Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Investment Analyst
Le choc pétrolier de 2026 agit comme un accélérateur de la transition électrique, surtout en rendant le coût d’usage des thermiques moins attractif.
Le vrai moteur d’achat reste le coût total de possession : si les ménages pensent que le carburant restera cher, le VE devient plus rationnel économiquement.
Les gagnants potentiels sont les constructeurs VE, les batteries, les métaux critiques et la recharge, mais l’effet sera inégal selon les régions.
La crise Iran a fait en six semaines ce que dix ans de politiques climatiques n'avaient pas réussi : rendre le véhicule électrique économiquement rationnel pour le consommateur moyen.
En l’espace de quelques semaines, le Brent a dépassé les 120 dollars le baril, tandis que les prix de l’essence ont progressé de plus de 15 % et ceux du diesel de près de 36 % en France. Dans le même temps, vingt-huit pays ont activé des mesures d’urgence concernant leurs réserves stratégiques.
Ce choc est brutal. Mais il révèle aussi une dynamique que les marchés n'avaient pas entièrement anticipée : la douleur à la pompe est le meilleur argument commercial que le véhicule électrique ait jamais eu. Ce n'est pas une coïncidence, c'est une constante que l'histoire confirme depuis 1973.
BYD : 120 083 véhicules électriques exportés en mars 2026, soit une hausse de +65 % par rapport à mars 2025. Le groupe a par ailleurs relevé son objectif annuel à 1,5 million de véhicules exportés, confirmant l’accélération de sa stratégie internationale.
Geely : le constructeur anticipe une hausse d’environ +80 % de ses livraisons internationales en 2026. Son action affiche déjà une progression de l’ordre de +50 % depuis le début du conflit, suggérant qu’une partie significative du scénario favorable est déjà intégrée dans les valorisations.
Tesla : bénéficie indirectement de la hausse des prix de l’essence, qui renforce l’attractivité économique des véhicules électriques. En France, les immatriculations ont été multipliées par trois en mars. Toutefois, la marque reste exposée à des risques spécifiques liés à son image sur certains marchés, ce qui peut limiter la traduction de ce momentum en parts de marché durables.
Renault : profite d’un positionnement prix compétitif, notamment avec les lancements de la R5 et de la R4, particulièrement bien positionnés dans un contexte de hausse du coût total de possession des véhicules thermiques. Le groupe apparaît comme un bénéficiaire relatif en Europe, avec une exposition géopolitique limitée par rapport aux acteurs chinois.
Les coûts de production VE augmentent aussi
Le conflit perturbe les chaînes d'approvisionnement mondiales. La fabrication d'un VE en Chine requiert de l'aluminium, du cuivre, du lithium et des puces mémoire ; des matériaux dont les coûts combinés ont progressé de 44 %, ajoutant environ 1 000 dollars aux coûts de production par véhicule (UBS). Les véhicules thermiques sont structurellement moins sensibles à ces intrants.
La hausse de l'électricité : avantage réduit mais non effacé
Un choc énergétique peut aussi faire grimper les factures d'électricité, réduisant le différentiel de coût à l'usage entre VE et thermique. En Europe, les prix de gros ont progressé de 10 % ou plus dans certains pays depuis mi-mars. Mais le contexte reste radicalement différent de 2022 : les prix de gros restent très loin des niveaux qui avaient alors quadruplé dans certains pays.
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