Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Responsable de la Stratégie Investissement
La première réaction du marché face à toute escalade au Moyen-Orient est simple : acheter du pétrole, vendre les actifs risqués, et poser les questions plus tard. Mais les investisseurs devraient résister à la tentation de considérer chaque choc géopolitique comme une répétition des années 1970.
Le choc iranien devient véritablement dangereux non pas lorsque le pétrole grimpe pendant quelques jours, mais lorsqu’il commence à contaminer les anticipations d’inflation, à comprimer les revenus réels, à affaiblir la croissance et à piéger les banques centrales. C’est à ce moment-là qu’un événement géopolitique cesse d’être un simple choc médiatique pour devenir un choc de stagflation.
Et l’histoire est claire sur un point : si cette transition se produit, la diversification traditionnelle ne fonctionne plus comme les investisseurs l’attendent.
Une simple hausse du pétrole ne suffit pas. Les marchés ont déjà connu de nombreux chocs sur les matières premières qui se sont dissipés sans provoquer de dégâts macroéconomiques durables.
Pour qu’il y ait stagflation, quatre conditions doivent être réunies :
L’inflation doit rester élevée ou repartir à la hausse.
Une hausse temporaire de l’énergie est douloureuse mais gérable. Une hausse durable qui se diffuse aux transports, à l’alimentation, aux factures et aux anticipations d’inflation est bien plus dangereuse.
La croissance doit ralentir de manière significative.
Des coûts énergétiques plus élevés agissent comme une taxe sur les ménages et les entreprises. Si cela affecte la consommation, les marges, l’emploi et les indicateurs d’activité, le choc devient macroéconomique.
Les revenus réels doivent se dégrader.
Si les salaires ne suivent pas l’inflation, le pouvoir d’achat diminue. C’est là que la destruction de la demande commence.
Les banques centrales doivent perdre en flexibilité.
Si l’inflation reste élevée alors que la croissance ralentit, les décideurs sont piégés : baisser les taux risque de relancer l’inflation, les maintenir élevés aggrave le ralentissement.
les actions génèrent la performance, les obligations amortissent les chocs.
Cela fonctionnait dans un monde de faible inflation, car les inquiétudes sur la croissance faisaient baisser les taux, soutenant les obligations.
Mais en cas de choc inflationniste lié à l’énergie, cette relation se dégrade. Lorsque l’inflation est élevée, la corrélation entre actions et obligations devient positive : elles chutent ensemble.
C’est ce qui rend la stagflation si difficile :
les actions souffrent d’une croissance plus faible et de marges sous pression
les obligations souffrent de la hausse des taux et des anticipations d’inflation
Le portefeuille 60/40 perd alors une de ses principales protections.
La bonne nouvelle est que la diversification ne disparaît pas en stagflation. La mauvaise nouvelle est que la version habituelle de la diversification ne fonctionne pas.
Les données historiques suggèrent que les portefeuilles les plus résilients en stagflation n’étaient pas simplement équilibrés entre classes d’actifs, mais entre moteurs de risque. Cette distinction est essentielle.
Dans les régimes stagflationnistes passés, les actions larges et les obligations d’État nominales ont toutes deux souffert en termes réels. En revanche, la résilience provenait d’autres expositions :
Matières premières et énergie : bénéficient de l’inflation liée à l’offre
Or : performant quand les taux réels sont faibles ou négatifs
Infrastructures et actifs réels : revenus ajustables à l’inflation
Obligations court terme et cash : réduisent le risque de duration
Actions défensives et de qualité : meilleure résistance grâce au pouvoir de fixation des prix
L’essentiel n’est pas de transformer un portefeuille en bunker, mais de s’assurer qu’il peut résister à un monde où l’inflation reste persistante alors que la croissance devient plus fragile.
1. Conserver une exposition à l’énergie et aux matières premières
C’est la couverture la plus directe contre un choc inflationniste lié au pétrole.
2. Améliorer l’exposition actions vers la qualité et les valeurs défensives
Privilégier les entreprises avec pouvoir de fixation des prix, demande stable et bilans solides.
3. Considérer l’or comme une couverture conditionnelle, pas magique
L’or fonctionne surtout lorsque l’inflation est élevée et que les taux réels sont faibles ou en baisse.
4. Privilégier le court terme et l’optionnalité plutôt qu’une exposition obligataire aveugle
Les liquidités et les instruments court terme offrent flexibilité et protection.
5. Examiner plus sérieusement les actifs réels
Les infrastructures et certains actifs immobiliers peuvent offrir une meilleure protection contre l’inflation.
Si cela se produit, la leçon est simple : ne pas se fier à la diversification d’hier pour le régime macroéconomique de demain.
Un portefeuille construit uniquement autour des actions et des obligations nominales est vulnérable lorsque l’inflation est la source du choc. Les investisseurs doivent raisonner en termes d’expositions : ce qui protège contre les surprises inflationnistes, ce qui résiste aux déceptions de croissance, et ce qui tient lorsque la volatilité des taux réels augmente.
Cela signifie : ajouter des actifs sensibles à l’inflation, améliorer la qualité des actions, réduire le risque de duration et conserver de l’optionnalité.
Et se rappeler qu’en stagflation, la résilience vient des actifs ayant un véritable pouvoir de fixation des prix dans l’économie réelle — pas simplement des catégories familières dans des allocations traditionnelles.
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