Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Responsable de la Stratégie Investissement
La rencontre Trump–Xi cette semaine n’est pas seulement un événement diplomatique. C’est un événement de marché qui se situe à l’intersection de la guerre en Iran, des prix du pétrole, de l’inflation, du commerce, des terres rares, des semi-conducteurs et des chaînes d’approvisionnement de l’IA.
La question de marché la plus importante est de savoir si les États-Unis et la Chine peuvent réduire le choc pétrolier lié à l’Iran sans rouvrir un choc commercial et technologique plus large.
Un résultat constructif pourrait soutenir les actifs risqués, en particulier les actions asiatiques, les valeurs cycliques, les compagnies aériennes, le secteur du voyage, certains titres chinois/HK et les actions liées à la chaîne d’approvisionnement de l’IA. Un résultat défavorable pourrait maintenir le pétrole à des niveaux élevés, soutenir le dollar américain et l’or, et peser sur le sentiment de risque.
Les investisseurs devraient éviter de considérer le sommet comme une opération unique à tout ou rien. Une approche plus équilibrée consiste à conserver une exposition aux thèmes de croissance structurelle, à maintenir des couvertures contre les risques géopolitiques et l’inflation, et à surveiller les opportunités tactiques si la diplomatie réduit la prime de guerre.
Le président américain Donald Trump doit rencontrer le président chinois Xi Jinping à Pékin les 14 et 15 mai, dans l’un des principaux événements géopolitiques et de marché de la semaine.
Avant cela, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent devrait rencontrer le vice-Premier ministre chinois He Lifeng à Séoul les 12 et 13 mai afin de réduire le programme économique, notamment les prolongations de la trêve commerciale, l’approvisionnement en terres rares et d’éventuels achats de biens américains.
Cette séquence est importante. Si les questions économiques sont en partie réglées en amont, Trump et Xi peuvent se concentrer sur les grandes questions stratégiques : l’Iran, les flux pétroliers via le détroit d’Ormuz, Taïwan, les contrôles technologiques et l’orientation des relations sino-américaines.
La guerre en Iran a remis le pétrole au centre du débat macroéconomique. La hausse du pétrole accroît le risque d’inflation, pèse sur les consommateurs et rend les banques centrales plus prudentes.
C’est pourquoi cette rencontre est importante. Les États-Unis veulent que la Chine utilise son influence auprès de Téhéran, tandis que la Chine veut des flux énergétiques stables et des routes maritimes ouvertes. Le sommet ne mettra peut-être pas fin à la guerre, mais il pourrait changer la manière dont les marchés évaluent la prime de risque liée à la guerre dans le pétrole, le commerce, les terres rares et les semi-conducteurs.
L’Iran sera probablement le sujet le plus urgent.
Les États-Unis voudront que la Chine utilise son influence auprès de Téhéran, d’autant plus que la Chine est un important acheteur de pétrole iranien. La Chine, de son côté, souhaite la sécurité énergétique et la stabilité des routes maritimes, mais il est peu probable qu’elle donne l’impression d’agir sous instruction américaine.
Cela signifie que le résultat le plus probable n’est pas un accord public spectaculaire, mais un signal plus subtil : les deux parties pourraient convenir de la nécessité d’éviter une nouvelle escalade, de maintenir les routes maritimes ouvertes et de soutenir une voie diplomatique.
Cela aurait néanmoins un impact pour les marchés. Si la Chine est perçue comme contribuant à maintenir les flux pétroliers, le pétrole brut pourrait perdre une partie de sa prime de guerre. Si la réunion tourne à un échange de reproches sur l’Iran, le pétrole pourrait rester soutenu et les actions pourraient souffrir.
Le commerce sera également à l’ordre du jour.
Les investisseurs ne s’attendent pas à une suppression immédiate des droits de douane. La vraie question est de savoir si les deux parties évitent une nouvelle escalade. Une prolongation de la trêve, davantage de dialogue ou des engagements d’achats de biens américains pourraient suffire à soutenir le sentiment.
Les marchés n’ont pas besoin de perfection ici. Ils ont besoin de prévisibilité.
Un climat commercial sino-américain plus calme soutiendrait les valeurs cycliques mondiales, les exportateurs asiatiques, les valeurs industrielles et les actions chinoises/HK. Un ton plus hostile raviverait les craintes selon lesquelles la guerre en Iran n’est plus seulement un choc énergétique, mais fait partie d’un récit plus large de fragmentation géopolitique.
