Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
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Alphabet affiche désormais des revenus liés à l’intelligence artificielle plus tangibles, mais l’envolée des dépenses laisse moins de place à l’erreur.
Le rebond des ventes de Tesla compte moins à mesure que ses marges se contractent et que ses projets d’avenir en sont encore à leurs débuts.
Les investisseurs peuvent évaluer les ambitions d’une entreprise en suivant l’évolution du chiffre d’affaires, des flux de trésorerie et des étapes concrètement franchies.
Alphabet, la maison mère de Google, et Tesla ont publié leurs résultats du deuxième trimestre le 22 juillet 2026 avec un point commun frappant. Les deux entreprises investissent massivement pour bâtir un avenir porté par l’intelligence artificielle, tout en comptant sur leurs activités historiques pour financer cette transition.
Les deux groupes ont annoncé des nouvelles encourageantes. L’activité cloud d’Alphabet a fortement accéléré, tandis que Tesla a livré davantage de véhicules et enregistré un chiffre d’affaires supérieur aux attentes. Pourtant, les deux titres ont reculé après la publication des résultats.
Le véritable point commun ne réside pas seulement dans le coût élevé de l’intelligence artificielle. Le marché exige désormais des preuves plus concrètes que ces dépenses se traduisent par une croissance rentable. L’ambition reste essentielle, mais les résultats concrets comptent davantage.
Alphabet prévoit d’investir jusqu’à 205 milliards de dollars cette année, principalement dans des centres de données, des puces et des équipements informatiques. L’entreprise peut déjà montrer que cette nouvelle capacité est utilisée par ses clients.
Google Cloud a enregistré une croissance exceptionnellement rapide, est devenu plus rentable et a terminé le trimestre avec un important carnet de commandes. Il s’agit de revenus déjà contractualisés avec les clients, mais qui n’ont pas encore été comptabilisés par Alphabet. Les revenus publicitaires du moteur de recherche sont eux aussi restés solides, ce qui suggère que les fonctionnalités d’intelligence artificielle soutiennent toujours le cœur d’activité de Google.
Le marché a toutefois réagi avec prudence, car Alphabet a relevé ses prévisions de dépenses et publié un flux de trésorerie disponible négatif. Il s’agit de l’argent restant après les dépenses d’exploitation et les investissements de long terme. Les investisseurs ont constaté une demande robuste, mais aussi rappelé que même une machine à générer des liquidités peut voir sa facture d’électricité exploser.
Tesla a présenté une version bien moins convaincante de cette même histoire. Les livraisons de véhicules et le chiffre d’affaires se sont redressés, mais les bénéfices ont reculé, car les baisses de prix, les incitations commerciales et la hausse des coûts ont absorbé une grande partie de ces gains. Les dépenses d’investissement ont fortement augmenté, faisant replonger le flux de trésorerie disponible en territoire négatif.
Tesla investit dans son logiciel Full Self-Driving, les robotaxis, le Cybercab et les robots humanoïdes Optimus. Les abonnements logiciels progressent, ce qui constitue un premier signe encourageant. Toutefois, les voitures génèrent encore l’essentiel du chiffre d’affaires, tandis que les nouveaux projets restent de taille modeste ou n’en sont qu’au stade de précommercialisation. Alphabet peut déjà présenter des résultats tangibles. Tesla montre encore surtout ses plans.Alphabet peut commercialiser de la capacité informatique via son cloud et intégrer de nouvelles fonctionnalités d’intelligence artificielle dans des produits déjà utilisés à très grande échelle.
Tesla, de son côté, cherche à faire entrer l’intelligence artificielle dans le monde réel. Cela implique des usines, des véhicules, des batteries, des capteurs, des tests de sécurité et des autorisations réglementaires. Une mise à jour logicielle peut être déployée instantanément auprès de millions d’utilisateurs. Un robotaxi, lui, a toujours besoin d’une route, d’une autorisation de circuler et d’un système capable d’éviter les obstacles de manière fiable.
Les investissements d’Alphabet peuvent donc générer des revenus relativement rapidement. Les projets de Tesla pourraient mettre davantage de temps à porter leurs fruits, car l’industrie manufacturière et les contraintes réglementaires évoluent plus lentement que les logiciels.
Les conséquences pour l’ensemble du secteur sont considérables. Alphabet stimule la demande en puces, en équipements pour centres de données, en réseaux électriques et en systèmes de refroidissement, tout en poussant Microsoft, Meta et Amazon à continuer d’investir. Tesla soutient quant à lui les secteurs des batteries, de la robotique et de l’automatisation industrielle. En revanche, la pression sur ses marges rappelle qu’une hausse des ventes de véhicules électriques ne se traduit pas automatiquement par une hausse des bénéfices.
Les deux entreprises rénovent leur maison tout en continuant à y vivre. Alphabet s’appuie sur son moteur de recherche et la publicité pour financer ses infrastructures cloud. Tesla compte principalement sur ses activités automobiles et de stockage d’énergie pour financer la conduite autonome et la robotique. Dans les deux cas, le moteur historique doit continuer à tourner.
Alphabet pourrait développer ses capacités plus rapidement que ses clients ne sont capables de les utiliser, tandis que l’intelligence artificielle pourrait encore bouleverser l’économie du moteur de recherche. Les signaux d’alerte incluent un ralentissement de la conversion du carnet de commandes en revenus, une dégradation des marges du cloud ou un flux de trésorerie disponible négatif qui perdure.
L’activité automobile de Tesla pourrait perdre son pouvoir de fixation des prix, tandis que les étapes clés liées aux robotaxis et à la robotique pourraient prendre du retard. Des baisses de prix supplémentaires, une diminution des marges automobiles ou une hausse des dépenses sans revenus récurrents creuseraient l’écart entre le discours et les preuves concrètes. Les deux entreprises font également face à une forte concurrence et à des contraintes réglementaires.
Distinguez le moteur de résultats actuel des projets futurs et évaluez les preuves concrètes disponibles pour chacun d’eux.
Suivez la conversion : du carnet de commandes cloud en revenus, et de l’usage des logiciels ou des robotaxis de Tesla en revenus récurrents.
Surveillez les marges et le flux de trésorerie disponible en parallèle de la croissance. Des ventes obtenues grâce à des remises peuvent représenter une croissance coûteuse.
Adaptez la taille de vos positions au niveau de preuve disponible, et non à l’ampleur de la promesse.
Alphabet et Tesla présentent toutes deux aujourd’hui la facture du futur, mais avec des modalités de paiement différentes. Google peut s’appuyer sur une activité cloud en forte croissance et rentable, ainsi que sur un moteur de recherche qui continue de financer ses investissements. Tesla peut mettre en avant le redressement de la demande automobile et la progression des abonnements logiciels, mais une grande partie de la valeur promise reste encore absente du compte de résultat actuel.
Cela ne signifie pas que l’avenir de Google est garanti ou que celui de Tesla est impossible. Cela signifie que les preuves concrètes deviennent plus importantes. Pour les investisseurs, la bonne habitude consiste à suivre, trimestre après trimestre, le lien entre les dépenses engagées et les revenus générés. L’ambition ouvre la porte. Le chiffre d’affaires, les marges et la trésorerie déterminent si l’avenir peut réellement être financé.
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