Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Investment Analyst
Un cessez-le-feu de 15 jours entre les États-Unis et l’Iran a été obtenu in extremis, avec une réouverture partielle du détroit d’Ormuz sous conditions. Les marchés réagissent fortement avec une hausse des actions et une chute du pétrole.
Le mouvement est surtout porté par la baisse du risque géopolitique et du pétrole, ce qui améliore les perspectives d’inflation et soutient les secteurs cycliques, tandis que les pétrolières corrigent.
Le marché intègre un scénario très optimiste, mais plusieurs fragilités restent majeures : ouverture d’Ormuz conditionnelle, tensions persistantes Israël–Liban, autonomie des Gardiens de la Révolution et demandes iraniennes très élevées.
Les 15 prochains jours sont un test clé avec les négociations d’Islamabad : soit confirmation de la désescalade, soit retour rapide de la volatilité si les flux pétroliers ne se normalisent pas ou si un incident militaire survient.
À quelques minutes du délai ultime imposé par Donald Trump, les États-Unis et l'Iran ont conclu mardi soir un cessez-le-feu de deux semaines, négocié sous l'égide du Pakistan. Le Détroit d'Ormuz, artère vitale l'offre pétrolière mondiale, sera partiellement rouvert. Les marchés ont répondu avec force : le CAC 40 s'envole de près de 4 %, le DAX de 4,5%, l’indice coréen (KOSPI) de 7,5% et le pétrole dévisse de plus de 15 %. Le soulagement est réel mais la prudence s'impose.
La réaction des marchés est immédiate et cohérente dans sa logique. La détente des prix du pétrole réduit mécaniquement les anticipations d’inflation, ce qui desserre la contrainte sur les banques centrales. Le scénario implicite est clair : moins d’inflation, moins de pression sur les taux, et donc un soutien aux actifs risqués.
Les indices rebondissent nettement, portés par les secteurs les plus sensibles au cycle et au risque géopolitique. L’aéronautique, pénalisée depuis cinq semaines par la flambée du carburant et la chute du trafic, se redresse fortement. Les banques progressent, traduisant un retour de l’appétit pour le risque, tandis que les compagnies aériennes s’envolent. À l’inverse, les valeurs pétrolières reculent mécaniquement avec la baisse du brut.
L’or, lui, envoie un signal plus nuancé : sa progression montre que si le choc inflationniste immédiat s’atténue, l’incertitude sur l’issue des négociations reste bien présente.
Points de fragilité :
En résumé, si le cessez-le-feu est rompu ou si les navires ne franchissent pas rapidement le détroit d’Ormuz, le sentiment du marché pourrait se retourner. Les négociations d'Islamabad du 10 avril constitueront le premier test de résistance de l'accord. Trois trajectoires se dessinent, avec des implications radicalement différentes pour les portefeuilles.
Les 3 chemins des quinze prochains jours
Dans ce contexte, les secteurs les plus cycliques corrigent fortement.
L’aéronautique et le transport aérien souffrent immédiatement de la hausse du kérosène et de la dégradation du trafic. Les gains récents sont effacés rapidement, voire amplifiés à la baisse en cas de choc prolongé.
Les banques subissent un double effet négatif : élargissement des spreads de crédit et retour des craintes de ralentissement économique. Les marchés réévaluent le risque systémique, ce qui pèse sur les valorisations.
Les industries et matériaux voient leurs coûts énergétiques repartir à la hausse, ce qui compresse les marges et retarde toute reprise cyclique.
Le luxe est pénalisé par la dégradation du sentiment des ménages et la perturbation des flux touristiques internationaux, notamment en provenance d’Asie.
Les pétrolières deviennent en revanche les grands bénéficiaires de ce scénario, avec un Brent potentiellement au-dessus des niveaux actuels, soutenant fortement cash-flows et valorisations.
Enfin, sur le marché des changes, le dollar redevient la valeur refuge dominante, entraînant une appréciation rapide face à l’euro et un retour de l’EUR/USD vers des niveaux plus faibles.
Le cessez-le-feu de deux semaines est un événement géopolitique majeur qui met fin à cinq semaines de pression extrême sur les actifs risqués. Le soulagement des marchés est légitime dans son principe, mais son ampleur — plus de 4 % sur le CAC 40 et le DAX en une seule séance — suppose une probabilité d'accord durable que les faits ne valident pas encore entièrement. Les négociations d'Islamabad du 10 avril seront le premier test de résistance réel de cette architecture diplomatique fragile.
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