Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Adobe tourne la page Narayen à l'heure des doutes sur l'IA, est-ce un signal en Bourse ?
Après quasiment de deux décennies à la tête du père de Photoshop, son dirigeant va céder sa place. Mais face à l'essor de l'IA, les investisseurs s'interrogent sur la capacité du groupe américain à préserver sa domination historique sur les logiciels créatifs.
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
Le départ annoncé du PDG d'Abobe ajoute une nouvelle source d'incertitude à un moment délicat pour le créateur de logiciels. Mieux vaut rester à l'écart en attendant d'y voir plus clair sur la succession et la capacité du groupe américain à défendre sa position dans la création numérique face à l'IA. Rester à l’écart ou vendre le cas échéant si vous détenez des titres en portefeuille.
Les hommages pleuvent. Satya Nadella (Microsoft) salue un dirigeant à la « carrière légendaire », qui a construit l'une « des entreprises de logiciels les plus importantes au monde ». Le fondateur de Figma, Dylan Field, loue un leader « attentionné, gentil et infatigable ». Qui est donc cet homme que la Silicon Valley encense, aussi bien pour ses qualités professionnelles qu'humaines, au moment même où les investisseurs s'interrogent sur l'avenir d'Adobe à l'heure de l'IA ?
Il s'agit de Shantanu Narayen. Un parfait inconnu du grand public mais un vétéran de la tech américaine. Après 18 années passées à la tête d'Adobe, cet ancien d'Apple et de feu Silicon Graphics va quitter son poste de directeur général dès que le groupe aura trouvé un successeur. Arrivé chez Adobe dès 1988, il aura piloté l'une des transformations les plus réussies du logiciel : le passage des licences ponctuelles à l'abonnement. Sous sa direction, le chiffre d'affaires annuel a été multiplié par près de six et la masse salariale quadruplée. Il restera président du conseil, histoire d'assurer une transition douce.
Mais le timing interroge. Car derrière les compliments appuyés, la réalité n'est pas si flatteuse ces dernières années pour le leader des logiciels de création graphique. L'éditeur de Photoshop, Premiere ou InDesign et créateur du format PDF traverse une période compliquée, bousculé par la montée en puissance de l'intelligence artificielle. Les investisseurs mettent en doute la capacité de la firme de San José à rester incontournable dans un univers où les pure players, comme OpenAI, sont plus agiles.
Des prévisions sous les attentes des marchés
« Ce changement de PDG soulève des questions quant à la continuité stratégique, aux priorités en matière d'allocation des capitaux et au rythme de l'innovation, souligne Grace Harmon, analyste chez eMarketer. Les investisseurs s'attacheront sans doute à déterminer si la nouvelle direction parviendra à maintenir un équilibre entre une exécution rigoureuse et des investissements ambitieux dans l'IA, d'autant plus que la concurrence s'intensifie dans les domaines de l'IA créative et de l'IA d'entreprise. »
Adobe tente de répondre à cette menace en intégrant de l'IA dans ses produits et en développant ses propres modèles, notamment la gamme Firefly. Les ventes annuelles récurrentes générées par ses nouvelles fonctions estampillées IA ont plus que triplé sur un an au cours du premier trimestre clos au 27 février, sans donner plus de précision. « Cela devrait être notre prochaine activité à dégager un milliard de dollars », a déclaré Shantanu Narayen lors la conférence téléphonique.
Sur le plan financier, les derniers résultats ont été solides. Le chiffre d'affaires trimestriel a progressé de 12 % (+11 % à taux de change constants), à 6,4 milliards de dollars, dépassant les espoirs des analystes. Le bénéfice ajusté a atteint 6,06 dollars par action, quand les anticipations étaient en moyenne de 5,88 dollars. Mais les prévisions pour la période en cours déçoivent un peu en revanche : Adobe mise sur un bénéfice ajusté compris entre 5,8 et 5,85 dollars et sur des revenus de 6,43 à 6,48 milliards. Le consensus Bloomberg donne 5,7 dollars/action de profit en moyenne et 6,43 milliards de facturations.
En baisse de 23 % depuis le début d'année à la clôture du 12 mars, et de 60 % par rapport à son record de 2021, le titre recule encore de 6% ce vendredi 13 à Wall Street. Plusieurs analystes se montrent d'ailleurs dubitatifs. Barclays a abaissé sa recommandation à « pondération en ligne », préférant « rester sur la touche ». Nous aussi.
| Autres idées de trading similaires |
|---|