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Tentative

Macro
Christopher Dembik

Responsable de l'analyse macro-économique

Depuis environ un mois, le CAC 40 tente de revenir dans le vert (hausse de près de 9% en variation mensuelle). Mais la performance annuelle est toujours négative (chute de 10%). La tentative de rebond est surtout portée par des résultats d’entreprises meilleurs que prévu dans l’ensemble. Mais beaucoup d’analystes redoutent que ce ne soit qu’une parenthèse enchantée avant que les résultats ne chutent lourdement au cours des deux prochains trimestres (sous l’effet combiné des politiques monétaires restrictives et de la récession). Une sorte de chant du cygne, dit autrement. Ce n’est pas improbable. Nous sommes dans des marchés encore très fébriles. Il est évident que le résultat des midterms aux Etats-Unis ne change pas la donne (d’où l'absence de commentaire de notre part). Ce qui va compter à court terme : l’ampleur de la crise énergétique européenne (à ce niveau, on ne peut pas exclure une bonne surprise) et le pivot des banques centrales (nous doutons chez Saxo Banque que cela survienne prochainement).

  • Les oiseaux de mauvais augure finissent toujours par avoir raison. L’économiste Marc Touati annonçait en 2014 (pile au moment où les taux d’intérêt ont commencé à s’affaisser) une baisse des prix de l’immobilier d’environ 10 % d’ici à 2016. Cela ne s’est pas produit, comme tout le monde a pu le constater. Mais l’environnement économique qui a porté à la hausse l’immobilier français fait désormais partie de l’ancien monde. Nous sommes entrés dans un monde de taux durablement élevés (même si les taux réels, qui prennent en compte l’inflation, sont encore historiquement bas) et d’inflation en partie structurelle qui rogne le pouvoir d’achat des ménages. La baisse (qui est déjà amorcée) va s’accentuer dans les mois à venir. C’est quasiment inévitable. En revanche, il faut faire la part des choses. La situation française est spécifique. Il n’y a pas d’éclatement de bulle en perspective. Pour être clair, la France, ce ne sont pas les Etats-Unis. L’ajustement du marché immobilier est très brutal de l’autre côté de l’Atlantique. Selon les données du promoteur immobilier Redfin, plusieurs grandes villes américaines connaissent un effondrement des prix à la vente ces derniers mois. Depuis mai 2022, la chute est de 14% à San José, de 10% à Austin et de 9% à San Francisco. Tout cela, en seulement sept mois ! Pour l’instant, l’éclatement en cours de la bulle touche essentiellement la Californie et le Texas. De telles variations sur un laps de temps si court sont sans commune mesure avec ce qu’on peut anticiper pour la France. A l’inverse des Etats-Unis, il y a au moins deux éléments stabilisateurs en France qui permettent d’éviter un tel scénario noir : les taux d’intérêt fixes et un endettement des ménages comparativement faible (il représente 124 % du revenu net disponible contre une pointe à 249 % au Danemark, par exemple). Tout n’est pas noir.
  • Selon un sondage du 22 octobre dernier réalisé par Opinionway pour le courtier allemand Scalable Capital, près de quatre français sur dix envisagent d’investir en bourse. C’est inédit. Pour autant, il faut avoir conscience des risques à court terme. Les valorisations ont fortement diminué depuis le premier trimestre (baisse du cours du groupe de luxe Hermès de 12 % depuis janvier, par exemple). Mais la baisse n’est peut-être pas encore terminée. Selon nous, deux facteurs vont contribuer à la poursuite de la chute : les politiques monétaires restrictives (qui devraient avoir un effet négatif perceptible sur les résultats d’entreprises au quatrième trimestre de cette année voire au premier trimestre de l’an prochain) et la récession. Nous pourrions donc assister à une baisse des résultats d’entreprises d’environ 15% voire 20% ce qui signifierait certainement que le point bas du S&P 500 (principal indice boursier américain) se situe plus proche des 100 points que des 3700 points actuels. Pour le CAC 40, cela pourrait conduire à une dégringolade vers les 5 400-5500 points. Le risque est réel d’une contre-performance des indices dans les mois à venir. Cela est déjà intégré dans les scénarios des investisseurs institutionnels. En se basant sur le MSCI World (indice qui couvre l’ensemble des marchés actions des pays développés), la baisse anticipée du cours des actions est d’au moins 20% (s’accompagnant d’une contraction des résultats d’entreprises d’au moins 10%). Acheter aujourd’hui en pensant que le point bas est atteint, c’est peut-être hasardeux. En revanche, il est toujours possible de shorter le marché (vendre) dans une perspective court-terme (cela s’apparente à du trading) ou de faire prudemment du stock-picking (il y a encore quelques valeurs qui semblent résister aux vents contraires).

Les résultats d’entreprises continuent avec KBC Group (banque), Genmab (biotechnologie), E.ON (énergie), Adidas, Honda Motor (constructeur automobile), Coupang (commerce en ligne en Corée du Sud), Rivian Automotive (véhicules électriques), Roblox (jeux vidéo), DR Horton (construction) et Trade Desk (marketing programmatique).

Il y a peu de statistiques aujourd’hui. Les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis sont publiés à 16h30. En outre, plusieurs banquiers centraux vont s’exprimer dans la journée : Williams (Réserve Fédérale américaine), Bullock (Banque de Réserve d’Australie), Elderson (Banque Centrale Européenne), Haskel (Banque d’Angleterre), Beermann et Wuermeling (Bundesbank).

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