Douloureux Douloureux Douloureux

Douloureux

Macro
Christopher Dembik

Responsable de l'analyse macro-économique

Pour nous, le potentiel de rebond des indices européens (et en particulier du CAC 40) est limité en raison de la crise énergétique européenne. Même si celle-ci sera peut-être un peu moins aiguë qu’initialement anticipé, elle devrait contribuer fortement à la dégradation économique à venir. Dans beaucoup de pays, les responsables politiques n’ont pas été à la hauteur. Ils continuent de privilégier les solutions magiques comme une limite sur les prix ou encore la sobriété heureuse alors qu’il faut absolument revoir notre mix énergétique. L’inflation via l’énergie reste toujours un casse-tête du point de vue de la politique monétaire. Nous nous attendons à ce que la Banque Centrale Européenne augmente son taux directeur de 75 points de base la semaine prochaine et annonce d’autres hausses à venir (cela correspond au consensus des analystes). Le débat concernant le QT (pour Quantitative Tightening) devrait débuter mais une décision finale ne devrait être prise qu’en décembre prochain. Il devrait également y avoir quelques discussions plus techniques afin d’encourager les banques à rembourser en avance les sommes au titre du TLTRO - pour opérations de refinancement à très long terme dans des conditions ultra-favorables (mais cela n’aura aucun impact sensible sur les marchés financiers).

  • Le Royaume-Uni a décidément tout d’un pays émergent. Le Premier ministre Liz Truss, acculée par son propre parti, a été contrainte de démissionner hier. Elle est restée en poste seulement 45 jours. Il va sans dire que c’est le plus court mandat dans l’histoire britannique. Elle est restée plus longtemps en campagne pour devenir premier ministre qu’en poste. Son successeur devrait être annoncé d’ici la fin de la semaine prochaine au sein du parti conservateur. Pour l’instant, l’hypothèse d’élections générales est exclue (ce serait un échec cuisant pour les Conservateurs). Mais étant donné la situation sur place, on ne peut rien exclure. Nous restons toujours prudemment à l’écart des actifs britanniques (il est évident que les pressions baissières sur la livre sterling ont toutes les chances de s’accentuer).
  • La Réserve Fédérale américaine (Fed) ne va pas changer son fusil d’épaule de sitôt (malgré les craintes de ralentissement économique exprimées dans le Beige Book publié mercredi soir). Plusieurs membres du FOMC ont confirmé la nécessité de continuer le processus de durcissement monétaire en cours. James Bullard (président de la Réserve Fédérale de Saint Louis) et Neel Kashkari (président de la Réserve Fédérale de Minneapolis) ont indiqué que la hausse des prix est toujours préoccupante. Bullard s’attend à ce que le processus de durcissement s’arrête au début de l’année prochaine (c’est en ligne avec les attentes du marché). Mais il n’anticipe pas de pivot de la politique monétaire (les taux vont rester élevés pour longtemps, selon lui). Kashkari (membre votant en 2023) va dans son sens. Il considère que les pressions à la hausse sur les prix subsistent, y compris sur le marché de l’emploi et que le risque est plus élevé que la Fed ne fasse pas assez pour lutter contre l'inflation qu'elle ne fasse trop (c’est également notre vision chez Saxo Banque). Il est acquis que la Fed va certainement augmenter son taux directeur de 75 points de base début novembre. Ce n’est qu’un début.
  • Les banques centrales n’ont pas encore toutes repris le contrôle du marché obligataire (c’est en revanche le cas en Europe). Hier matin, la Banque du Japon a dû intervenir en urgence sur le marché obligataire, via des rachats d’obligations non programmées, afin de maintenir sa politique de ciblage de la courbe des taux. Cela est intervenu alors que le taux à 10 ans du Japon a dépassé le seuil fixé par les autorités à 0,25%. Afin d’atténuer la hausse des taux, la banque centrale va racheter en plusieurs fois près de 250 milliards de yens (environ 1,7 milliard d’euros) sur des échéances supérieures à 5 ans. Cette politique de contrôle de la courbe des taux est très critiquée car elle a pour effet néfaste d’affaiblir le yen japonais dans un environnement où les taux montent inexorablement au niveau mondial. Beaucoup d’experts (et c’est également notre cas) anticipent que le Japon devra tôt ou tard faire un choix entre maintien des taux sous perfusion et soutien au yen japonais. Les deux objectifs sont incompatibles en l’état actuel des choses.

Les résultats d’entreprises continuent avec CATL (entreprise de haute technologie chinoise), American Express, Schlumberger (services pétroliers), Verizon Communications (télécommunications), HCA Healthcare (plus grand groupe hospitalier privé au niveau mondial) et Sika (leader mondial de l’étanchéité). Pour l’instant, il y a du bon et du mauvais. Certaines entreprises ont indiqué que leurs résultats ont été pénalisés par les fluctuations des taux de change. C’est nouveau. C’est notamment le cas de Johnson & Johnson qui a également indiqué se préparer à des licenciements en 2023 (mais dans des proportions faibles). Il est probable que l’année prochaine soit celle des licenciements dans beaucoup de secteurs d’activité (en lien avec le ralentissement économique voire la récession dans certaines régions). Au niveau de l’agenda économique, l’attention se portera sur le Sommet des dirigeants de l’UE (l’énergie est le point de discussion central encore une fois) et sur les ventes au détail au Canada (estimation pour le mois d’août). Nous restons sur des marchés techniques (faute d’indicateurs majeurs).

Retrouvez l’édito hebdomadaire de Saxo Banque sur BFM Business : ‘C’est un peu facile d’appeler à augmenter les salaires !’.

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