Outrageous Predictions
La Belgique constitue une réserve stratégique de cacao avec sa Réserve Nationale de Chocolat
Ole Hansen
Responsable de la stratégie des matières premières
Proximus n’a pas connu un trimestre catastrophique, mais pas davantage un trimestre de véritable tournant. Son activité principale en Belgique reste stable, malgré un marché où la concurrence (quelqu’un parle encore de Digi ?) et la pression sur les prix ne sont jamais bien loin, avec une croissance dans le mobile, l’internet et la fibre. Cette résilience est toutefois éclipsée par trois points faibles bien connus : un flux de trésorerie disponible négatif, un endettement plus élevé et des difficultés persistantes chez Proximus Global.
Au niveau du groupe, ce trimestre apparaît surtout comme un trimestre de transition. Proximus poursuit sa route, mais sans véritable élan. Le chiffre d’affaires est resté globalement stable, tandis que la rentabilité a légèrement reculé. En bas du compte de résultats également, le surplus dégagé est inférieur à celui de l’an dernier. Rien d’alarmant, mais un signe que le groupe dispose de peu de marge pour absorber d’éventuelles déceptions.
Le flux de trésorerie disponible retient particulièrement l’attention. Il s’agit, en résumé, de l’argent qui reste une fois les coûts et les investissements payés. Cette trésorerie peut servir à réduire la dette, verser un dividende, financer de nouveaux investissements ou encore racheter des actions. Chez Proximus, le compteur est resté dans le rouge au deuxième trimestre : le free cash-flow organique ressort à -43 millions d’euros, contre +31 millions un an plus tôt. Sur base publiée, il a même reculé à -115 millions d’euros.
À court terme, cela n’a rien de dramatique. Les opérateurs télécoms investissent structurellement massivement dans leurs réseaux, et chez Proximus, le déploiement de la fibre nécessite des montants importants. Mais si ce flux de trésorerie restait durablement négatif, le risque financier pour les investisseurs augmenterait. L’entreprise devrait alors financer davantage ses investissements, son dividende ou sa structure financière via sa trésorerie existante, des cessions d’actifs ou une dette supplémentaire. Et c’est précisément là que le bât blesse : la position financière nette ajustée est passée de -3,568 milliards d’euros fin 2025 à -4,174 milliards d’euros fin juin 2026. Pour un groupe déjà fortement endetté, un recours accru à l’emprunt pourrait renchérir le coût du financement et réduire davantage sa marge de manœuvre financière.
Le groupe peut néanmoins s’appuyer sur certains atouts. Proximus n’est pas une entreprise cyclique. En tant qu’opérateur télécom, une grande partie de ses revenus provient d’abonnements, ce qui lui offre une bonne visibilité sur ses recettes futures. Dans un marché belge mature, où les grandes vagues de croissance appartiennent en principe au passé, il est loin d’être anodin que Proximus continue à gagner des clients. Les revenus domestiques ont progressé de 1,1 % au deuxième trimestre sur une base pro forma, tandis que l’EBITDA a légèrement augmenté. Les activités mobile, internet et fibre ont une nouvelle fois affiché une bonne dynamique commerciale, avec davantage de cartes postpaid, de clients internet, de clients convergents et de lignes fibre actives.
Le principal point faible reste Proximus Global, la division internationale du groupe. Le chiffre d’affaires y continue de reculer et la rentabilité se dégrade fortement. Cette situation s’explique essentiellement par les activités historiques de SMS et de voix, dont la contribution diminue structurellement. Les nouveaux services de communication numérique sont censés compenser cette érosion à terme, mais ils ne sont pas encore en mesure de le faire aujourd’hui.
Le management estime toutefois que le ralentissement de l’activité devient moins marqué. C’est pourquoi Proximus a affiné ses prévisions pour Proximus Global, visant désormais un EBITDA compris entre 110 et 120 millions d’euros pour l’ensemble de l’exercice 2026. Cela apporte davantage de visibilité aux investisseurs, mais pas encore suffisamment pour parler d’un véritable retournement de tendance.
La priorité stratégique de Proximus demeure la fibre. Fin juin, son réseau fibre couvrait 2,75 millions de foyers et d’entreprises, soit plus de 43 % de la population. La collaboration avec Wyre et Telenet en Flandre doit permettre d’étendre le réseau dans les zones moins densément peuplées de manière plus efficace sur le plan du capital. En Wallonie, Proximus a repris intégralement Unifiber, une opération qui devrait générer des synergies opérationnelles et financières selon le groupe.
Les investisseurs optimistes se concentreront surtout sur une question : le pic des investissements est-il proche, et la fibre pourra-t-elle générer davantage de trésorerie à l’avenir ? Pour l’instant, cela reste surtout une promesse. Les chiffres montrent encore aujourd’hui un flux de trésorerie disponible négatif et une dette plus élevée. La comparaison avec certains concurrents illustre bien cette réalité. KPN est plus avancé dans le cycle : le groupe néerlandais continue d’investir dans la fibre tout en ayant généré 329 millions d’euros de free cash-flow au premier semestre, ce qui lui permet de verser un dividende et de racheter ses propres actions. Deutsche Telekom investit également massivement dans la fibre et la 5G, mais dispose d’une capacité de génération de trésorerie nettement supérieure, qu’il combine avec une hausse du dividende et un programme de rachat d’actions. Pour Proximus, l’objectif est donc clair : la fibre doit non seulement attirer des clients, mais aussi générer davantage de cash à terme.
Proximus reste solide sur le plan opérationnel, mais demeure sous pression sur le plan financier. Les activités belges montrent que le groupe conserve une base défensive, avec une progression du nombre de clients dans le mobile, l’internet et la fibre. Cela ne suffit toutefois pas encore à rendre le tableau global véritablement convaincant.
Pour les investisseurs, la question n’est donc pas de savoir si Proximus est stable aujourd’hui, mais si cette stabilité pourra rapidement se transformer en génération durable de trésorerie. Tant que le cash-flow reste négatif, que la dette augmente et que Proximus Global continue de se contracter, la prudence reste de mise. La fibre pourrait créer de la valeur à long terme, mais Proximus doit encore démontrer qu’elle peut convertir cette promesse en liquidités tangibles.
Disclaimer : Ce document constitue une communication marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement, une recommandation d’investissement ou une offre visant à effectuer des transactions sur des instruments financiers. Investir dans des instruments financiers comporte des risques. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.