Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Saxo Group
L'éditeur de logiciels spécialisé dans les bases de données, reconverti en fournisseur de puissance de calcul pour les charges de travail liées à l'IA, a annoncé 70 milliards de dollars d'investissements pour l'exercice en cours, un montant (encore) en nette hausse séquentielle. Oracle prévoit ainsi de lever quelque 40 milliards via une émission obligataire ainsi qu'une émission d'actions.
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
Le titre reste relativement cher, et ce alors qu'Oracle va continuer à afficher des flux de trésorerie négatifs sur les prochains exercices. La concentration de ses clients pour son infrastructure IA constitue par ailleurs un risque. Nous pensons qu’il vaut mieux rester à l’écart du dossier voire de vendre les titres pour ceux qui en possèdent.
Le pied sur l'accélérateur et aucune intention de ralentir. Voilà, en creux, le message délivré par les dirigeants d'Oracle en marge de la publication correspondant aux trois derniers mois de l'exercice fiscal décalé de l'éditeur de logiciels, recentré sur la fourniture de puissance de calcul pour l'IA. Sur le trimestre clos le 31 mai, les dépenses d'investissement ont ainsi atteint 16,5 milliards, portant à 55,7 milliards le montant investi sur les douze derniers mois, soit bien au-delà de la prévision fournie par Oracle (50 milliards). Et pour l'exercice entamé le 1er juin, le groupe basé à Austin (Texas) cible environ 70 milliards d'investissements, a indiqué la directrice financière Hilary Maxson lors d'une conférence téléphonique après la publication. Le montant déclaré sera « de 20 à 25 milliards plus élevé » en raison du paiement anticipé de certains composants, a-t-elle ajouté.
638 milliards de commandes
Scrutées par le marché, ces dépenses inquiètent, d'autant que le retour sur investissement demeure, sinon incertain, a minima lointain. Afin de financer la construction de centres de données gigantesques, Oracle a levé près de 50 milliards de dollars lors de l'exercice écoulé et indique vouloir en lever 40 supplémentaires sur 2027, répartis équitablement entre dette et fonds propres. La société dirigée par Larry Ellison procédera dans un premier temps à une vente d'actions sur le marché pour 20 milliards de dollars et a précisé qu'elle ne prévoyait pas de lever de la dette au cours de l'année civile, ce qui signifie que l'émission obligataire interviendra dans les cinq premiers mois de l'année prochaine. Un élément qui a quelque peu rassuré le marché obligataire, le prix des CDS (produits dérivés permettant de s'assurer contre un défaut de paiement) adossés à Oracle ayant sensiblement baissé en réaction à cette annonce. Rappelons que la société a accumulé près de 120 milliards de dettes obligataires, ce qui en fait le plus grand émetteur en excluant le secteur financier.
Côté opérationnel, le dernier trimestre fiscal de l'exercice 2026 d'Oracle s'est révélé légèrement plus dynamique que prévu, avec un chiffre d'affaires en hausse de 21% à 19,2 milliards pour un bénéfice, hors éléments non-récurrents, de 2,11 dollars par action - quand les analystes tablaient en moyenne respectivement sur 19,1 milliards et 1,97 dollar. Les ventes de l'activité d'infrastructure cloud, segment comptabilisant les revenus tirés des centres de données, ont bondi de 93% pour atteindre 5,8 milliards de dollars. Quant aux obligations de performance restantes, une mesure des réservations, elles s'élèvent à 638 milliards à la fin du trimestre. Oracle affiche, en revanche, un flux de trésorerie disponible négatif à hauteur de 23,7 milliards sur l'exercice écoulé.