Outrageous Predictions
La Belgique constitue une réserve stratégique de cacao avec sa Réserve Nationale de Chocolat
Ole Hansen
Responsable de la stratégie des matières premières
Stratège en investissement et options
Relevé: ArcelorMittal publiera ses résultats jeudi, alors que le marché des options intègre déjà un mouvement de plus de 10 %. Cette étude de cas montre comment interpréter le mouvement attendu à partir des chaînes d’options, structurer une stratégie en range via un iron condor, et comprendre pourquoi risque défini ne rime pas avec faible risque.
ArcelorMittal publiera ses résultats trimestriels jeudi. Pour les investisseurs qui analysent l’action à travers le prisme des options, la question clé ne se limite pas à savoir si l’entreprise dépassera ou décevra les attentes. Tout aussi important est de déterminer si l’évolution du cours sera plus ou moins marquée que celle déjà intégrée à l’avance par le marché des options.
Pour cet article, nous nous concentrons sur les actions et options ArcelorMittal cotées à Amsterdam. ArcelorMittal est en effet doublement cotée, avec des échanges actifs à Amsterdam et aux États‑Unis via ses ADR. Des options sont disponibles sur les deux marchés, mais au vu de l’open interest observé dans les chaînes d’options, la cotation d’Amsterdam semble offrir, pour cette étude de cas spécifique, le marché options le plus liquide.
Attention :
Pour bien comprendre cet article, une expérience préalable et une bonne connaissance du fonctionnement des options sont nécessaires. Les options sont des instruments très spéculatifs et vous devez en comprendre les risques. Les actifs sous-jacents, tels que les actions et les indices, peuvent être volatils et votre investissement peut perdre de la valeur ; les options étant négociées avec effet de levier et sur marge, vous pouvez même perdre davantage que votre investissement initial.
Les stratégies et exemples présentés dans cet article ont un objectif exclusivement éducatif. Ils visent à structurer le raisonnement et ne doivent pas être repris ou appliqués sans une analyse approfondie. Chaque investisseur ou trader doit effectuer sa propre due diligence et tenir compte de sa situation financière personnelle, de sa tolérance au risque et de ses objectifs d’investissement avant de prendre toute décision. Investir en Bourse comporte des risques et il est essentiel de faire des choix éclairés.
Cet article contient du matériel marketing. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Lors de la dernière observation, les actions ArcelorMittal cotées à Amsterdam évoluaient autour de 50,60 EUR. La tendance de long terme reste constructive, le titre se situant au‑dessus de ses moyennes mobiles à 200 jours et à 200 semaines. Dans le même temps, l’action est devenue nettement plus volatile après une forte phase de hausse suivie d’une correction. Cela fait d’ArcelorMittal une étude de cas à la fois utile et instructive pour le trading autour des résultats.
/-/media/content-hub/images/2026/00-04-april/00-koho/2026-04-28-01-mt-charts.pngLes actions ArcelorMittal cotées à Amsterdam restent au‑dessus de leurs moyennes de long terme, malgré un net repli depuis les sommets précédents. Source : SaxoTrader
Sur la base des options mensuelles arrivant à échéance le 15 mai, les options call et put at‑the‑money avec un prix d’exercice de 51 s’échangent conjointement autour d’un point médian proche de 5,43 EUR. Avec un cours de l’action autour de 50,60 EUR, cela suggère que le marché des options anticipe une amplitude de mouvement de légèrement plus de 10 % à l’horizon de l’échéance. De manière simplifiée, cela correspond à une fourchette approximative comprise entre 45 EUR à la baisse et 56 EUR à la hausse.
