Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Investment Strategist
AWS doit montrer une dynamique de croissance plus clairement tirée par l’IA, et pas seulement une stabilité.
Les marges du retail s’améliorent, mais une concurrence intense peut rapidement peser sur la rentabilité.
Le rapport entre dépenses d’investissement (capex) et free cash flow reste l’indicateur clé suivi par le marché.
Amazon publiera ses résultats du quatrième trimestre 2025 le 5 février 2026, avec une conférence téléphonique prévue à 23h00 (heure d’Europe centrale). Cet événement est particulièrement suivi car Amazon occupe une position unique : à la fois acteur majeur de la consommation et pilier mondial des infrastructures cloud, à un moment où l’intelligence artificielle concentre l’attention des marchés.
Un élément intrigue : contrairement à certaines grandes valeurs technologiques dont les cours ont fortement progressé, l’action Amazon est restée globalement stable sur un an. Les investisseurs arbitrent entre les avancées réelles du groupe et une préoccupation simple : la facture des investissements liés à l’IA est immédiate, alors que les bénéfices apparaissent plus graduels.
Ce trimestre n’est donc pas une question de communication autour de l’IA. Il s’agit plutôt de constater si les investissements massifs commencent à se traduire par une dynamique plus visible d’AWS et par une génération de trésorerie plus solide.
Amazon Web Services (AWS) est la division cloud du groupe. Elle fournit aux entreprises de la puissance de calcul et du stockage, leur évitant de construire leurs propres centres de données. C’est aussi historiquement la principale source de profits d’Amazon.
La question n’est pas seulement de savoir si AWS continue de croître, mais si cette croissance semble réellement portée par les usages liés à l’IA. Les estimations de marché tablent sur une légère accélération par rapport au trimestre précédent, sans attente excessive. Cela limite le risque de déception, mais réduit aussi la marge d’erreur.
Trois éléments méritent une attention particulière dans la communication d’Amazon.
Premièrement, la capacité. Si AWS évoque des contraintes pour répondre à la demande, cela peut sembler négatif, mais cela confirme aussi que la demande est bien réelle. À l’inverse, l’absence de mention de limites pourrait amener le marché à s’interroger sur l’intensité de cette demande.
Deuxièmement, l’adoption des services d’IA. Les clients utilisent-ils davantage de puissance de calcul pour faire fonctionner des modèles en production, ou sont-ils encore en phase de test ? Le vocabulaire employé lors des résultats est souvent révélateur : « projets pilotes » ou « preuves de concept » suggèrent l’expérimentation, tandis que « charges de travail en production » indiquent un usage installé.
Troisièmement, la rentabilité d’AWS. Une activité cloud peut afficher une croissance correcte tout en décevant si les coûts augmentent plus vite. Il est utile d’écouter si la direction met l’accent sur l’efficacité opérationnelle et l’utilisation des infrastructures, ou surtout sur des promesses à long terme.
Le retail est moins spectaculaire, mais peut soutenir l’ensembleL’activité de commerce en ligne est la partie la plus visible d’Amazon pour le grand public. Après des années de stratégie « croissance à tout prix », le marché reconnaît de nouveau les efforts du groupe pour améliorer ses marges.
Deux leviers principaux expliquent cette évolution.
Le premier est l’efficacité logistique. Plus Amazon utilise son propre réseau de livraison, avec des trajets mieux optimisés, plus le coût par colis diminue. Cela se reflète progressivement dans le résultat opérationnel.
Le second est la publicité. Les annonces intégrées au parcours d’achat sont particulièrement efficaces, car elles ciblent des clients déjà en intention d’achat. Cette activité est généralement plus rentable que la simple livraison de produits.
Le principal point de vigilance reste la concurrence. Si Amazon doit réduire ses prix ou accélérer ses délais pour défendre ses parts de marché, les marges peuvent à nouveau se contracter.
La vraie question n’est donc pas « avez-vous vendu plus ? », mais plutôt « avez-vous vendu plus sans dégrader la rentabilité ? ».
Les dépenses d’investissement (capex) correspondent aux montants consacrés aux infrastructures, comme les centres de données. Le free cash flow représente la trésorerie disponible après fonctionnement et investissements. C’est un indicateur clé, car il conditionne la flexibilité financière du groupe.
Des capex élevés peuvent traduire une forte confiance dans la demande future, mais ils réduisent le free cash flow à court terme. C’est souvent ce qui freine l’enthousiasme du marché.
Deux éléments seront scrutés : la trajectoire des dépenses en 2026 et le lien entre ces dépenses et la dynamique réelle d’AWS. Si les investissements augmentent sans accélération visible d’AWS, l’écart entre coûts et bénéfices peut inquiéter.
Un premier risque est un décalage entre attentes et réalité sur AWS. Une croissance simplement conforme aux attentes peut décevoir si certains espéraient une accélération.
Un second risque concerne l’ampleur des capex. Une hausse marquée peut peser sur le sentiment de marché si elle repousse la génération de trésorerie.
Enfin, l’exécution dans le retail reste sensible à la pression concurrentielle, qui peut impacter les marges.
Investor playbookObserver si la croissance d’AWS montre des signes d’accélération liés à l’IA.
Suivre l’évolution des capex et les explications fournies par la direction.
Vérifier si les marges du retail restent stables malgré une concurrence forte.
Noter l’évolution du discours entre « expérimentation » et « production ».
Les résultats d’Amazon ne sont pas spectaculaires, mais révélateurs. Le groupe investit d’abord, puis monétise progressivement. Ce trimestre doit aider à évaluer si cet écart commence à se réduire.
Si AWS montre un soutien plus clair de l’IA et si le retail maintient sa discipline de coûts, Amazon pourrait apparaître moins comme une valeur « en attente » et davantage comme une entreprise qui construit méthodiquement sa trajectoire.
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