Point de marché - 2 juillet 2026
Facteurs et catalyseurs de marché
- Actions : Les marchés américains et européens ont marqué une pause alors que la faiblesse du secteur des semi-conducteurs s’est propagée, tandis que les marchés asiatiques ont suivi le mouvement, les valeurs phares de l’IA en Corée du Sud ayant fortement corrigé.
- Volatilité : Les actions ont reculé sous l’effet de la faiblesse des semi-conducteurs malgré les commentaires conciliants de Warsh sur l’inflation. L’indice SKEW a fortement progressé avant les chiffres de l’emploi attendus jeudi.
- Actifs numériques : Les cryptomonnaies ont rebondi après avoir touché leurs plus bas trimestriels, même si les ETF Bitcoin ont enregistré leur pire mois depuis leur lancement.
- Matières premières : L’or progresse grâce à l’atténuation des craintes inflationnistes ; le Brent poursuit son repli en direction de 70 USD.
- Marché Obligatoire : Les bons du Trésor américain évoluent sans direction claire avant les chiffres de l’emploi aux États-Unis. Les rendements à long terme japonais bondissent.
- Devises : La livre sterling atteint son plus haut niveau face à l’euro depuis un an.
- Macroéconomie : Rapport sur l’emploi non agricole (Nonfarm Payrolls) de juin aux États-Unis, taux de chômage américain de juin.
Macroéconomie
- Le président de la Fed, Kevin Warsh, a déclaré que les anticipations d’inflation s’étaient apaisées, tout en réaffirmant l’engagement de la Réserve fédérale à rétablir la stabilité des prix. Il a indiqué que le FOMC aurait « un bon débat animé » lors de sa réunion de juillet.
- Par ailleurs, les données ont montré que les embauches dans le secteur privé américain ont ralenti davantage que prévu le mois dernier. Selon l’ADP, ce ralentissement reflète un affaiblissement de la demande ainsi que des contraintes sur l’offre de main-d’œuvre. Les salaires annuels ont progressé de 4,4 % pour les salariés restant chez leur employeur et de 6,6 % pour ceux qui en ont changé.
- L’inflation en zone euro surprend à la baisse : l’IPC de la zone euro a progressé de 2,8 % sur un an en juin, en dessous du consensus de 3 %, contre 3,2 % en mai, grâce notamment au recul des prix du pétrole. L’inflation sous-jacente et celle des services ont également surpris à la baisse. Les responsables de la BCE réunis à Sintra n’ont dégagé aucun consensus sur la prochaine décision de taux.
- L’indice ISM manufacturier américain est tombé à 53,3 en juin 2026, contre 54,0 en mai, en deçà des attentes, signalant un ralentissement de la croissance. La production et les nouvelles commandes ont ralenti, l’emploi est resté légèrement en territoire de contraction, tandis que l’indice des prix a reculé tout en demeurant élevé. Les entreprises continuent de citer l’inflation persistante, les risques géopolitiques, les inquiétudes liées aux taux élevés et les incertitudes en matière de politique commerciale comme principaux obstacles.
Temps forts du calendrier macroéconomique (heures GMT)
- 12h30 – États-Unis : rapport sur l’emploi non agricole (Nonfarm Payrolls) de juin
- 12h30 – États-Unis : taux de chômage de juin
- 12h30 – États-Unis : salaire horaire moyen de juin
Les marchés américains seront fermés vendredi à l’occasion de la fête nationale du 4 juillet.