/-/media/content-hub/images/2026/00-04-april/00-koho/2026-04-28-02-mt-options-chain.pngSur la base des options mensuelles échéance 15 mai, les calls et puts at‑the‑money avec un strike à 51 impliquent une fourchette d’environ 45 EUR à 56 EUR à l’échéance. Source : SaxoTrader
Cette variation attendue est une estimation, et non une prévision. Elle ne donne aucune indication sur la direction du mouvement. Elle fournit simplement aux traders une fourchette implicite de marché à confronter à leur propre scénario. Cette distinction est essentielle autour de la publication des résultats, car un trader peut avoir raison sur le fond concernant l’entreprise, tout en étant déçu si la réaction du cours est inférieure à ce que le marché des options avait déjà intégré.
Les investisseurs ayant une conviction directionnelle marquée peuvent recourir à d’autres structures à risque limité. Un investisseur optimiste peut par exemple envisager un bull call spread, tandis qu’un investisseur pessimiste peut se tourner vers un bear put spread. Ces stratégies s’adressent aux traders souhaitant exprimer une opinion plus affirmée sur la direction du marché.
Cet article adopte, à des fins éducatives, une approche différente : que se passe‑t‑il si le marché des options a déjà intégré suffisamment de mouvement et que l’action évolue, après les résultats, en grande partie à l’intérieur de cette fourchette anticipée ? Une manière de structurer ce scénario consiste à utiliser un iron condor.
Dans l’exemple présenté ici, la stratégie utilise l’échéance du 15 mai, avec un put long 41, un put short 45, un call short 56 et un call long 60. Concrètement, cela revient à vendre un put spread à risque limité sous le marché et un call spread à risque limité au‑dessus du marché.
La position génère une prime nette d’environ 1,04 EUR par action, soit environ 104 EUR par contrat standard de 100 actions, avant frais. Les strikes vendus se situent à 45 EUR et 56 EUR, soit à peu près aux niveaux de la fourchette implicite anticipée par le marché des options.
/-/media/content-hub/images/2026/00-04-april/00-koho/2026-04-28-03-mt-iron-condor.pngCet exemple d’iron condor utilise des strikes short à 45 EUR et 56 EUR, avec des ailes de protection à 41 EUR et 60 EUR, ce qui délimite le risque des deux côtés. Source : SaxoTrader
Le gain maximal correspond à la prime encaissée. Dans cet exemple, il s’élève à environ 104 EUR avant frais. Ce gain maximal est réalisé si ArcelorMittal clôture, à l’échéance, entre les deux strikes short, à savoir 45 EUR et 56 EUR, de sorte que les deux options vendues expirent sans valeur.
Le risque maximal est déterminé par la largeur de l’un des spreads, diminuée de la prime reçue. Les deux spreads ont une largeur de 4 EUR : le put spread s’étend de 41 EUR à 45 EUR et le call spread de 56 EUR à 60 EUR. Un spread de 4 EUR correspond à une exposition maximale de 400 EUR par contrat standard de 100 actions. Après déduction de la prime encaissée de 104 EUR, le risque maximal s’élève à environ 296 EUR avant frais.
Les niveaux de break‑even sont également calculés à partir des strikes short et de la prime reçue. Le point d’équilibre inférieur se situe au niveau du put short moins la prime, soit environ 45 EUR moins 1,04 EUR, ce qui donne près de 43,96 EUR. Le point d’équilibre supérieur correspond au call short augmenté de la prime, soit environ 56 EUR plus 1,04 EUR, soit environ 57,04 EUR.
Cet iron condor repose sur un scénario de marché évoluant en range. Le scénario idéal est que la réaction du cours après la publication des résultats d’ArcelorMittal reste inférieure au mouvement déjà anticipé par le marché, que la volatilité implicite recule après l’événement et que le cours de l’action demeure entre les strikes short.
Le risque réside dans une réaction plus ample que prévu. Si le cours passe sous 45 EUR ou dépasse 56 EUR, les pertes commencent à s’accumuler. Si le mouvement se prolonge vers le put long à 41 EUR ou le call long à 60 EUR, la position peut se rapprocher de sa perte maximale.
