Le conseil du jour : avoir de faibles attentes Le conseil du jour : avoir de faibles attentes Le conseil du jour : avoir de faibles attentes

Le conseil du jour : avoir de faibles attentes

Macro
Christopher Dembik

Responsable de l'analyse macro-économique

Nous doutons que la Banque Centrale Européenne (BCE) soit en mesure de rassurer les marchés financiers sur la trajectoire de la croissance et de l’inflation dans les mois à venir. Une hausse des taux de 75 points de base sera un signal fort. Mais si l’euro ne se redresse pas durablement dans la foulée face au dollar américain, cela signifiera certainement que les investisseurs ne croient pas à une sortie de crise rapide en zone euro (chez Saxo Banque, nous doutons que l’euro puisse durablement rebondir en l’état actuel de la situation). La réalité, c’est que la BCE a assez peu de marge de manœuvre pour faire face à la crise énergétique. Le sujet est entre les mains du politique (avec la réunion stratégique du 9 septembre prochain des ministres de l’Energie de l’UE). Plusieurs pistes sont sur la table pour améliorer la situation (par exemple un découplage des prix de l’électricité de ceux du gaz, afin de limiter l’appréciation des prix). Cependant, à très court terme, le seul moyen pour éviter la récession ou limiter son ampleur, c’est de mettre en place de coûteux plans de soutien aux entreprises et aux ménages (comme l’a fait l’Allemagne au cours du week-end dernier, par exemple). C’est certainement une fuite en avant. A un certain stade, cela va aboutir à d’importantes hausses de la fiscalité (qui iront bien au-delà de la taxation des superprofits). Mais il n’y a certainement pas de meilleure solution.

  • La situation au Royaume-Uni continue de se tendre du fait de l’envolée du coût de la vie. Cela crée d’importantes interruptions de service dans le transport (qui s’ajoutent aux complexités nouvelles liées au Brexit). Une grève des dockers du port de Liverpool est prévue du 19 septembre au 3 octobre après que des négociations salariales aient échoué. C’est important puisque le port de Liverpool est stratégique pour le commerce maritime transatlantique du Royaume-Uni. D’autres grèves ont eu lieu récemment dans d’autres ports (à Felixstowe, le premier port de conteneurs du pays qui a surtout un tropisme asiatique). Il est probable que les grèves s’enchaînent dans les mois à venir (surtout si les prévisions de hausse de l’inflation proche des 20% se réalisent).
  • S’il y a bien un secteur d’activité qui ne connaît pas la crise, c’est celui des grandes compagnies de conteneurs. Selon les données publiées par Blue Alpha Capital (société d’investissement fondée en 2003), les bénéfices atteignent un niveau record au deuxième trimestre, à 63,7 milliards de dollars (environ 64,3 milliards d’euros au taux de change actuel). Toutes n’ont pas pour autant un parcours boursier récent sans fautes. ZIM (société en Israël) a vu le cours de son action chuter de 43% depuis le début de l’année (surtout en raison de la baisse du coût du transport international, qui est toutefois relative). Il y a eu aussi d’importantes prises de bénéfices après une année 2021 sans pareil.
  • Au niveau du segment des small-caps (petites capitalisations), il y a toujours de belles valeurs (dans le cadre d’une stratégie de stock-picking). Aubay France (qui est spécialisé dans la transformation digitale et l’industrialisation de l’IT) a souffert de l’aversion au risque en début d’année. Le cours de son action est en repli de 23% depuis le 1er janvier 2022. Mais les fondamentaux sont solides et le groupe est en mesure de gagner de nouvelles parts de marché dans les mois et les années à venir. Il faut certainement s’y intéresser de plus près (le titre est liquide avec une valorisation de 641 millions d’euros – c’est un point important).

Les résultats d’entreprises continuent avec Sun Hung Kai Properties (immobilier coté à Hong Kong) Sekisui House (constructeur japonais spécialisé dans les appartements préfabriqués et les villas familiale), Zscaler (sécurité cloud), et DocuSign (signature électronique).

Le marché est unanime sur le fait que la BCE va devoir agir agressivement aujourd’hui (et certainement dans les prochains mois, même si la situation sur le front économique se dégrade). Voici au moins cinq raisons : 1) l’inflation est très élevée et ce n’est pas uniquement au niveau des prix de l’énergie. L’inflation sous-jacente est à 4,3% et elle devrait continuer d’augmenter ; 2) les attentes d’inflation sont en forte hausse. En l’espace de seulement huit petits mois, les attentes d’inflation pour 2023 (mesurées par Bloomberg auprès des acteurs de marché) sont passées de 1,5% à 4,2% ; 3) l’économie est en phase de ralentissement mais tout n’est pas négatif. Le crédit à la consommation en zone euro continue de croître (ce qui suggère que la politique monétaire est encore trop souple) tandis que le marché de l’emploi reste robuste (certes, c’est un indicateur en retard par rapport au cycle économique) ; et 4) une grande partie du surplus d’inflation est lié à la baisse de l’euro (en particulier face au dollar américain). Il faudra que la BCE monte très fortement ses taux pour convaincre les marchés qu’elle est en mesure de freiner la baisse de la monnaie unique. Une hausse de 75 points de base ne sera pas suffisante, c’est évident.

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