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Actions : Les marchés actions sont restés stables durant la nuit après le repli observé mardi, provoqué principalement par les valeurs technologiques et, en particulier, les fabricants de semi-conducteurs.
Volatilité : Les actions ont reculé sur fond de craintes liées à de nouvelles hausses de taux. La volatilité a été fortement réévaluée à la hausse avant la publication du PCE et des résultats de Micron jeudi.
Actifs numériques : Les cryptomonnaies ont reculé sous l’effet des retombées du ton plus restrictif de la Fed. Les investisseurs ont surtout privilégié des stratégies de couverture via les options plutôt que des ventes massives.
Matières premières : Le secteur enregistre son pire mois depuis 2022, pénalisé par l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, une Fed plus restrictive et un dollar plus fort.
Marché Obligataire : Les marchés obligataires mondiaux restent stables malgré la volatilité observée sur les autres classes d’actifs.
Devises : Le dollar américain atteint de nouveaux sommets annuels. Le yen japonais reste stable face à la vigueur du billet vert, tandis que les records observés en 2025 sont de nouveau dans le viseur.
Macroéconomie : Indice IFO du climat des affaires en Allemagne (juin) et ventes de logements neufs aux États-Unis (mai).
Macroéconomie
De plus en plus de pétroliers traversent à nouveau le détroit d’Ormuz à mesure que les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran progressent. L’Organisation maritime internationale (OMI) indique que les nouvelles garanties de sécurité pourraient permettre à des centaines de navires de quitter le golfe Persique. Les exportations pétrolières des Émirats arabes unis ont retrouvé début juin près de 85 % de leur niveau d’avant le conflit grâce aux oléoducs, aux capacités de stockage et à des itinéraires alternatifs. Une nouvelle dérogation américaine de 60 jours permet aux acheteurs mondiaux d’acquérir du pétrole brut et des produits pétroliers iraniens. L’Iran et Oman ont également entamé des discussions sur un cadre commun de transit dans le détroit d’Ormuz, comprenant notamment l’éventuelle mise en place de droits de passage.
L’indice PMI manufacturier américain S&P Global a progressé à 55,7 en juin, son plus haut niveau depuis mai 2022 et au-dessus des attentes. La production et les nouvelles commandes ont fortement augmenté, les stocks ont bondi et les délais de livraison des fournisseurs se sont allongés. Cependant, l’indice a été freiné par la plus forte baisse de l’emploi manufacturier depuis mai 2020.
L’indice PMI composite américain S&P Global est passé de 51,5 à 52,2 en juin, enregistrant sa croissance la plus rapide depuis janvier. Le renforcement du secteur manufacturier (57,7) et des services (51,3) a soutenu cette progression. Les nouvelles commandes ont été stimulées par la demande de services liée à la Coupe du monde et par les commandes anticipées des industriels face aux risques potentiels de perturbations au Moyen-Orient. Les retards d’approvisionnement prolongés ont continué d’alimenter la hausse des prix. L’emploi a reculé pour un deuxième mois consécutif sous l’effet des réductions de coûts, tandis que la confiance des entreprises a atteint son plus haut niveau depuis février.
Le résumé des opinions de la Banque du Japon (BoJ) soutient largement la poursuite de hausses graduelles des taux, alors que l’inflation se rapproche de l’objectif de 2 % et que la politique monétaire demeure en dessous du taux neutre estimé à environ 2 %. Selon plusieurs membres, des relèvements réguliers permettraient d’éviter un resserrement plus brutal ultérieurement. Un membre s’est toutefois opposé à de nouvelles hausses, estimant qu’elles pourraient freiner l’investissement, la demande et l’emploi.
Calendrier macroéconomique (heures GMT)
08h00 – Indice IFO du climat des affaires en Allemagne (juin)
11h00 – Demandes de prêts hypothécaires MBA aux États-Unis
14h00 – Ventes de logements neufs aux États-Unis (mai)
14h30 – Rapport hebdomadaire de l’EIA sur les stocks de pétrole brut et de carburants
17h00 – Vente par les États-Unis de 70 milliards USD d’obligations à 5 ans
01h30 – Données sur l’emploi en Australie (mai)
Publications de résultats
Mercredi : Micron
Jeudi : H&M Hennes & Mauritz, Darden Restaurants
Actions
États-Unis : Le S&P 500 a reculé de 1,4 % à 7 365,46 points et le Nasdaq Composite a perdu 2,2 % à 25 587,04 points, tandis que le Dow Jones n’a cédé que 0,1 % à 51 666,84 points. Les ventes sont restées concentrées sur les grands gagnants de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs. Micron a chuté de 13,2 % avant la publication de ses résultats, tandis que Nvidia, Tesla et d’autres valeurs technologiques à fort bêta ont subi des pressions alors que les investisseurs réévaluaient les valorisations élevées de l’IA et le risque de nouvelles hausses de taux de la Fed. Après la clôture, Cerebras a perdu environ 10 % dans les échanges prolongés malgré un quasi-doublement de son chiffre d’affaires trimestriel, les investisseurs se concentrant sur des marges brutes attendues plus faibles et sur l’écart avec les concurrents de l’IA bénéficiant de marges supérieures.
Europe : Le Stoxx Europe 600 a reculé de 0,7 % à 634,63 points, le DAX a perdu 1,0 % à 24 893,58 points et le FTSE 100 a cédé 0,1 % à 10 428,85 points. Le SMI a surperformé avec une hausse de 0,5 % à 13 910,70 points grâce à la meilleure résistance des valeurs défensives. Le secteur technologique européen a été le principal frein, chutant de 3,7 % lors de sa pire séance depuis février, dans le sillage de la correction mondiale liée à l’IA. Infineon a perdu 6,3 %, STMicroelectronics 8,5 %, ASML 5,7 % et Aixtron 8,3 %, tandis que les valeurs de la santé ainsi que de l’alimentation et des boissons ont progressé. Bunzl a gagné 5,6 % après avoir relevé ses prévisions de croissance du chiffre d’affaires annuel, alors que Signify a plongé de 14,8 % après avoir annoncé des objectifs de marge à moyen terme plus faibles.
Asie : Les marchés asiatiques ont évolué de manière contrastée mercredi, tentant de se stabiliser après la forte correction liée à l’IA observée mardi. Le rebond est toutefois resté irrégulier et volatil. Le Nikkei 225 japonais a perdu 1,1 % à 68 991,77 points et le Taiex taïwanais a cédé 2,5 %, les valeurs technologiques restant sous pression. Le Kospi sud-coréen a progressé de 0,5 % à 8 241,23 points après qu’un rebond initial a succédé au krach de 10 % de la veille. SK Hynix a encore reculé de 3,6 %, tandis que Samsung Electronics a rebondi de 3,7 % après sa forte baisse de la veille. Hong Kong et l’Australie ont légèrement progressé, tandis que la Chine continentale est restée orientée à la baisse, soulignant que l’exposition excessive à l’IA demeure la principale ligne de fracture des marchés.
Volatilité
Le S&P 500 a reculé de 1,44 % mardi pour clôturer à 7 365 points, les marchés intégrant désormais la possibilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale en 2026 après le maintien de sa politique monétaire la semaine dernière dans un ton restrictif. Les semi-conducteurs ont sous-performé, l’ETF SMH perdant environ 5 % depuis la clôture de vendredi. Le VIX a progressé de 12,8 % à 19,49, son plus haut niveau de clôture depuis plusieurs séances, rapprochant l’indicateur à 30 jours du niveau du VIX3M à 19,57 (observé vendredi) et réduisant la prime de structure à terme de court terme.