C’est aussi pour cette raison qu’un iron condor n’est pas une stratégie à faible risque simplement parce que le risque est limité. Un risque limité signifie que la perte maximale est connue à l’avance, et non que la probabilité de perte ou son impact est faible.
Une version plus agressive de ce scénario en range est le short strangle. En termes simples, il s’agit de vendre un put et un call hors‑la‑monnaie sans acheter les ailes de protection. Dans cet exemple, cela reviendrait à supprimer le put long 41 et le call long 60 de l’iron condor.
L’avantage est que le trader encaisse davantage de prime et dispose de plus de flexibilité pour gérer la position. En contrepartie, le risque est nettement plus élevé, puisque la perte maximale n’est plus limitée. Un mouvement de cours marqué après les résultats peut alors s’avérer très coûteux. Les short strangles exigent une gestion du risque rigoureuse et un plan d’ajustement clair. À défaut, la prime plus élevée peut rapidement se transformer en leçon onéreuse.
La principale leçon est que le trading autour des résultats ne consiste pas uniquement à avoir raison sur l’entreprise. Il s’agit d’aligner la conviction avec la structure choisie. La direction compte, mais la variation attendue, la volatilité implicite, le temps restant jusqu’à l’échéance, la liquidité et l’ampleur du risque délimité jouent également un rôle déterminant.
Ce cas pratique autour d’ArcelorMittal n’est donc pas présenté comme la manière idéale de trader la publication des résultats. Il s’agit d’une étude de cas concrète montrant comment un iron condor peut être utilisé pour exprimer une conviction éducative précise : celle selon laquelle la réaction du cours après les résultats peut rester dans la fourchette déjà intégrée par le marché des options.
Le mouvement attendu est une estimation de l’amplitude de variation que le marché des options anticipe à l’horizon d’une date d’échéance donnée. Dans ce cas‑ci, les options arrivant à échéance le 15 mai suggèrent un mouvement d’environ 10 % autour du cours actuel de l’action. Il ne s’agit pas d’une prévision directionnelle.
ArcelorMittal est cotée à la fois à Amsterdam et aux États‑Unis via des ADR. Des options sont disponibles sur les deux marchés, mais les options d’Amsterdam présentent un open interest plus élevé dans la chaîne utilisée ici, ce qui les rend plus pertinentes pour cet exemple éducatif.
Un iron condor est une stratégie sur options composée d’un put spread vendu sous le marché et d’un call spread vendu au‑dessus du marché. Elle est conçue pour un scénario de fluctuation en range et présente un gain maximal et un risque maximal clairement délimités.
Un iron condor peut fonctionner lorsque le cours de l’action reste entre les strikes short et que la prime encaissée n’est pas annulée par un mouvement de cours défavorable. Autour des résultats, la stratégie peut également bénéficier d’une baisse de la volatilité implicite après l’événement, à condition que le mouvement du cours demeure limité.
Le principal risque est une variation plus importante que prévu. Si le cours franchit l’un des strikes short, les pertes peuvent s’accroître. Les options longues limitent la perte maximale, mais n’empêchent pas que la position devienne déficitaire.
Chaque spread a une largeur de 4 EUR. Pour un contrat standard de 100 actions, cela correspond à une exposition maximale de 400 EUR par spread. La position encaisse environ 104 EUR de prime, ce qui ramène le risque maximal à environ 400 EUR moins 104 EUR, soit 296 EUR avant frais.
Un short strangle peut générer davantage de prime car il n’utilise pas d’options longues de protection. Cela implique toutefois que le risque maximal n’est plus limité. Pour des traders expérimentés, cela peut offrir plus de flexibilité, mais cela exige une gestion du risque rigoureuse et peut être dangereux en cas de forte réaction du cours après les résultats.
Un trader ayant une conviction clairement positive peut envisager un bull call spread, tandis qu’un trader ayant une conviction négative peut opter pour un bear put spread. Il s’agit également de stratégies à risque limité, mais elles expriment une conviction directionnelle plus marquée que l’iron condor présenté dans cet article.