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Pourquoi Meta Platforms s'est résolu à abandonner le métavers au profit de l'intelligence artificielle
En renonçant à demi-mot au métavers, sur lequel son fondateur Mark Zuckerberg avait pourtant misé gros, Meta se donne les moyens d'investir dans les infrastructures et modèles d'intelligence artificielle.
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
Après un recul du cours de 25 % depuis que nous avons recommandé une prise partielle de bénéfices, fin octobre, nous revenons à l'achat, alors que la valorisation redevient attractive au regard des perspectives liées à l'intelligence artificielle et de la bonne gestion des coûts. Le niveau d'endettement n'est pas un sujet pour Meta. Achat, objectif de 700 dollars.
Il a seulement cinq ans… mais semble déjà dépassé. Le renommage de Facebook en Meta Platforms visait à mettre l'accent sur ce que son cofondateur et président-directeur général, Mark Zuckerberg, pensait alors être « la prochaine frontière technologique » : le métavers. Ce concept consiste à transposer dans un environnement numérique et immersif, grâce à un avatar, des comportements réels, comme le travail, le shopping ou l'immobilier. Pour lui donner vie, notamment par le biais des casques de réalité virtuelle, la maison mère d'Instagram et de WhatsApp n'a pas lésiné sur les moyens. Selon Abdoullah Sardi, gérant chez Amplegest, elle y aurait consacré 80 milliards de dollars depuis 2020.
Un investissement qui s'est transformé en gouffre financier, alors que l'adoption du métavers par les utilisateurs, notamment professionnels, n'a jamais décollé. Le projet de Mark Zuckerberg a aussi été avorté en raison de l'essor de l'intelligence artificielle (IA), après l'irruption de l'agent conversationnel ChatGPT, à l'automne 2022. L'obsession des marchés pour cette technologie a contraint Meta à amorcer un virage… et donc à réaliser, là encore, de lourds investissements. Rien qu'en 2025, le groupe californien y a consacré 72 milliards de dollars, soit plus d'un tiers de ses revenus annuels (36%). Il a annoncé que l'enveloppe grossira cette année, tant en valeur absolue qu'en pourcentage. Le budget consacré devrait être compris entre 115 et 135 milliards.
Doper la pub
Il faut dire que Meta, qui a conscience qu'un second échec ne passerait pas auprès des marchés, a fort à faire pour combler son retard sur la concurrence. La société joue toujours en seconde division face aux fleurons du domaine, tels que Microsoft, Alphabet, Anthropic et OpenAI. Alors que les investisseurs sont impatients de voir ces investissements porter leurs fruits, Mark Zuckerberg a expliqué, fin janvier dernier lors de la conférence de présentation des résultats annuels, intégrer peu à peu des modèles d'IA à ses plateformes. Objectif : améliorer les recommandations de contenus pour retenir l'attention des utilisateurs, tout en optimisant le ciblage publicitaire.
Cela devrait doper les revenus de l'entreprise, déjà bien orientés, alors qu'ils proviennent à 98% de la publicité. D'autant plus que tout ou partie des nouvelles fonctionnalités pourraient être exclusivement accessibles dans le cadre d'un abonnement premium. En 2025, Meta a vu son chiffre d'affaires bondir de 22% sur un an, ce qui lui a permis de franchir pour la première fois le seuil symbolique des 200 milliards de dollars. Une solide performance financière, qu'il doit à la croissance continue du nombre d'utilisateurs quotidiens d'au moins une de ses plateformes : ils sont désormais 3,58 milliards, soit 7% de plus qu'il y a un an. Dans le même temps, le prix moyen facturé par réclame a augmenté de 9%. A noter que son bénéfice net annuel s'est, en revanche, tassé de 3% par rapport à 2024, à 60,5 milliards de dollars, sous le poids des investissements.
Du logiciel au matériel
Fidèle à son ADN, Meta injecte des sommes importantes dans le logiciel afin d'intégrer des fonctionnalités d'IA à ses différentes applications. Pour autant - c'est la nouveauté -, les investissements sont surtout dirigés vers la construction de centres de données à même de faire tourner les modèles de langage (LLM), à commencer par le sien, Llama. Pour ce faire, le groupe a conclu des partenariats pour diversifier son approvisionnement en puces électroniques. L'enjeu, pour Meta, sera de préserver son niveau de rentabilité tout en comblant son retard sur les hyperscalers, c'est-à-dire les plus grands opérateurs de centres de données (Alphabet, Amazon ou encore Microsoft). Selon FactSet, sa marge opérationnelle devrait se contracter de 6 points de pourcentage sur un an en 2026, pour s'établir à 34,7% du chiffre d'affaires, mais sa marge nette devrait être stable, légèrement au-dessus de 30 %. C'est dans cette visée que le géant technologique a, pour l'heure, annoncé quelque 1.500 suppressions d'emplois, surtout au sein de sa division Reality Labs, chargée du développement du métavers. Une manière de se distancier son précédent pari… pour mieux se relancer.
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