Les flux sur les options mardi étaient clairement défensifs. Les plus importants blocs d’options sur le SPX concernaient des puts fortement dans la monnaie sur les échéances de juillet et d’octobre, ce qui correspond davantage à des stratégies de couverture de portefeuille qu’à des paris directionnels. Le SPY a attiré d’importants achats de puts proches du cours actuel sur des échéances courtes. L’opération la plus marquante sur une valeur individuelle concernait Micron (MU), avec d’importants flux acheteurs et vendeurs avant les résultats de jeudi : achats de calls à longue échéance associés à des structures de puts d’octobre. Le SKEW s’établissait à 146,72 (lecture de vendredi), signalant une demande élevée de protection contre les risques extrêmes, tandis que l’indice MOVE se situait à 67.
Mouvement attendu du SPX : environ 59 points (~0,80 %) pour l’échéance du jour (mercredi 24 juin) et environ 107 points (~1,45 %) pour l’échéance de fin de semaine (vendredi 26 juin). L’indice PCE de mai sera publié jeudi 25 juin et Micron Technology annoncera ses résultats après la clôture de jeudi. Ces deux événements pourraient maintenir un niveau élevé de volatilité jusqu’au week-end.
Actifs numériques
Les actifs numériques ont débuté la séance de mardi sous une pression modérée, suivant le mouvement général d’aversion au risque. Le Bitcoin a commencé la séance autour de 63 950 USD avant de reculer vers 62 250 USD au cours de la matinée, prolongeant ainsi la correction amorcée à la mi-juin. L’Ethereum est passé d’environ 1 726 USD à 1 654 USD sur la même période. Les anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale plus tard en 2026 sont citées parmi les facteurs ayant contribué à cette baisse, cette classe d’actifs restant particulièrement sensible à l’évolution des perspectives de taux.
Les ETF Bitcoin spot américains continuent d’enregistrer des sorties de capitaux, avec six semaines consécutives de rachats nets jusqu’au 18 juin. IBIT a clôturé autour de 35,33 USD et ETHA autour de 12,52 USD mardi. MicroStrategy a évolué dans une fourchette comprise entre 104 et 106 USD. Le dépôt de dossier de Franklin Templeton pour deux ETF distribuant des dividendes investis en partie en Bitcoin illustre la poursuite du développement de produits institutionnels malgré un contexte de flux peu favorable à court terme.
L’activité sur les options des ETF crypto témoignait davantage d’une volonté de protection que d’un positionnement franchement baissier. Les flux sur IBIT étaient concentrés sur des puts d’échéances août, septembre et octobre ; les puts aux strikes élevés étaient fortement dans la monnaie par rapport au prix actuel d’IBIT, ce qui suggère que les investisseurs déjà exposés renforcent leur couverture à la baisse. ETHA a également enregistré des achats de puts sur des échéances courtes et intermédiaires. La demande de licence MiCA de Binance en Grèce semble se diriger vers un rejet avant l’échéance du 1er juillet, des interrogations étant soulevées quant à une éventuelle influence informelle de la BCE dans le processus d’examen.
Matières premières
L’indice Bloomberg Commodity Total Return se dirige vers sa pire performance mensuelle depuis 2022, affichant actuellement un recul d’environ 10 % en juin et ramenant sa progression depuis le début de l’année à 15 %. Tous les secteurs sont en baisse ce mois-ci, menés par une chute de 16 % de l’énergie et un recul de 12 % des métaux précieux. Les métaux industriels et l’agriculture perdent chacun environ 6 %, illustrant le caractère généralisé de la correction actuelle des matières premières, principalement alimentée par l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, la fermeté de la Fed et la vigueur du dollar.
