Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Responsable de la Stratégie Investissement
L’actualité géopolitique peut parfois avoir un impact rapide sur les marchés, même sans modification immédiate des flux physiques. C’est ce que les investisseurs ont observé début janvier, après les développements récents autour du Venezuela.
Si les prix du pétrole sont restés relativement contenus, certaines actions du secteur de l’énergie ont fortement progressé. Cette divergence s’explique par la manière dont les marchés financiers raisonnent : ils anticipent des trajectoires futures, pas uniquement la situation du jour.
À la suite des annonces et actions américaines concernant le Venezuela, les marchés ont rapidement réévalué certaines hypothèses :
Dans ce contexte, le secteur de l’énergie a surperformé aux États-Unis sur la séance, avec une hausse portée davantage par certaines catégories d’entreprises que par l’ensemble du secteur.
Le prix du pétrole reflète avant tout l’équilibre immédiat entre l’offre et la demande. Les actions, elles, intègrent des anticipations de résultats futurs, d’investissements et de rentabilité.
Autrement dit, même sans changement rapide des volumes produits, la simple possibilité d’un nouvel accès au marché ou d’un cycle d’investissement prolongé peut modifier la perception de la valeur de certaines entreprises.
C’est ce raisonnement qui explique pourquoi les investisseurs se sont tournés vers les segments les plus exposés à ces scénarios.
Les raffineurs ont été parmi les principaux bénéficiaires. Leur activité dépend non seulement du niveau des prix du pétrole, mais aussi de la nature du brut disponible et des marges de transformation.
Le pétrole vénézuélien est généralement plus lourd et plus soufré, un type de brut que certaines raffineries américaines sont spécifiquement équipées pour traiter. La perspective d’une plus grande disponibilité de ce brut a donc soutenu les valorisations de ces acteurs.
Les sociétés de services pétroliers ont également progressé. Si la production devait remonter à terme, cela impliquerait des besoins importants en équipements, maintenance et travaux techniques.
Même sans calendrier précis, le marché anticipe que toute remise en état significative du secteur énergétique vénézuélien passerait par ce type d’intervenants.
Les grandes entreprises pétrolières intégrées ont aussi bénéficié du mouvement, de manière plus mesurée. Elles combinent exposition aux prix de l’énergie, capacité financière et, parfois, une option sur l’évolution du cadre politique et réglementaire.
Cet épisode rappelle un point clé : au sein d’un même secteur, toutes les entreprises ne réagissent pas de la même façon à une information macroéconomique ou géopolitique.
Selon leur position dans la chaîne de valeur — production, raffinage, services, transport — les moteurs de performance peuvent être très différents.
Pour les investisseurs, l’enjeu n’est pas de prévoir précisément l’issue politique, mais de comprendre :
Ce type d’actualité illustre pourquoi il peut être utile de savoir précisément à quels segments de l’énergie un portefeuille est exposé, et à quels scénarios ces expositions sont les plus sensibles.