Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Investment Analyst
3,6% : Performance annualisée moyenne de l’investisseur en actions sur 30 ans, contre environ 10,7% pour l’indice S&P 500.
7 sur 10 : Parmi les 10 meilleures séances boursières des 20 dernières années, 7 ont eu lieu dans les 15 jours suivant l’une des 10 pires.
x2,5 : Une perte est ressentie environ 2 à 3 fois plus douloureusement qu’un gain équivalent n’est agréable, un ordre de grandeur classique en finance comportementale pour l’aversion aux pertes.
Depuis plus de 30 ans, DALBAR publie chaque année une étude sur le comportement des investisseurs individuels.
Le constat est le même : l’investisseur moyen fait nettement moins bien que le marché, non pas parce qu’il choisit de « mauvais » actifs, mais parce qu’il entre et sort au mauvais moment. On parle de « behaviour gap » : l’écart entre la performance d’un fonds et celle réellement obtenue par ses porteurs de parts, en raison de leurs allers‑retours motivés par l’émotion.
Sur 30 ans, l’addition est considérable : un indice comme le S&P 500 a délivré autour de 10,7% par an, quand l’investisseur particulier moyen n’a capté qu’environ 3,6%. L’écart ne vient pas du marché lui‑même, mais de la succession de décisions dictées par la peur ou l’euphorie : acheter après les fortes hausses et vendre après les fortes baisses.
Les journées de forte turbulence soumettent les investisseurs à deux épreuves. La première est visible : les indices chutent, les écrans virent au rouge. La seconde est plus insidieuse : l’envie irrépressible de « faire quelque chose », de vendre pour « mettre à l’abri ». C’est cette seconde épreuve que la plupart des investisseurs échouent, en se coupant des meilleures journées de rebond. La simulation de J.P. Morgan est l'une des plus citées en gestion de patrimoine. Un investissement de 100 000 dollars sur le S&P 500 sur 20 ans (2004–2024) aurait généré 806 000 dollars en restant pleinement investi. Manquer les 10 meilleures séances réduit ce résultat à 358 000 dollars. Manquer les 25 meilleures laisse l'investisseur avec 170 000 dollars soit une perte de 79% des gains potentiels.
Ce type de graphique illustre que les meilleures journées boursières sont rares, concentrées… et qu’elles surviennent très souvent juste après les pires. Statistiquement, sortir après un krach pour "attendre que ça se calme", c’est précisément maximiser le risque de rater ces rebonds.
La volatilité, c’est simplement l’ampleur des variations de prix d’un actif. Avec les actions, il n’est pas rare de voir des hausses ou des baisses de plus de 20 à 30% sur une année. Sur un petit horizon, un investisseur a presque autant de chances d’être en perte qu’en gain, ce qui rend l’expérience émotionnellement éprouvante. C’est pour cela que les autorités comme l’AMF recommandent de considérer les actions sur au moins 5 à 10 ans.
Plus l’horizon de détention s’allonge, plus la volatilité “effective” pour l’investisseur a tendance à diminuer : les années mauvaises se compensent avec les bonnes, et la trajectoire devient plus lisse. C’est aussi la raison pour laquelle les actifs les plus volatils (comme les actions) offrent, sur longue période, des rendements historiquement supérieurs aux placements plus sûrs : c’est la prime de risque. Accepter cette volatilité de court terme est donc le prix à payer pour espérer de meilleurs rendements à long terme.
Un portefeuille bien construit, diversifié, aligné avec votre horizon réel, avec un coussin de liquidités pour les besoins à court terme, n’a pas besoin d’être remanié parce qu’une journée est chaotique. Ne pas agir dans la panique n’est pas de la négligence, c’est la confiance dans un processus défini à froid.
La distinction clé est celle entre gestion du risque et gestion de la peur. Ajuster une allocation parce qu’elle ne correspond plus à votre projet de vie est une décision rationnelle ; vendre parce que “ça fait peur” est une décision émotionnelle, et toutes les grandes études montrent qu’elle coûte cher. Les marchés, eux, finissent toujours par se remettre d’une correction ; les décisions prises dans la panique, elles, laissent des traces durables sur votre patrimoine.
Les marchés peuvent se remettre d'une correction. Les décisions prises dans la peur sont bien plus difficiles à défaire.
En mars 2026, comme lors de chaque épisode de forte volatilité avant lui, la vraie question n'est pas « que va faire le marché demain ? » mais plutôt « est-ce que mon portefeuille a été construit pour résister à ces moments ? ».