L’or a reculé pour une deuxième séance consécutive, pénalisé par le renforcement du dollar dans un contexte de repli des actions mené par les valeurs technologiques. Le soutien apporté par la hausse des obligations d’État est resté limité, la baisse des prix de l’énergie réduisant les inquiétudes inflationnistes et le besoin d’un resserrement monétaire supplémentaire de la Fed. La corrélation positive inhabituellement forte entre l’or et le S&P 500 continue ainsi de peser sur les cours, ramenant le métal dans la zone de support clé comprise entre 4 000 et 4 100 USD. Une cassure sous ce niveau pourrait déclencher une nouvelle vague de capitulation et de ventes techniques. Les investisseurs surveilleront l’évolution des actions américaines, du dollar et de l’argent, ce dernier testant désormais son plus bas niveau de mars près de 61 USD.
Le Brent est passé sous les 77 USD le baril, laissant les prix à moins de 10 % au-dessus des niveaux d’avant-guerre, alors que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz continue de se normaliser. L’Organisation maritime internationale a indiqué avoir reçu des garanties de sécurité favorisant le passage de centaines de navires hors du golfe Persique. Le marché intègre de plus en plus le retour progressif des volumes d’approvisionnement bloqués après l’une des perturbations les plus sévères de l’histoire récente. Les exportations des Émirats arabes unis ont déjà retrouvé environ 85 % de leurs niveaux d’avant-guerre, renforçant les anticipations d’une amélioration de l’offre dans les semaines à venir.
Le cacao a reculé après avoir atteint un sommet de six semaines, à la suite de la flambée de 10 % enregistrée lundi. Les inquiétudes croissantes concernant la production liées au phénomène El Niño ont été compensées par des prévisions météorologiques favorables à court terme en Afrique de l’Ouest. L’amélioration des précipitations dans les principales régions productrices a renforcé les perspectives de récolte, illustrant le bras de fer permanent entre les risques climatiques à long terme et les conditions d’approvisionnement à court terme.
Marché Obligataire
Les rendements des obligations du Trésor américain ont légèrement reculé sur la partie courte de la courbe des taux mardi et sont restés quasiment inchangés sur la partie longue. Après avoir perdu plus de quatre points de base en séance, le rendement de référence à 2 ans a clôturé en baisse de moins de trois points de base, proche de 4,20 %. Le rendement à 10 ans a évolué dans une fourchette étroite et a terminé la séance seulement un point de base plus bas, juste sous 4,50 %.
La forte baisse des principaux indices américains n’a provoqué qu’un repli limité du segment high yield aux États-Unis. L’indice Bloomberg que nous suivons, mesurant les spreads des obligations à haut rendement par rapport aux Treasuries, a augmenté de six points de base pour atteindre 270 points de base, soit son niveau le plus élevé depuis huit séances.
Devises
Le dollar américain a atteint de nouveaux sommets de cycle mardi, alors que le sentiment de risque s’est fortement détérioré sur les marchés actions mondiaux, malgré le calme observé sur le marché des Treasuries. L’EURUSD a inscrit un nouveau plus bas pour 2026 ainsi que pour les douze derniers mois sous 1,1400, touchant 1,1361 en début de séance mercredi.
Le yen japonais est resté globalement solide, même si l’USDJPY évoluait toujours près de ses sommets de cycle à 161,60 mercredi matin, soit à proximité du plus haut de quarante ans atteint en 2025 à 161,95. Le yen s’est toutefois apprécié face à d’autres devises. L’EURJPY a par exemple atteint de nouveaux plus bas locaux sous 184, les rendements à court terme européens ayant nettement diminué par rapport aux rendements toujours élevés du Japon. L’écart de rendement à deux ans entre la zone euro et le Japon se situe désormais dans le bas de sa fourchette observée ces derniers mois. Un membre de la BoJ a déclaré que le taux d’intérêt neutre du Japon semblait se situer autour de 2 %.
L’EURSEK a nettement dépassé le seuil de 11,00 mardi et a clôturé au-dessus de ce niveau pour la première fois cette année, probablement sous l’effet de la faiblesse des indices PMI préliminaires de la zone euro publiés mardi, mais aussi du recul général de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale.
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