Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
La Bourse n’a pas encore pris conscience de la transformation de Veolia Environnement
Le modèle global de Veolia, unique dans le secteur des services à l’environnement car il rassemble les métiers de l’eau et des déchets, n’est pas bien appréhendé par les investisseurs.
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
La valorisation ne nous paraît pas en rapport avec les positions mondiales du groupe, la diversité de ses réponses aux enjeux environnementaux, réglementaires et technologiques, ainsi que sa capacité à dégager des économies. Certains apprécieront aussi le rendement proche de 5 %. Acheter avec un objectif de 39 €.
La période offre pourtant des lignes de force pour ces métiers de la transition écologique, portés par la volonté des clients d’améliorer leur empreinte environnementale, par le durcissement des réglementations, en particulier pour les déchets dangereux, et par la nécessité de préserver la ressource en eau. Les solutions apportées se révèlent de plus en plus sophistiquées, jusqu’au recours à l’intelligence artificielle pour les piloter.
L’eau des data centers
L’IA et ses data centers, très gourmands en eau de refroidissement, s’annoncent, de plus, comme un débouché prometteur. Mais, à la différence des producteurs d’électricité, dont les cours ont décollé à Wall Street puis en Europe en 2025, « cela a été moins joué pour l’eau. On n’en voit pas encore les effets dans les comptes de résultat des acteurs de l’eau », avance Karen Kharmandarian, directeur de la gestion actions thématique chez Mirova.
Veolia, pourtant, s’est donné les moyens de répondre aux défis environnementaux et aux besoins de ses clients. Le groupe est le seul parmi ses pairs à opérer mondialement et dans trois métiers, l’eau, les déchets et l’énergie (production, réseaux de froid et de chaleur, etc.), expertises qu’il peut combiner, par exemple, pour traiter les pollutions solides et liquides les plus complexes de groupes miniers ou gaziers.
Acquisitions en 2025
L’héritier de la Générale des Eaux a, de plus, renforcé ses positions et ses compétences en acquérant, début 2022, les deux tiers de Suez, soit le gros des actifs de son concurrent de toujours à l’international. Le chiffre d’affaires de Veolia est passé de 28 milliards d’euros, en 2021, à plus de 45 milliards, en 2025. Depuis, le groupe a continué de modifier son périmètre, avec l’annonce de deux acquisitions importantes rien qu’en 2025 : la reprise des 30 % qu’il ne détenait pas dans WTS, les technologies de traitement de l’eau de Suez, pour 1,75 milliard de dollars, puis, opération la plus coûteuse depuis 2022, la reprise aux Etats-Unis, pour 3 milliards de dollars, de Clean Earth dans le traitement des déchets dangereux.
En parallèle, sont cédés des actifs jugés « matures ». Prévue autour de 500 millions d’euros par an, leur ampleur totale va être augmentée de 2 milliards pour financer Clean Earth. « Sur la durée du plan GreenUp, nous aurons procédé à 8,5 milliards de rotation d’actifs pour orienter le groupe vers des activités à plus forte croissance et à l’international », a promis Estelle Brachlianoff, le 21 novembre, commentant l’acquisition américaine. Celle-ci s’inscrit dans le plan stratégique 2024-2027, aux engagements jusqu’à présent tenus. Il a érigé trois métiers en priorité, soit les technologies de l’eau, les déchets dangereux ainsi que l’énergie locale et décarbonée, ces « boosters de croissance » devant offrir une augmentation de 6 % à 10 % de leur chiffre d’affaires annuel (en comparable).
Plus international
Même chose sur le terrain géographique, où « trois zones de croissance accélérée » ont été définies, les Etats-Unis, le Moyen-Orient et l’Australie, l’enjeu étant de porter à 50 % en 2027 la part des revenus réalisés à l’international (contre 37 % en 2023), à parité avec l’Europe. La feuille de route a aussi balisé la trajectoire des résultats.
L’Ebitda est visé à plus de 8 milliards d’euros en 2027, contre 7 milliards estimés par le consensus FactSet en 2025, et le bénéfice net courant par action (BNPA), base de l’évolution du dividende, est attendu en progrès d’environ 10 % par an.
La grande expertise de Veolia réside, là, dans sa capacité à dégager, depuis une douzaine d’années, d’importantes économies. « L’essentiel de la croissance du BNPA d’ici à 2028 devrait venir des synergies et des réductions de coûts », estimait Morgan Stanley dans une note parue en décembre.
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