Disclaimer : Cet article constitue une communication commerciale et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. La négociation d’instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne constituent pas une garantie des résultats futurs.
Ce qu’il faut savoir :
- Les États‑Unis et l’Iran sont parvenus à un cessez‑le‑feu temporaire de deux semaines et à une réouverture du détroit d’Hormuz. Cela atténue le principal risque baissier immédiat, ce qui explique le fort rebond observé sur le pétrole, les actions et d’autres actifs risqués.
- Les marchés peuvent à nouveau commencer à pricer prudemment des baisses de taux, mais il est peu probable que le choc récent soit totalement effacé, sauf si les flux énergétiques se normalisent rapidement et que la dynamique diplomatique se maintient.
- Il s’agit d’une pause, pas d’une remise à zéro complète. À court terme, le rebond peut se poursuivre, mais les risques structurels liés au pétrole, à l’inflation et à la géopolitique demeurent.
Que s’est‑il passé ?
Un cessez‑le‑feu temporaire de deux semaines a été conclu juste avant l’échéance fixée par le président Trump mardi à 20h00 (ET), après une période de tensions extrêmes durant laquelle les marchés craignaient une escalade beaucoup plus large. Le Pakistan a contribué à la médiation de l’accord. Des discussions sont attendues le 10 avril à Islamabad, et l’Iran a indiqué que le passage sécurisé par le détroit d’Hormuz resterait possible durant cette période.
Comment les marchés ont‑ils réagi ?
La réaction des marchés a été marquée. Le prix du pétrole a chuté d’environ 15 %, le Nikkei et le Kospi ont progressé chacun d’environ 5 %, et le dollar australien est repassé au‑dessus de 0,70. L’or est resté soutenu, porté par des craintes inflationnistes. À mesure que ces craintes s’atténuent en raison d’un choc pétrolier moins prononcé, ce soutien pourrait s’affaiblir.
Pourquoi une réaction aussi forte ?
Les marchés étaient positionnés sur un scénario nettement plus négatif, incluant le risque de frappes militaires élargies, une perturbation durable du détroit d’Hormuz et un nouveau choc pétrolier majeur. Lorsque le scénario le plus extrême s’est dissipé, le pétrole a fortement reculé, les actions ont rebondi et une partie de la vigueur refuge du dollar s’est estompée. Il s’agit d’un relief rally classique après une période durant laquelle les marchés s’étaient fortement couverts contre des scénarios catastrophes.
La crise est‑elle terminée ?
Non. Cela ressemble davantage à une respiration qu’à une paix durable. Le véritable test portera sur :
- l’arrêt effectif des attaques, alors que des signalements de nouveaux tirs de missiles et d’actions réciproques persistent
- l’efficacité réelle des négociations
- la fiabilité d’une ouverture durable du détroit d’Hormuz, et non simplement temporaire
- l’adhésion pleine et entière d’Israël à la désescalade, en l’absence de prises de position claires à ce stade
- la rapidité avec laquelle la production et les exportations de pétrole à l’arrêt peuvent redémarrer
- la stabilisation du prix du pétrole à un niveau proche de celui d’avant l’escalade
- l’atténuation ou, au contraire, la persistance des inquiétudes inflationnistes et liées aux taux
Le sujet peut disparaître des premières pages, mais une véritable normalisation dépendra de l’évolution des prochains jours.
Quelles perspectives pour le pétrole brut à partir d’ici ?
À court terme, nous estimons que le prix du pétrole pourrait encore reculer à mesure que la prime de guerre se dissipe. Le risque pour ce scénario réside dans le fait qu’un retour complet aux niveaux d’avant l’escalade pourrait prendre plus de temps si le cessez‑le‑feu s’avère fragile. Le pétrole pourrait rester temporairement valorisé avec une prime pour plusieurs raisons :
- les incertitudes entourant la liberté de navigation dans le détroit d’Hormuz, l’Iran indiquant que le passage nécessite une coordination avec ses forces armées, ce qui ne suggère pas une réouverture pleine et définitive
- les évaluations de dommages au sein du système énergétique du Golfe, avec plusieurs installations touchées et une incertitude quant aux délais de réparation et au rétablissement complet des capacités
- le transport maritime, les assurances et les chaînes d’approvisionnement physiques pourraient se normaliser plus lentement que ne le laisse supposer la seule évolution du prix du pétrole
En résumé, même si la dynamique à court terme peut rester orientée à la baisse, le pétrole pourrait demeurer volatil et structurellement sensible tant que la navigation, la reconstruction et la diplomatie ne se normalisent pas rapidement.
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