Ce qu’il faut savoir
- Les chiffres sont faibles, mais pas totalement inattendus : Barco a vu son chiffre d’affaires reculer de 8% au premier semestre 2026, à €418,1 millions, et a basculé dans le rouge avec une perte nette de €4,8 millions.
- La rentabilité a encaissé le choc le plus sévère : l’EBITDA a quasiment été divisé par deux, passant de €48,0 millions à €26,1 millions, tandis que la marge d’EBITDA est retombée de 10,6% à 6,2%.
- Healthcare est le principal point noir : les solutions chirurgicales restent particulièrement sous pression, en raison de l’arrivée à échéance de grands contrats Nexxis et d’affichage.
- Le tableau n’est toutefois pas uniquement négatif : le carnet de commandes a progressé à €568,3 millions et le deuxième trimestre s’est révélé nettement meilleur que le premier.
- La direction mise sur un redressement au second semestre : Barco prévoit pour 2026 un chiffre d’affaires annuel supérieur à celui de l’an dernier, VerVent Audio Holding inclus, ainsi qu’une marge d’EBITDA de 11% à 12%. Cette croissance attendue du chiffre d’affaires intègre toutefois la contribution de VerVent; sur la croissance organique sous-jacente, le tableau reste plus prudent.
Ce document constitue une communication marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. La négociation d’instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.
Pour Barco, le premier semestre n’a rien eu d’un bulletin à brandir fièrement. Le chiffre d’affaires a reculé, la rentabilité s’est nettement dégradée et l’entreprise a terminé dans le rouge. Ces chiffres faibles ne sortent toutefois pas de nulle part. Après le premier trimestre, Barco avait déjà averti que l’incertitude géopolitique et la prudence accrue des clients pesaient sur ses activités. La vraie question n’est donc pas tant de savoir si les chiffres sont mauvais — ils le sont — mais si le point bas commence à se dessiner.
Rentabilité et cash-flow libre sous pression
Barco a traversé un premier semestre difficile. Son chiffre d’affaires a reculé de 8%, même si la baisse se limite à 3% hors effets de change. Les commandes ont elles aussi diminué, mais le carnet de commandes a continué de grossir, les entrées de commandes restant supérieures au chiffre d’affaires réalisé. Cela nuance quelque peu le constat: les résultats montrent clairement une pression, mais la demande n’a pas disparu. La baisse du chiffre d’affaires a en revanche lourdement pesé sur la rentabilité. L’EBITDA a été divisé par deux,
Barco est passé dans le rouge et le cash-flow libre est lui aussi devenu négatif, en raison de stocks plus élevés. Malgré un cash-flow libre négatif et une perte nette, Barco a versé €44,8 millions de dividendes au premier semestre et a racheté pour €10,9 millions de ses propres actions. En combinaison avec l’acquisition de VerVent Audio Holding, la position de trésorerie nette de €186,2 millions à la fin 2025 s’est transformée en dette nette de €32,6 millions à la fin juin 2026. Sur la base de ces chiffres, il ne s’agit pas d’une crise bilantaire immédiate, mais la marge de manœuvre financière s’en trouve réduite.
Les prochains trimestres devront montrer si le carnet de commandes plus étoffé peut à nouveau générer suffisamment de cash-flow pour justifier le maintien des dividendes et des rachats d’actions.
Healthcare, le maillon faible
Les divisions n’avancent clairement pas au même rythme. Entertainment a résisté grâce à Cinema et à VerVent, tandis qu’Immersive Experience est restée faible. Enterprise a été freinée par Meeting Experience, même si Control Rooms a enregistré de solides commandes.
La véritable déception est venue de Healthcare, où le portefeuille chirurgical a fortement reculé. Diagnostic Imaging a constitué le principal contrepoids, avec une croissance en radiologie, en mammographie et en pathologie numérique.
La direction met deux messages en avant. Premièrement: le deuxième trimestre a été meilleur que le premier. La CEO An Steegen souligne les bonnes performances de Control Rooms, la croissance de Diagnostic Imaging et le redressement de Cinema, notamment en EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud.
Deuxièmement, Barco tente d’amortir l’impact du marché plus faible par des mesures internes. Le groupe réduit ses coûts, simplifie sa structure de management et concentre ses efforts sur les activités offrant le plus grand potentiel de croissance.
Dans Healthcare, les activités seront désormais pilotées de manière centralisée, une mesure destinée à améliorer l’efficacité et à garder les coûts sous contrôle.
Ce qu’il faut retenir
Ce que les investisseurs doivent surtout retenir, c’est que Barco se trouve aujourd’hui entre des chiffres faibles et de prudents signes de redressement. Le chiffre d’affaires recule, les marges sont sous pression et Healthcare reste le principal sujet d’inquiétude, surtout en raison du repli des activités chirurgicales après l’arrivée à échéance de grands contrats. Cela pèse non seulement sur les ventes, mais aussi sur la rentabilité.
Le tableau n’est toutefois pas exclusivement négatif. Le carnet de commandes progresse, le deuxième trimestre a été meilleur que le premier et des activités comme Control Rooms, Diagnostic Imaging et Cinema continuent de montrer une certaine traction commerciale. L’acquisition de VerVent Audio Holding pourrait également permettre à Barco de se positionner plus largement dans Entertainment, en passant de la technologie d’image à des solutions audiovisuelles intégrées.
Les prochains trimestres seront donc déterminants.
Barco devra prouver que l’amélioration observée au deuxième trimestre n’était pas une simple respiration temporaire. Le carnet de commandes devra se transformer en chiffre d’affaires, Healthcare devra se stabiliser, les stocks devront diminuer et les mesures de réduction des coûts devront commencer à se refléter dans les marges.
Les opportunités restent présentes dans les marchés où Barco dispose d’un solide positionnement technologique: salles de contrôle, imagerie médicale, cinéma premium et applications audiovisuelles. Mais ces atouts s’accompagnent de risques bien identifiés, comme l’incertitude géopolitique, la lenteur des décisions des clients, les effets de change, le cash-flow libre négatif et le passage à une dette nette après l’acquisition de VerVent.
Barco conserve donc des cartes à jouer, mais la question centrale pour les investisseurs est de savoir si le meilleur deuxième trimestre marque le début d’un redressement ou seulement un bref sursaut dans une année difficile.