Cela pourrait être le sujet de marché le plus important après le pétrole.
La Chine contrôle une grande part du raffinage des terres rares, essentielles pour les véhicules électriques, la défense, l’aérospatiale, la robotique, les équipements électriques et une partie de la chaîne technologique. Les États-Unis, eux, contrôlent l’accès aux technologies avancées de semi-conducteurs et aux puces d’IA.
Cela crée une situation de négociation difficile. La Chine veut un assouplissement des restrictions technologiques américaines. Les États-Unis veulent l’assurance que les minéraux critiques continueront de circuler.
Pour les investisseurs, il s’agit de confiance dans les chaînes d’approvisionnement. Si la réunion réduit les tensions sur les terres rares et les puces, cela pourrait soutenir les semi-conducteurs, l’automobile, l’aérospatiale, l’industrie et certains acteurs de l’infrastructure IA. Si les tensions augmentent, les marchés pourraient intégrer davantage de perturbations d’approvisionnement et des coûts plus élevés.
L’IA n’est plus seulement un thème de croissance. C’est désormais un thème de sécurité nationale.
La relation sino-américaine façonnera l’avenir du matériel IA, des infrastructures cloud, des centres de données, des semi-conducteurs, de la fabrication avancée et de la cybersécurité. Toute discussion sur la gouvernance de l’IA, les contrôles à l’exportation ou les garde-fous technologiques pourrait influencer le sentiment sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA.
Taïwan restera un sujet sensible, car Pékin s’inquiète des ventes d’armes américaines à l’île autonome et pourrait chercher un langage américain plus ferme contre l’indépendance de Taïwan, tandis que Taipei rejette les revendications de Pékin et cherche une reconnaissance internationale accrue.
Pour les marchés, Taïwan est central dans les semi-conducteurs. Toute baisse des tensions pourrait soutenir les actions technologiques mondiales.
Les deux dirigeants évitent une confrontation majeure. Ils conviennent que les flux énergétiques doivent se normaliser, que le dialogue commercial doit se poursuivre et que les chaînes d’approvisionnement doivent rester ouvertes. Il n’y a pas de percée formelle sur l’Iran, mais le ton est suffisamment stable pour apaiser les marchés.
Réaction probable des marchés :
Ce serait un résultat positif, mais pas un véritable rééquilibrage du risque. Les investisseurs devraient encore surveiller le pétrole, les données d’inflation et les messages des banques centrales.
C’est le scénario haussier.
La Chine soutient discrètement une voie diplomatique qui aide à réduire la pression autour du détroit d’Ormuz. Les marchés pétroliers commencent à intégrer un risque de perturbation plus faible. Les États-Unis et la Chine évitent également une nouvelle escalade commerciale ou technologique.
Réaction probable des marchés :
Ce serait le scénario le plus favorable au “risk-on”. Il soutiendrait l’idée que le choc géopolitique devient plus maîtrisable.
C’est le scénario d’aversion au risque.
Les États-Unis font pression sur la Chine concernant ses achats de pétrole iranien. La Chine refuse d’être perçue comme exerçant des pressions sur Téhéran. Taïwan, les semi-conducteurs et les terres rares deviennent des sources de désaccord plutôt que de compromis.
Réaction probable des marchés :
Ce serait le scénario le plus difficile pour les investisseurs, car il combinerait deux chocs : un choc pétrolier et un choc sur les chaînes d’approvisionnement.
L’enjeu n’est pas de tout miser sur un seul scénario politique. La semaine est fortement dominée par l’actualité, avec l’Iran, la diplomatie États-Unis–Chine, les données d’inflation et les résultats d’entreprises qui évoluent simultanément.
Une approche plus équilibrée peut avoir du sens.
L’IA reste l’un des thèmes structurels les plus forts du marché. La saison des résultats a confirmé que les entreprises liées à l’infrastructure IA, aux semi-conducteurs, à la mémoire, aux réseaux, à l’énergie et aux centres de données continuent de bénéficier d’une demande solide.
Une rencontre constructive entre Trump et Xi pourrait soutenir ce thème en réduisant l’incertitude sur les chaînes d’approvisionnement. Mais les investisseurs doivent éviter de supposer que toutes les valeurs liées à l’IA en bénéficient de la même manière. Le marché devient plus sélectif, récompensant les entreprises capables de générer de vrais revenus, du pouvoir de fixation des prix et de la visibilité.
