Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Pas de surprise du côté des résultats de TotalEnergies. Ils sont, bien entendu, d’excellente facture, pour le plus grand plaisir des actionnaires, qui voient le titre voler de record en record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Le conseil d« Investir » :
Sous les 50 €, le titre est un « achat fort ». A 78 €, cela devient un « achat de fond de portefeuille pour le long terme » car, quel que soit l’environnement, la bonne gestion permet de protéger la politique de distribution. Viser 90 €.
Ces derniers n’auront pas non plus manqué de noter la hausse de 5,9 % de l’acompte sur dividende, à 0,90 € par titre, que la société aurait eu tort de ne pas leur accorder, tant l’environnement lui est favorable. Sans les dommages causés à nombre de ses infrastructures au Moyen-Orient lors des frappes iraniennes dans les pays de la région, en particulier son immense raffinerie de Satorp située en Arabie saoudite (elle vient juste de redémarrer), ses résultats auraient été encore plus spectaculaires. Ils sont déjà impressionnants.
A l’issue des trois premiers mois de 2026, la compagnie a tout simplement multiplié ses profits par deux par rapport au dernier trimestre de 2025, à 5,8 milliards de dollars. Sur un an, la hausse est de 51 %. La marge brute d’autofinancement n’est pas en reste, avec une progression de 23 %, à 8,6 milliards. Ces chiffres s’expliquent de plusieurs manières. En premier lieu, évidemment, par l’augmentation des prix des hydrocarbures : avec un cours moyen du baril de Brent sur le trimestre de 81,10 $, la hausse sur un an a toutefois été de « seulement » 7 %. Quant au prix moyen de vente du GNL, il a baissé de 15 %. Ce qui interpelle, c’est la multiplication par près de trois des marges de raffinage en Europe, à 11,40 $ la tonne, contre 3,90 $ au premier trimestre de 2025.
Production arrêtée au Moyen-Orient
Ensuite, le groupe a retrouvé un rythme de production plus soutenu qu’avant, soit + 4 %, à 2,55 millions de barils équivalent pétrole par jour (bep/j), grâce au démarrage et à la montée en puissance de nouveaux champs, notamment Mero-3 et 4 et Lapa SW au Brésil, Anchor et Ballymore aux Etats-Unis et Mabruk en Libye, qui ont permis de largement compenser la perte d’environ 100.000 bep/j au Moyen-Orient. En effet, le groupe révèle qu’à ce jour, la production arrêtée au Qatar, en Irak, et offshore aux Emirats Arabes Unis représente environ 15 % de sa production totale.
Enfin, dans le calcul des bénéfices trimestriels du groupe, il ne faut pas oublier les activités de négoce de brut, de produits pétroliers et de GNL, « qui ont tiré parti de la volatilité des marchés et réalisé une très forte performance ». Le groupe ne donne pas le détail de ces gains, qui se montent vraisemblablement à plusieurs centaines de millions de dollars.
Cet environnement de prix favorable a aussi conduit le groupe à poursuivre sa politique de rachats d’actions (elle était conditionnée à la bonne tenue des cours du brut) et, au deuxième trimestre, TotalEnergies y consacrera 1,5 milliard de dollars.