Publications de résultats
La semaine prochaine :
- Mercredi : Kongsberg Gruppen
- Jeudi : PepsiCo, Fast Retailing, Progressive, Cintas, Seven and I Holdings
- Vendredi : Delta Airlines
Actions
- États-Unis : Le S&P 500 a reculé de 0,2 % mercredi, tandis que le Nasdaq 100 a perdu 1,5 %, le secteur des semi-conducteurs s’étant rapidement essoufflé après un excellent trimestre. L’indice Philadelphia Semiconductor a chuté de 6,3 %, avec Micron en baisse de 10,6 % et Corning de 13,6 %, les investisseurs ayant pris leurs bénéfices sur les valeurs liées au matériel dédié à l’IA. Meta a bondi de près de 9 % après des informations selon lesquelles le groupe pourrait commercialiser sa capacité excédentaire de calcul pour l’IA via une activité d’infrastructure cloud, offrant ainsi aux investisseurs une meilleure visibilité sur le retour sur investissement de ses lourds investissements dans l’intelligence artificielle. Les financières ont contribué à limiter les pertes du marché, tandis que Walmart a cédé 3,9 % après des indicateurs de ventes moins solides que prévu. Les investisseurs attendent désormais les chiffres de l’emploi et l’évolution du sentiment autour des semi-conducteurs.
- Europe : L’indice Stoxx 600 a reculé de 0,4 % à 639,31 mercredi, tandis que l’Euro Stoxx 50 a perdu 0,7 % et le FTSE 100 0,2 %, les investisseurs marquant une pause après le meilleur trimestre des marchés européens depuis 2020. Le DAX allemand a progressé de 0,2 % à 25 040, soutenu par les valeurs de la défense, Rheinmetall gagnant 6,1 % alors que le secteur poursuivait sa hausse après l’annonce par le Royaume-Uni d’un plan de dépenses militaires de 15 milliards de livres sterling. ASML a perdu 4,6 %, pesant sur l’ensemble du marché alors que la faiblesse des semi-conducteurs traversait l’Atlantique. AstraZeneca a reculé de 1,7 % et Associated British Foods de 3,2 % à Londres. Les investisseurs surveillent désormais si les résultats d’entreprises pourront justifier les niveaux de valorisation actuels.
- Asie : Les marchés actions asiatiques ont été sous pression jeudi, la correction des semi-conducteurs américains s’étant propagée aux principales valeurs liées à l’IA de la région. Le Kospi sud-coréen a fortement reculé en début de séance, SK Hynix, Samsung Electronics et Samsung Electro-Mechanics pesant sur l’indice alors que les investisseurs s’interrogent sur la part des bonnes nouvelles déjà intégrées dans les cours. L’indice MSCI Asia Pacific évoluait en baisse, tandis que les contrats à terme sur les actions américaines reculaient également durant la séance asiatique. Le Japon avait terminé en hausse mercredi, le Nikkei 225 gagnant 0,6 % à 70 475, soutenu par les valeurs liées à l’IA et aux semi-conducteurs. Hong Kong a rouvert après le jour férié de mercredi, tandis que le CSI 300 chinois a perdu 0,4 % en raison des inquiétudes suscitées par une interdiction des importations d’onduleurs.
Volatilité
- Le S&P 500 a reculé de 0,2 % à 7 483 mercredi, la faiblesse des valeurs des semi-conducteurs ayant compensé les gains observés sur le reste du marché, tandis que le Nasdaq 100 a perdu 1,5 %, alors même que le président de la Fed, Kevin Warsh, a déclaré que les risques liés à l’inflation s’étaient atténués. Le VIX a progressé à 16,59, tandis que le VIX1D a bondi à 13,02 à l’approche des chiffres de l’emploi publiés jeudi. L’indice SKEW est monté à 154,82, marquant une hausse significative.
- Les flux sur les options sont restés mitigés : les options d’achat sur les « Magnificent 7 » se sont concentrées sur le repositionnement stratégique de Meta dans le cloud, tandis que les achats d’options de vente sur les indices reflétaient davantage un positionnement de marché intermédiaire qu’une véritable couverture. Les options SPXW intègrent un mouvement hebdomadaire d’environ 45 points (0,60 %), soit une fourchette comprise entre 7 439 et 7 528. Aujourd’hui correspond par ailleurs à l’échéance hebdomadaire ajustée, vendredi étant férié aux États-Unis à l’occasion du 4 juillet.
Actifs numériques
- Le Bitcoin s’échangeait autour de 60 925 USD, en hausse d’environ 1,7 %, après s’être éloigné de ses plus bas niveaux du trimestre. L’Ether gagnait pour sa part près de 1,9 % à 1 637 USD. Ce rebond intervient alors que les ETF Bitcoin au comptant cotés aux États-Unis ont enregistré en juin leur pire mois depuis leur création, avec des sorties nettes de 4,5 milliards de dollars, le blocage des projets de réglementation sur les cryptomonnaies aux États-Unis étant considéré comme le principal frein à la demande.
- Coinbase a bondi de 8,9 % et MicroStrategy de 7,4 %, surperformant largement le marché au comptant, tandis que les valeurs minières ont évolué de manière très contrastée, Riot chutant de 12,5 %.
Matières premières
- L’or a fortement progressé mercredi, franchissant brièvement le seuil clé de 4 100 USD après avoir rebondi depuis un point bas intrajournalier de 3 960 USD. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a en effet tempéré les spéculations selon lesquelles la Réserve fédérale pourrait relever ses taux cette année, en indiquant que les risques inflationnistes s’étaient atténués ces dernières semaines grâce notamment au recul des prix de l’énergie. Dans le même temps, le swap d’inflation américain à un an est tombé rapidement d’un sommet de 3,5 % atteint en mai à environ 2,1 %, renforçant les anticipations d’un apaisement progressif des pressions inflationnistes et contribuant potentiellement à soutenir les métaux précieux. Avant le jour férié de vendredi aux États-Unis, l’attention des marchés se porte désormais sur le rapport sur l’emploi américain, le dollar et les rendements des emprunts d’État.
- Le Brent a poursuivi son repli en direction de 70 USD et des niveaux observés avant le conflit, les flux transitant par le détroit d’Ormuz continuant de se normaliser. Par ailleurs, les signes de progrès dans les discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont également contribué à apaiser les inquiétudes concernant l’offre. Combinés aux prélèvements continus sur la Réserve stratégique de pétrole américaine et à une demande freinée par les prix élevés observés récemment, ces facteurs exposent le marché à un excédent d’offre à court terme, même si l’équilibre global reste relativement tendu. Les produits pétroliers raffinés continuent toutefois d’afficher une bonne tenue en raison de contraintes persistantes sur l’offre, ce qui maintient des marges de raffinage élevées et retarde la répercussion de la baisse des prix du brut sur les consommateurs.
Marché Obligatoire
- Les bons du Trésor américain ont évolué de manière erratique, mais les rendements restent orientés à la hausse après la forte correction du marché obligataire en juin. L’attention se porte aujourd’hui sur le rapport sur l’emploi américain, après les commentaires formulés mercredi par le président de la Fed, Kevin Warsh, concernant la solidité de l’économie et du marché du travail. Le rendement de référence à 2 ans reste pratiquement inchangé autour de 4,17 %, tandis que celui du Treasury à 10 ans progresse légèrement à 4,49 %.
- Les obligations d’État japonaises ont fortement reculé sur la partie longue de la courbe des taux, le rendement du JGB de référence à 10 ans bondissant de six points de base pour atteindre 2,77 %, tout près de son plus haut niveau de l’ère moderne (depuis les années 1990), situé autour de 2,80 %. Le rendement à 30 ans a terminé en hausse de plus de quatre points de base, au-dessus de 4,00 % pour la première fois depuis la fin du mois de mai.
Devises
- La livre sterling s’est nettement appréciée jeudi, l’EURGBP étant passé sous le seuil de 0,8600 et ayant clôturé sous ce niveau pour la première fois depuis presque exactement un an. La paire évoluait à 0,8565 en début de séance jeudi. Une partie de cette pression vendeuse sur l’euro est liée à la publication mercredi d’une estimation préliminaire de l’inflation de juin en Europe, plus faible que prévu.
- Par ailleurs, le dollar américain est resté globalement sans direction claire. L’EURUSD demeure bloqué sous le seuil de 1,400, tandis que l’USDJPY est resté plafonné, revenant vers 162,35 en début de séance jeudi après avoir atteint un sommet inédit depuis les années 1980 à 162,84.
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