Le risque est qu’une nouvelle tension technologique entre les États-Unis et la Chine affecte rapidement le sentiment de marché, surtout après les fortes hausses des semi-conducteurs et des infrastructures IA.
Tant que le risque autour du détroit d’Ormuz n’est pas réellement résolu, le pétrole et l’or restent des indicateurs importants pour les marchés.
L’exposition à l’énergie peut servir de couverture contre un choc pétrolier persistant, mais elle doit être calibrée avec prudence. Si la diplomatie fonctionne, le pétrole pourrait chuter rapidement et les valeurs énergétiques pourraient perdre une partie de leurs gains. L’or peut aider en période de tension géopolitique, mais des rendements réels élevés et un dollar fort peuvent limiter son potentiel de hausse.
Il ne s’agit pas de se retirer des marchés, mais de reconnaître que les chocs inflationnistes peuvent modifier les corrélations et rendre la diversification traditionnelle moins fiable.
Un sommet constructif pourrait soutenir les actions chinoises et hongkongaises, les exportateurs asiatiques, l’industrie, l’automobile et les valeurs de consommation. Le soulagement pourrait être plus fort si le pétrole baisse en parallèle, car des prix de l’énergie plus faibles allègeraient la pression sur les marges, les consommateurs et les banques centrales.
La Corée et Taïwan restent des éléments importants de l’histoire de l’IA en Asie, mais tous deux sont sensibles à l’issue de la réunion. Un résultat constructif pourrait soutenir Taïwan via une baisse du risque géopolitique autour des semi-conducteurs et des chaînes d’approvisionnement, tandis que la Corée pourrait bénéficier d’une meilleure confiance dans la demande de mémoire, l’automobile, les batteries et le commerce mondial.
À l’inverse, un mauvais résultat aurait l’effet opposé : Taïwan pourrait faire face à de nouvelles inquiétudes sur les semi-conducteurs et le risque géopolitique, tandis que la Corée pourrait souffrir d’un sentiment commercial plus faible, de coûts d’intrants plus élevés et d’une prudence cyclique accrue. Un bon sommet peut améliorer le sentiment sur la Chine et Hong Kong, mais il ne résout pas automatiquement les problèmes structurels de la Chine (immobilier, consommation, confiance).
Si le pétrole baisse après la réunion, les marchés importateurs comme le Japon, l’Inde et certaines parties de l’Asie du Sud-Est pourraient en bénéficier. Les compagnies aériennes, le tourisme, la logistique et les secteurs liés à la consommation pourraient également en profiter.
En revanche, si le pétrole reste élevé, ces mêmes économies restent vulnérables. Des coûts énergétiques plus élevés peuvent peser sur les marges, réduire la consommation et maintenir des anticipations d’inflation élevées.
La réaction des marchés peut changer rapidement au fil des détails. Une photo positive peut soutenir le sentiment pendant quelques heures, mais les investisseurs chercheront à voir si les routes maritimes, les flux pétroliers, les contrôles à l’exportation et le ton commercial s’améliorent réellement.
Le premier mouvement n’est pas forcément le mouvement final.
La rencontre Trump–Xi ne mettra peut-être pas fin à la guerre en Iran, mais elle pourrait influencer la manière dont les marchés évaluent ce conflit.
Un résultat constructif réduirait une partie de la prime de risque sur le pétrole, soutiendrait l’Asie et les secteurs cycliques, et améliorerait le sentiment sur les chaînes d’approvisionnement liées à l’IA. Un mauvais résultat maintiendrait des risques d’inflation élevés et transformerait la guerre en Iran d’un choc énergétique régional en un choc stratégique plus large entre les États-Unis et la Chine.
Pour les investisseurs, la bonne approche est l’équilibre : rester exposé aux gagnants structurels, conserver une protection contre les chocs pétroliers et inflationnistes, et rester prêt à saisir des opportunités tactiques si la diplomatie réduit la prime de risque.
Ce n’est pas une semaine pour être entièrement “risk-on” ou entièrement défensif. C’est une semaine pour rester flexible, surveiller les signaux et éviter de laisser un seul titre de presse dicter l’ensemble du portefeuille.
Ce contenu est un support marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. Le trading d’instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.
Le ou les instruments mentionnés dans ce contenu peuvent être émis par un partenaire auprès duquel Saxo reçoit des frais promotionnels, des paiements ou des rétrocessions. Bien que Saxo puisse percevoir une compensation dans le cadre de ces partenariats, tout le contenu est créé dans le but de fournir aux clients des informations et des options utiles.