Outrageous Predictions
La Belgique constitue une réserve stratégique de cacao avec sa Réserve Nationale de Chocolat
Ole Hansen
Responsable de la stratégie des matières premières
Ce matériel constitue une communication marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. La négociation d’instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.
Une introduction en bourse historique ne se produit pas chaque semaine. SpaceX est entrée en bourse la semaine dernière et a immédiatement marqué l’histoire des marchés. L’action a été introduite à 135 dollars, a ouvert plus haut et a clôturé autour de 161 dollars, pour une capitalisation de 2.110 milliards de dollars.
Les clients Saxo n’ont pas attendu pour agir dès le premier jour de cotation. Plus d’un client sur trois ayant négocié vendredi dernier sur Saxo a acheté des actions SpaceX. Dans notre classement mensuel des actions les plus achetées en juin, SpaceX monte donc déjà sur le podium. Plus encore : le titre a été tellement acheté par les clients Saxo qu’aujourd’hui, plus de clients détiennent SpaceX en portefeuille que l’autre favori boursier, Tesla.
Cette première vague d’achats ne sort pas de nulle part. Lors d’une introduction en bourse avec un flottant limité (actions librement négociables), le cours peut rapidement s’éloigner du prix d’introduction si la demande augmente. À cela s’ajoute le fait qu’une entrée dans des indices majeurs oblige les ETF à acheter le titre pour répliquer ces indices.
L’intérêt est resté élevé cette semaine. Lundi, l’action a de nouveau progressé et a brièvement dépassé en capitalisation les valeurs du groupe des Magnificent Seven Amazon et Microsoft, après qu’Elon Musk a écrit sur X qu’un chiffre d’affaires de 1.000 milliards de dollars serait atteignable à terme. La comparaison avec Amazon illustre l’ampleur de cette ambition : Amazon génère déjà 716 milliards de dollars de chiffre d’affaires, tandis que SpaceX n’en réalise qu’environ 18 milliards. Les investisseurs n’achètent donc pas seulement ce que SpaceX est aujourd’hui, mais surtout ce qu’elle pourrait devenir.
C’est là que la « prime Musk » joue un rôle important. Elon Musk a déjà démontré sa capacité à bouleverser des marchés. Avec PayPal, il a contribué à démocratiser les paiements en ligne. Avec Tesla, il a rendu la mobilité électrique grand public. Cet historique nourrit chez certains investisseurs la confiance dans sa capacité à concrétiser des projets ambitieux, presque improbables. Ce n’est pas un hasard si l’adage boursier dit : don’t bet against Musk.
Chez SpaceX, le récit dépasse donc largement les fusées et les voyages spatiaux. La stratège Saxo Charu Chanana a écrit cette semaine que SpaceX s’impose de plus en plus comme une plateforme où satellites, spatial, télécommunications et intelligence artificielle convergent. Cette introduction en bourse s’inscrit ainsi dans la course plus large à l’IA entre les mégacapitalisations, où la capacité à financer des infrastructures à grande échelle devient déterminante. SpaceX reste aujourd’hui déficitaire, car l’entreprise investit massivement dans cet avenir.
L’acquisition d’Anysphere cette semaine, la société derrière Cursor, un assistant de code IA pour développeurs et concurrent de Claude Code, s’inscrit également dans cette logique. Avec un prix de 60 milliards de dollars, cette opération souligne que SpaceX ne se positionne plus uniquement comme une entreprise spatiale, mais comme une plateforme technologique à forte intensité de capital visant à gagner sur plusieurs fronts à la fois.
Tout cela alimente l’imaginaire, y compris chez nos clients. Mais investir uniquement dans la vision de Musk reste risqué. Investir aujourd’hui dans SpaceX revient en grande partie à payer pour une exécution почти sans faute des ambitions de Musk. Le cours actuel reflète déjà un scénario d’avenir particulièrement optimiste, laissant peu de place aux déceptions. Combiné aux besoins d’investissement élevés et aux défis d’exécution, cela rend la rentabilité future de SpaceX difficile à estimer. Pour les investisseurs, il s’agit donc d’un titre au profil de risque élevé.
Les rêves sont-ils toujours trompeurs ? Après un pic au-dessus de 200 dollars, l’action est revenue ces derniers jours vers 185 dollars. Rien d’inhabituel. Après une introduction en bourse, un titre a souvent besoin de temps pour trouver son prix d’équilibre. Lorsque les attentes sont élevées, que le flottant reste limité et que le récit repose fortement sur la croissance future, le cours peut fortement fluctuer dans les deux sens. Cette volatilité peut d’ailleurs se prolonger à mesure que les périodes de lock-up arrivent à échéance. Certains initiés pourront vendre progressivement leurs actions à partir de 180 jours après l’introduction. Pour les actionnaires majeurs et Elon Musk lui-même, la période de blocage est plus longue, d’un an.
Investir aujourd’hui dans SpaceX, c’est acheter une option sur la vision d’Elon Musk : la promesse de nouvelles infrastructures et peut-être même d’une nouvelle économie spatiale. Mais aussi captivant soit-il, ce récit ne doit pas faire oublier l’essentiel : garder les pieds sur terre. Une bonne diversification entre différentes actions, secteurs et instruments reste clé. Car même les plus grands rêves peuvent trouver leur place dans un portefeuille — mais rarement en tant que rôle principal.