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Le retour des obligations : quel impact des taux plus élevés pour les investisseurs ?

Macro 6 minutes de lecture
Avertissement : Ce contenu constitue une communication marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. Investir dans des instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

À retenir :

  • Les rendements obligataires ont fortement augmenté, ce qui redonne de l’intérêt aux placements à revenu fixe pour les investisseurs à la recherche de revenus, de diversification ou de davantage de stabilité au sein de leur portefeuille.
  • Avec le retour de rendements plus élevés, les obligations retrouvent leur place dans le radar des investisseurs. Leur rôle au sein d’un portefeuille dépend notamment de l’étape de vie de l’investisseur, de ses besoins en revenus et de sa capacité à supporter les risques liés aux taux d’intérêt et à l’inflation.
  • Des taux plus élevés ne signifient toutefois pas qu’il faille se précipiter sur les obligations à longue échéance. L’inflation, les prix du pétrole, les dépenses publiques et un éventuel nouveau durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale pourraient maintenir les taux à des niveaux élevés, voire les pousser davantage à la hausse.


 

Pourquoi les obligations reviennent sur le devant de la scène

Les rendements obligataires ont de nouveau fortement progressé, remettant les placements à revenu fixe au premier plan des préoccupations des investisseurs.

Pendant une grande partie de la dernière décennie, les obligations ont offert des rendements relativement modestes. Pour espérer obtenir un revenu plus attractif, les investisseurs devaient souvent accepter davantage de risque en actions, se tourner vers des obligations de moindre qualité ou rechercher d’autres sources de rendement. Cet équilibre a aujourd’hui changé.

Le rendement de l’emprunt d’État américain à dix ans a de nouveau dépassé les 5 % à la suite d’une nouvelle vague de ventes sur les marchés obligataires mondiaux. Dans le même temps, la Réserve fédérale a relevé ses taux directeurs à 3,75 % - 4,00 %, une première depuis plus de trois ans, tout en indiquant que l’inflation restait un sujet de préoccupation et que de nouvelles hausses de taux demeuraient possibles. La hausse des prix du pétrole, la résilience de l’économie, une inflation persistante et les inquiétudes liées à l’endettement public ont toutes contribué à exercer une pression à la hausse sur les taux à long terme.

Face à cette situation, une question essentielle se pose pour les investisseurs :

Si les obligations rapportent aujourd’hui environ 5 %, est-il temps de leur redonner une place dans un portefeuille ?

Grâce à la récente remontée des taux, les investisseurs peuvent désormais obtenir davantage de revenus avec des obligations de bonne qualité qu’au cours d’une grande partie de la période ayant suivi la crise financière. Cela ne signifie pas pour autant que les taux ont atteint leur sommet ni que les cours obligataires ne peuvent plus baisser, mais le point de départ est devenu nettement plus attractif.

La question la plus pertinente aujourd’hui n’est donc pas de savoir si les obligations valent encore la peine d’être envisagées, mais plutôt comment elles peuvent contribuer à l’équilibre global d’un portefeuille.

 

Petit rappel : qu’est-ce qu’une obligation ?

Une obligation est, en substance, un prêt accordé à un État ou à une entreprise. En contrepartie, l’investisseur perçoit généralement des paiements d’intérêts réguliers, tandis que le montant initial investi lui est remboursé à l’échéance, pour autant que l’émetteur soit en mesure d’honorer ses engagements.

Les cours obligataires et les taux d’intérêt évoluent généralement en sens inverse. Lorsque les nouvelles obligations offrent des taux plus élevés, les obligations existantes deviennent moins attractives et leur valeur de marché tend à diminuer. À l’inverse, lorsque les taux baissent, les obligations déjà émises peuvent gagner en valeur.

Les rendements obligataires sont aujourd’hui nettement plus élevés qu’ils ne l’étaient il y a quelques années. Les investisseurs peuvent ainsi générer davantage de revenus sans devoir nécessairement parier sur une future baisse des taux.

