Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Groupe technologique historique, IBM a une nouvelle carte à jouer dans le domaine de l'informatique quantique
Notre conseil :
Le rythme de croissance du pôle logiciels ainsi que le potentiel dans l'IA et le quantique apparaissent encore sous-évalués. Nous sommes acheteurs pour viser 310 dollars.
Au coude-à-coude avec Google pour le titre honorifique de « champion mondial de l'informatique quantique », IBM jouit d'une expérience de longue date, menant des travaux dans le domaine depuis plus de quarante ans. Le dinosaure du secteur technologique nord-américain propose, par ailleurs, un écosystème plus complet que son principal concurrent.
A l'avant-garde de l'informatique quantique, IBM a commencé ses recherches en la matière dès les années 1980, après que le physicien Paul Benioff a décrit, pour la première fois, un modèle de calculateur quantique mécanique, jetant les bases des développements ultérieurs. En collaboration avec l'université Stanford, le groupe fondé en 1911 est parvenu à mettre en oeuvre, dès 2001, un algorithme quantique, celui de Shor (conçu pour factoriser des nombres premiers, tâche pour laquelle il offre une accélération exponentielle par rapport aux algorithmes classiques) sur un ordinateur quantique à résonance magnétique nucléaire (RMN) à l'état liquide. Cette expérience a incité de nombreux acteurs à lancer des recherches sur cette technologie longtemps cantonnée aux laboratoires de recherche.
Si une certaine effervescence s'est alors emparée du quantique, IBM est parvenu à maintenir son avance sur la concurrence, en mettant, dès 2016, l'informatique quantique à disposition de ses clients par le biais du cloud. La société active dans le conseil et les logiciels a ensuite battu, en novembre 2022, le record du plus grand système d'informatique quantique (auparavant détenu par Google) avec un processeur contenant 433 qubits. Nommé Osprey, ce dernier permet de réaliser des calculs quantiques toujours plus complexes, même si IBM pointe des défis liés à la simulation d'un tel processeur, rendant difficile son utilisation sur les ordinateurs classiques.
David contre Goliath
Dans la course désormais mondiale à l'informatique quantique, IBM a dévoilé sa feuille de route stratégique en juin dernier. Reposant sur une maîtrise des qubits logiques grâce à la conception d'une nouvelle classe de codes correcteurs d'erreurs, la société a annoncé Quantum Starling, un système tolérant aux pannes prévu pour 2029. Elle envisage également de produire, dès cette année, des processeurs avec plus de 4.000 qubits.
IBM continue en parallèle d'améliorer ses plateformes logicielles, en particulier sa boîte à outils Qiskit SDK, assistant les développeurs dans la création d'algorithmes quantiques. « Google communique davantage mais c'est plutôt IBM qui est en avance et tire le marché », estime Siméon Valdman, du Lab Quantique, selon qui cette dernière a une feuille de route « plus aboutie ». Gérant chez Oddo BHF, Brice Prunas considère également qu'IBM dispose d'une certaine avance sur le plan industriel, jugeant son écosystème « plus mature » que celui de Google. « C'est David contre Goliath », prévient-il néanmoins, pointant la valorisation d'Alphabet, onze fois supérieure à celle d'IBM, et les « moyens colossaux » qui vont avec.
Cette analyse a été élaborée par le "Groupe Les Echos / Le Parisien" et diffusée par Saxo Banque à des fins exclusivement publicitaires. Ce document est un contenu à visée marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement.