Outrageous Predictions
La Belgique constitue une réserve stratégique de cacao avec sa Réserve Nationale de Chocolat
Ole Hansen
Responsable de la stratégie des matières premières
Pour Argenx, Vyvgart n’est plus depuis longtemps une simple promesse de laboratoire. Le traitement s’impose comme un blockbuster mondial et tire l’ensemble du groupe vers le haut. Mais dans la biotech, les ventes actuelles ne racontent qu’une partie de l’histoire. Ce qui peut encore sortir du pipeline compte tout autant. Et c’est précisément là que le second semestre s’annonce particulièrement intéressant.
Vyvgart a généré environ 1,5 milliard de dollars de chiffre d’affaires produit au deuxième trimestre, soit 60% de plus qu’un an plus tôt. Argenx dépasse ainsi nettement le consensus des analystes, qui tablait sur 1,42 milliard de dollars. Sur l’ensemble du premier semestre, le chiffre d’affaires produit a progressé à 2,81 milliards de dollars, contre 1,74 milliard un an plus tôt. Le chiffre d’affaires total est passé de 1,78 à 2,85 milliards de dollars.
Cette croissance se reflète de plus en plus nettement dans le résultat net. Le bénéfice opérationnel est passé en six mois de 340 à 887 millions de dollars. Au final, Argenx a dégagé un bénéfice net de 838 millions de dollars, soit plus du double des 415 millions enregistrés un an plus tôt. Le bénéfice par action est passé de 6,80 à 13,47 dollars.
En contrepartie, les coûts augmentent eux aussi fortement. Argenx a consacré 929 millions de dollars à la recherche et au développement, soit près de 45% de plus qu’un an auparavant. Les frais commerciaux et administratifs ont également progressé, de 601 à 772 millions de dollars. Ce n’est pas illogique : l’entreprise déploie Vyvgart auprès d’un nombre croissant de patients dans le monde, tout en finançant un éventail de plus en plus large de programmes de recherche.
Le premier pilier de croissance reste Vyvgart lui-même. Le traitement est utilisé dans des maladies où le système immunitaire s’attaque par erreur au propre organisme du patient. Aux États-Unis, son champ d’application a été élargi à toutes les formes de myasthénie grave généralisée. Il peut donc désormais être administré à un groupe plus large de patients adultes.
Vyvgart est par ailleurs déjà utilisé dans le CIDP, une maladie rare dans laquelle le système immunitaire attaque la gaine protectrice des nerfs. Au Japon, le traitement est également approuvé dans l’ITP, une maladie caractérisée par un nombre trop faible de plaquettes sanguines. Argenx étudie entre-temps si Vyvgart pourrait aussi être efficace dans d’autres indications, notamment la faiblesse des muscles oculaires, les inflammations musculaires, la maladie de Sjögren, les maladies thyroïdiennes et d’autres maladies auto-immunes.
L’entreprise veut aussi améliorer la facilité d’utilisation du traitement. Argenx développe un stylo auto-injecteur que les patients pourraient utiliser eux-mêmes. Selon l’entreprise, son lancement est prévu en 2027 pour toutes les indications qui auront été approuvées d’ici là.
Vyvgart dans les maladies inflammatoires des muscles : Argenx attend au troisième trimestre les résultats de l’étude ALKIVIA. Celle-ci évalue si Vyvgart peut aider les patients atteints de maladies auto-immunes touchant les muscles. Un résultat positif pourrait ouvrir à Vyvgart l’accès à une nouvelle spécialité médicale : la rhumatologie. Il s’agit toutefois, à ce stade, de résultats d’étude et non d’une approbation.
Empasiprubart comme deuxième moteur de croissance potentiel : Au quatrième trimestre suivront les résultats de l’étude EMPASSION avec empasiprubart. Ce traitement est testé dans la neuropathie motrice multifocale, une maladie rare dans laquelle les patients perdent progressivement de la force musculaire. Cette étude est particulièrement importante, car empasiprubart pourrait devenir le premier grand médicament d’Argenx en dehors de Vyvgart.
Des recherches sont par ailleurs en cours avec empasiprubart dans le CIDP et comme traitement complémentaire à Vyvgart. Ces résultats sont attendus au second semestre 2027. Argenx évalue également le traitement dans un contexte de transplantation, mais ce programme se trouve encore à un stade plus précoce.
Derrière ces deux candidats de tête, le pipeline de recherche continue de s’étoffer. Argenx veut disposer de dix médicaments en développement clinique d’ici fin 2026. Parmi ceux-ci figurent notamment des traitements contre certaines maladies musculaires héréditaires, une maladie rénale et d’autres affections du système immunitaire. Plusieurs programmes devraient entamer en 2026 leurs premières études chez l’humain.
Argenx n’a jamais été aussi solide financièrement, mais les prochains résultats cliniques resteront déterminants pour la suite de son histoire de croissance. Vyvgart croît rapidement, touche davantage de patients et génère désormais des bénéfices et des flux de trésorerie importants. Cela donne à Argenx les moyens d’investir pleinement dans de nouvelles indications et de nouveaux médicaments.
La grande question est désormais de savoir si l’entreprise peut transformer le succès d’un seul médicament en une plateforme pharmaceutique plus large. Les premiers éléments de réponse importants arriveront dès le second semestre, avec les résultats de Vyvgart dans les maladies inflammatoires des muscles et ceux d’empasiprubart dans une maladie neurologique rare.
Ces résultats pourraient ouvrir de nouvelles perspectives de croissance, mais la recherche pharmaceutique ne comporte jamais de garantie. Des données cliniques positives ne constituent en outre qu’une étape : viennent ensuite l’évaluation par les autorités de régulation, une éventuelle approbation, les accords de remboursement et le lancement commercial. Argenx souligne lui-même les risques liés aux études cliniques, à la réglementation, à la production, à la concurrence et à l’acceptation de nouveaux traitements par le marché. La quête d’un nouveau blockbuster aux côtés de Vyvgart reste donc un parcours difficile et risqué, dans lequel tout revers clinique peut provoquer de fortes fluctuations du cours.
En résumé : Vyvgart continue d’afficher des chiffres impressionnants et porte aujourd’hui la croissance d’Argenx. Mais pour les investisseurs, le véritable enjeu est ailleurs : l’entreprise peut-elle prouver qu’elle dispose, au-delà de Vyvgart, d’un deuxième moteur de croissance ?
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