Comment les obligations peuvent s’intégrer aux différentes étapes de la vie

Début de carrière : équilibre et objectifs à court terme

Pour les jeunes investisseurs disposant d’un long horizon de placement, les actions restent généralement le principal moteur de création de richesse à long terme. Les obligations peuvent néanmoins jouer un rôle pour les sommes qui pourraient être nécessaires dans les prochaines années et contribuer à réduire la dépendance vis-à-vis des marchés actions.

Il est important de ne pas partir du principe que les obligations progressent systématiquement lorsque les actions reculent. Les deux classes d’actifs peuvent également enregistrer des pertes simultanément, en particulier lorsque l’inflation est élevée et que les banques centrales relèvent leurs taux. La diversification peut réduire la dépendance à une seule source de rendement, mais elle ne garantit pas une protection dans tous les environnements de marché.

Milieu de carrière : aligner les investissements sur les objectifs futurs

À mesure que les objectifs financiers se précisent, les obligations peuvent devenir plus utiles. Le financement des études, l’achat d’un logement, une année sabbatique ou toute autre dépense importante s’inscrivent souvent dans un horizon temporel relativement défini.

Un investisseur qui prévoit d’avoir besoin de liquidités dans les cinq prochaines années peut, par exemple, envisager des obligations dont l’échéance correspond à cet objectif plutôt que d’exposer l’intégralité de cette somme au risque des marchés actions.

L’inflation reste toutefois un élément à prendre en considération. Faire coïncider l’échéance d’une obligation avec le moment où les fonds seront nécessaires offre davantage de visibilité quant au montant nominal qui sera disponible. Cela ne garantit cependant pas le maintien du pouvoir d’achat. Si l’inflation s’avère plus élevée que prévu, le coût futur de l’objectif financier peut augmenter plus rapidement que le rendement généré par l’obligation.

À l’approche de la retraite : construire des flux de trésorerie plus prévisibles

Les obligations prennent souvent davantage d’importance à mesure que la retraite approche, car les objectifs du portefeuille évoluent eux aussi. La croissance reste essentielle, mais la préservation du capital accumulé et la préparation des dépenses futures gagnent en importance.

Une échelle obligataire (« bond ladder ») peut constituer une approche pertinente. Au lieu d’acheter une seule obligation, l’investisseur répartit ses investissements entre plusieurs obligations présentant des échéances différentes. Les montants remboursés à chaque échéance peuvent ensuite être utilisés pour financer des dépenses ou être réinvestis.

L’avantage réside dans une meilleure visibilité sur le moment où le capital sera disponible. Les risques ne disparaissent toutefois pas : les risques de taux, de crédit et d’inflation restent bien présents.

À la retraite : financer les dépenses sans renoncer au potentiel de croissance

Les retraités ont aujourd’hui besoin de revenus et de liquidités, mais une retraite peut durer plusieurs décennies. Il reste donc important de conserver une exposition à des actifs de croissance à long terme.

Les obligations peuvent contribuer à couvrir une partie des dépenses attendues et réduire la nécessité de vendre des actions pendant une période de correction boursière. À l’inverse, une exposition excessive aux obligations à revenu fixe peut accroître le risque d’inflation, puisque la valeur réelle de ces paiements futurs peut s’éroder avec le temps.

Pour de nombreux retraités, les obligations constituent donc un complément aux investissements orientés vers la croissance plutôt qu’un substitut à ceux-ci.

Les investisseurs en quête de revenus : privilégier des revenus plus prévisibles

Les obligations d’État à court et moyen terme, ainsi que les obligations d’entreprise de haute qualité, peuvent générer des revenus réguliers sans présenter le même niveau de risque que les actions.

Avec des rendements redevenus plus attractifs, il est également moins nécessaire de se tourner vers des obligations de moindre qualité dans le seul but d’augmenter les revenus. L’obligation offrant le rendement le plus élevé n’est d’ailleurs pas nécessairement le meilleur investissement : ce supplément de rendement constitue généralement une compensation pour un risque de crédit, de liquidité ou de taux plus important.

