2027, plus ou moins en ligne avec la moyenne à cinq ans (23,5 fois, selon FactSet), mais le profil a changé, la société ayant entrepris un virage prometteur dans l’IA. Objectif : 15 €.
Financièrement parlant, ensuite, Nokia, qui avait déçu lors du Capital Market Day de novembre 2025, a dévoilé, le 23 avril, des prévisions rassurantes. Selon le dernier décompte, les ventes de l’infrastructure réseau devraient croître en 2026 de 12 % à 14 %, un rythme plus soutenu que celui de 6 % à 8 % évoqué jusqu’alors et plus rapide qu’imaginé par le consensus (8,4 %). Le sous-segment des réseaux optiques et des IP combinés devrait en particulier croître de 18 % à 20 %, ce qui tranche avec la stabilité attendue de la division Infrastructure mobile, mais n’enlève rien au fait que, désormais, le résultat opérationnel annuel est espéré au-dessus du point médian de la fourchette comprise entre 2 et 2,5 milliards d’euros.
Le plein de commandes
Si Nokia peut se permettre d’être optimiste, c’est que le marché du cloud IA est en ébullition : sur la période 2025-2028, il devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 27 %. C’est aussi parce que son premier trimestre a été solide. Partant d’un chiffre d’affaires de 4,5 milliards d’euros, amélioré de 2 % (+ 4 % à devises constantes), la marge brute non-IFRS a atteint 45,5 % (le consensus visait 43,5 %) et le bénéfice d’exploitation non-IFRS s’est hissé à 281 millions d’euros, soit une marge de 6,2 %, contre 5,5 % escompté. La trésorerie nette ne déroge pas à la règle : elle s’établissait à fin mars à 3,8 milliards d’euros au lieu des 3,6 milliards anticipés.
Sans surprise, les revenus issus de l’activité de l’infrastructure réseau (1,83 milliard d’euros) ont mené la danse (+ 12 %, et + 6 % à taux de change constants), grâce à Infinera. Nokia a, en outre, enregistré pour 1 milliard d’euros de commandes auprès de clients IA et cloud. L’équipementier « anticipe une poursuite de la surperformance en réseaux optiques, portée par une hausse des design wins, la forte demande des hyperscalers, une base de clients plus large qu’il y a un an et des synergies avec Infinera en avance sur le plan, soutiennent l’objectif de marges opérationnelles à deux chiffres, rapportent les analystes d’Oddo BHF. Le book-to-bill demeure largement supérieur à 1, avec des délais de livraison de douze à dix-huit mois ».