Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
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Les premiers résultats sont encourageants, mais c'est le discours des dirigeants qui dira si les bénéfices sont durables ou s'ils ne reflètent qu'un excellent trimestre.
Le coût des dépôts, la croissance des prêts et les pertes sur crédit restent les meilleurs indicateurs de la santé financière des ménages et des entreprises.
Goldman Sachs mesure la reprise des opérations de banque d'investissement, tandis que Citi et Wells Fargo doivent démontrer que leur restructuration améliore réellement leur rentabilité.
Cinq banques, une seule journée de publications et un précieux bilan de santé de la première économie mondiale.
JPMorgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs, Wells Fargo et Citigroup publieront leurs résultats du deuxième trimestre le 14 juillet 2026. Comme à chaque saison de résultats, les investisseurs sont confrontés au même défi : les banques publient une avalanche de chiffres capable d'occuper un tableur pendant plusieurs week-ends, mais seuls quelques indicateurs font réellement la différence.
Les premières publications laissent entrevoir des bénéfices solides. Toutefois, le véritable enjeu réside dans les commentaires des dirigeants concernant les emprunteurs, les dépôts, le pipeline de transactions et les taux d'intérêt. Les banques sont au cœur des échanges entre les ménages, les entreprises et les marchés financiers. Lorsqu'un changement se produit dans l'économie, elles en repèrent généralement les premiers signes avant tout le monde.
JPMorgan est sans doute le meilleur indicateur de l'économie américaine. Le groupe réunit les activités de banque de détail, cartes de crédit, financement des entreprises, trading, banque d'investissement et gestion de fortune. Ses résultats offrent donc une vision d'ensemble de pratiquement tous les grands segments de la finance américaine.
Bank of America constitue également un excellent révélateur de la santé des consommateurs et de l'évolution des taux d'intérêt. Grâce à son importante base de dépôts, son produit net d'intérêt est particulièrement scruté. Il correspond à la différence entre ce que la banque gagne sur ses prêts et ses placements, et ce qu'elle verse à ses déposants.
Goldman Sachs présente un profil bien différent. Le groupe est moins exposé aux activités bancaires traditionnelles destinées aux particuliers et davantage aux activités de marché, aux fusions-acquisitions, aux introductions en Bourse et à la gestion d'actifs. Ses résultats permettront donc de vérifier si la reprise des opérations de Wall Street s'inscrit dans un cycle durable.
Citi offre une fenêtre privilégiée sur les paiements internationaux, les grandes entreprises multinationales et les marchés institutionnels. Les investisseurs surveillent également si son long programme de restructuration commence enfin à produire de meilleurs rendements. Wells Fargo reste davantage tournée vers les ménages et les entreprises américaines, tout en poursuivant la modernisation de ses activités et son développement après plusieurs années de contraintes réglementaires.
Des taux d'intérêt plus élevés peuvent profiter aux banques en augmentant les revenus générés par les prêts. Mais cet avantage n'est jamais garanti.
Les clients exigent eux aussi une meilleure rémunération de leur épargne. Si le coût des dépôts augmente plus vite que les revenus des prêts, les marges se contractent. Des résultats solides aujourd'hui peuvent ainsi masquer des perspectives moins favorables pour demain.
Les investisseurs devraient surveiller les prévisions de produit net d'intérêt, l'évolution des dépôts moyens et la croissance des encours de prêts. Une progression des prêts traduit généralement une activité économique dynamique. À l'inverse, une demande de crédit en baisse peut indiquer que les entreprises reportent leurs investissements ou que les ménages deviennent plus prudents.
La qualité de cette croissance est tout aussi importante. Une banque peut accélérer rapidement son activité de prêt en acceptant des emprunteurs plus risqués. Cela paraît séduisant... jusqu'au jour où les échéances cessent d'être remboursées.
Selon les données de la Réserve fédérale, le taux de défaut sur les cartes de crédit des banques commerciales américaines s'établissait à 2,92 % au premier trimestre 2026, contre 2,94 % au trimestre précédent. Cette stabilité suggère que les tensions restent présentes sans s'aggraver sensiblement. Les provisions constituées par les banques pour couvrir les pertes futures permettront de savoir si les équipes dirigeantes s'attendent à ce que cette résilience se poursuive.
Les salles de marché profitent de l'intensité des échanges, tandis que les banques d'investissement perçoivent des commissions lorsque les entreprises émettent des actions, placent des obligations ou réalisent des acquisitions.
La volatilité récente des marchés ainsi que plusieurs opérations d'envergure, notamment l'introduction en Bourse de SpaceX, créent un environnement favorable pour JPMorgan, Goldman Sachs, Citi et Bank of America. Une forte activité peut faire bondir rapidement les bénéfices trimestriels.
La véritable question est de savoir dans quelle mesure ces bénéfices pourront être reproduits. Les revenus du trading dépendent en partie des conditions de marché. Une grande introduction en Bourse génère des commissions importantes, mais une même entreprise ne peut évidemment pas entrer en Bourse deux fois. Même Wall Street n'a pas encore trouvé comment vendre ce produit.
Les commentaires des dirigeants sur le portefeuille de fusions-acquisitions en préparation, la confiance des entreprises et les futures introductions en Bourse pourraient donc être plus importants que les transactions effectivement conclues au cours du trimestre. Un pipeline bien rempli serait le signe que les dirigeants d'entreprise retrouvent la confiance nécessaire pour prendre des décisions d'investissement à long terme.
Le premier risque est que les attentes du marché sont déjà très élevées. Même d'excellents résultats ne feront pas nécessairement progresser les cours si les investisseurs avaient déjà intégré un trimestre solide dans les valorisations.
Le deuxième risque concerne la pression sur les marges. Des dépôts plus coûteux, des emprunteurs prudents ou une croissance plus faible des prêts pourraient freiner la progression du produit net d'intérêt. Le troisième risque porte sur la qualité du crédit. Surveillez l'évolution des créances irrécouvrables, l'augmentation des provisions pour pertes ainsi que les éventuels signes de tension chez les détenteurs de cartes de crédit aux revenus les plus modestes ou chez les emprunteurs du secteur de l'immobilier commercial.
Citi et Wells Fargo sont également confrontées à un risque d'exécution. Une hausse des dépenses sans amélioration tangible de l'efficacité laisserait penser que leur restructuration reste coûteuse et encore inachevée.
Les résultats des banques sont souvent présentés comme un tableau d'affichage du secteur financier. Ils ressemblent en réalité davantage à un examen médical de l'économie. JPMorgan ausculte presque tous les organes, Bank of America prend le pouls des dépôts et de la consommation, Goldman Sachs écoute les battements de Wall Street, tandis que Citi et Wells Fargo permettent de vérifier si leurs traitements de fond commencent enfin à produire des résultats.
Les premiers chiffres montrent que le patient reste en bonne forme et que les opérations de banque d'investissement semblent retrouver de la vigueur. Mais le véritable diagnostic dépendra surtout de ce que les dirigeants diront à propos de l'évolution des prêts, du coût des dépôts et du risque d'impayés. Pour les investisseurs, la vraie question n'est pas de savoir quelle banque remportera le trimestre. Il s'agit plutôt d'identifier celle qui sera capable de générer des rendements solides sans devoir compter excessivement sur un environnement exceptionnellement favorable.
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