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Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Après Intel, Donald Trump s'intéresse aux groupes de défense, dont Lockheed Martin
Conseil :
Les promesses sont alléchantes mais le titre se paie très cher, à environ 50 fois les bénéfices attendus sur l'exercice en cours, ce qui ne laisse aucune marge d'erreur. Nous restons partisans de ventes partielles.
Des discussions auraient lieu pour une éventuelle prise de participation au capital des grands primes, les grands fournisseurs du Pentagone, selon le secrétaire au Commerce.
Après 10% chez Intel, combien dans Lockheed Martin ? Le gouvernement de Donald Trump étudierait la possibilité de prendre des participations au capital des groupes américains de défense. « Ils y pensent », a indiqué le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, interrogé sur le sujet, sur la chaîne de télévision CNBC, citant des responsables du Pentagone. Seraient concernés les grands groupes comme Lockheed Martin, Palantir Technologies ou Boeing. « Il y a beaucoup de discussions qui doivent se tenir sur la façon dont on finance nos achats de munitions », a-t-il souligné. Le cours des grands primes a légèrement avancé à la suite de cette information…
Le secrétaire au Commerce a décrit les discussions autour de l'industrie de la défense comme « monstrueuses », « il y a une énorme discussion concernant la défense. Lockheed Martin réalise 97% de son chiffre d'affaires grâce au gouvernement américain », a relevé Howard Lutnick, estimant que, « en gros, ils sont un bras du gouvernement américain ». Il a précisé que le ministre de la Défense, Pete Hegseth, et ses équipes, étaient « sur le coup ». Selon les chiffres de FactSet, le fabricant des avions de combat F-35 et missilier réaliserait plutôt environ 75% de son chiffre d'affaires dans la zone Amérique.
« Golden Dome »
Les groupes concernés n'ont pas fait de commentaires. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a depuis minimisé les commentaires d'Howard Lutnick, tout en laissant la porte ouverte à une intervention sélective dans des secteurs stratégiques tels que la construction navale. Certains commentateurs s'interrogeaient sur CNBC sur le risque d'assister à de l'interventionnisme étatique dans la conduite des affaires des industriels consécutivement à une prise de participation capitalistique.
D'autres mettaient en avant des interrogations concernant le système de contractualisation, dit « cost-plus », parfois utilisé entre le Pentagone et les industriels pour les grands programmes. Ces contrats permettent aux entrepreneurs d'être remboursés de tous les coûts associés à un projet, en plus de réaliser un bénéfice garanti, sous forme de montant fixe ou de pourcentage du coût total. En d'autres termes, l'industriel peut demander une rallonge pour couvrir les surcoûts, ce qui peut donner lieu à des dérapages importants. Reste que les deux seront peut-être nécessaires pour réussir un des grands projets qui tient à coeur à Donald Trump, « mobiliser l'industrie et l'innovation américaines pour livrer le premier Golden Dome pour les défenses américaines d'ici la fin de l'année », comme l'explique Lockheed Martin.