Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Le numéro un mondial de l’optique, veut conforter son avance dans les lunettes connectées. Il a annoncé, mi-juin, un accord de développement avec Applied Materials visant à accélérer la commercialisation des futures générations de verres intelligents pour les lunettes connectées et les modules optiques pour la réalité augmentée.
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
La valorisation est revenue aux multiples précédant l’arrivée des lunettes IA, alors que de nombreux domaines montent en puissance et que l’activité de base reste très solide. Profiter de ce point bas pour acheter la valeur pour viser 230 €.
L’inventeur du progressif Varilux associe son leadership dans les verres à l’expertise du numéro deux mondial de la fabrication des équipements pour l’industrie des semi-conducteurs (derrière ASML) et spécialiste des systèmes optiques, afin d’accélérer l’intégration d’écrans dans ses futures lunettes IA. EssilorLuxottica reste dynamique sur ce nouveau segment, dont il est le pionnier. Il est vrai que la concurrence s’intensifie. Après l’arrivée attendue des Google Glass et Apple Glass, l’américain Snap a présenté il y a quelques jours son modèle de lunettes Specs. Décrites comme « un ordinateur portable intégré à des lunettes de réalité augmentée » et très onéreuses (plus de 2.000 €, contre 400 € en moyenne pour les Ray-Ban Meta), elles n’ont pas séduit les marchés.
Sanction excessive
Il n’en reste pas moins qu’EssilorLuxottica ne parvient pas à retrouver grâce auprès des investisseurs. Le cours est en repli de 37 % depuis le début de l’année. Au-delà de l’arrivée de la concurrence des géants de la tech, qui va permettre au marché des lunettes IA d’atteindre, selon les experts, plus de 60 milliards en 2035 - soit une multiplication par vingt en dix ans -, ce sont les perspectives de marges stables du groupe sur les cinq prochaines années qui ont refroidi. Les lunettes IA sont moins rentables, mais elles soutiennent un rythme de croissance attendu deux fois supérieur à la moyenne historique. Les investisseurs se sont en outre focalisés sur la fin de l’année, qui va subir une base de comparaison difficile par rapport à la croissance de 18,4 % du quatrième trimestre 2025, liée au décollage des lunettes Ray-Ban Meta. L’activité est restée solide en avril (+ 10 % estimés), notamment aux Etats-Unis, et la stratégie medtech se déploie avec l’essor des verres Stellest de prévention de la myopie, les lunettes de correction auditives Nuance Audio et les cliniques ophtalmiques. Pour Eric Bleines, gérant chez SwissLife Gestion Privée, « le marché joue le scénario le plus négatif de l’essor des lunettes IA, leur effet sur les marges, mais pas la croissance qu’elles engendrent. Par ailleurs, le potentiel des nouveaux domaines dans la medtech et la santé, comme l’oculomique, n’est absolument pas pris en compte. Sur la base d’un PER de 22 fois pour 2026, le titre est sur des points bas de cinq ans à comparer à sa moyenne de 28 fois, sachant qu’il a atteint 40 fois en octobre dernier. Une valorisation qui paraît attrayante alors que l’on anticipe une croissance moyenne du bénéfice par action d’au moins 10 % sur 2027-2029. »