Où les investisseurs peuvent-ils se positionner aujourd’hui ?

Le segment du marché obligataire le plus adapté dépend avant tout des objectifs poursuivis par l’investisseur.

1. Obligations à court terme

Elles peuvent convenir aux investisseurs qui privilégient avant tout la stabilité et la liquidité. Elles sont généralement moins sensibles aux variations des taux d’intérêt, même si elles restent exposées au risque de réinvestissement si les taux sont plus faibles au moment de l’échéance.

2. Obligations à moyen terme

Les obligations à échéance intermédiaire peuvent offrir un bon compromis entre revenus et risque de taux. Elles permettent de verrouiller des rendements attractifs sur une période plus longue que les liquidités ou les obligations à court terme, sans supporter toute la volatilité des obligations à très longue échéance.

Pour de nombreux investisseurs souhaitant reconstruire une exposition obligataire, ce segment peut constituer une base intéressante du portefeuille.

3. Obligations à long terme

Les obligations à long terme ont généralement davantage de potentiel lorsque les taux baissent, mais elles subissent aussi plus fortement les effets d’une nouvelle hausse des taux. Elles sont donc particulièrement sensibles aux anticipations concernant l’inflation, la croissance économique et l’évolution future de la politique monétaire.

Elles représentent dès lors davantage un choix stratégique au sein d’un portefeuille obligataire qu’une simple version plus rémunératrice des obligations à court terme.

4. Obligations d’État

Les obligations souveraines de haute qualité présentent généralement un risque de crédit plus faible et peuvent apporter de la liquidité, des revenus ainsi qu’une dimension défensive lorsque la croissance économique ralentit.

5. Obligations d’entreprise

Les obligations d’entreprise de qualité « investment grade » peuvent offrir un rendement plus élevé, mais cette rémunération supplémentaire s’accompagne d’un risque de crédit. Si l’environnement économique se détériore, les spreads de crédit peuvent s’élargir et la valeur de ces obligations peut diminuer.

Les rendements des obligations d’État étant redevenus plus attractifs, il existe aujourd’hui moins de raisons de rechercher agressivement des obligations de moindre qualité dans le seul but d’obtenir davantage de revenus.

6. Obligations indexées sur l’inflation

Les obligations indexées sur l’inflation, telles que les TIPS (Treasury Inflation-Protected Securities), peuvent contribuer à préserver le pouvoir d’achat puisque leur principal évolue en fonction de l’inflation.

Elles peuvent constituer un complément intéressant aux obligations traditionnelles pour les investisseurs qui craignent que l’inflation reste structurellement plus élevée qu’elle ne l’a été dans les années 2010.

Guide pratique

Priorité de l’investisseur

Option possible

Principal risque

Préservation du capital

Obligations d’État à court terme

Baisse des rendements au moment de l’échéance

Revenus

Obligations d’État à court ou moyen terme

Les taux peuvent encore augmenter

Revenus + potentiel de plus-value en cas de baisse des taux

Obligations à moyen terme

Une inflation durablement élevée

Protection en cas de récession

Obligations d’État à long terme

Une inflation plus élevée pousse davantage les taux longs à la hausse

Revenus supplémentaires

Obligations d’entreprise investment grade

Élargissement des spreads de crédit

Protection contre l’inflation

TIPS

L’inflation recule plus rapidement que prévu


Et les ETF obligataires dans tout ça ?

Pour de nombreux investisseurs particuliers, les ETF obligataires constituent le moyen le plus simple d’obtenir une exposition aux obligations. En une seule transaction, ils offrent une large diversification à travers de nombreuses obligations et peuvent être achetés ou vendus en bourse comme une action.

Ils permettent également de cibler facilement un segment spécifique du marché, comme les obligations d’État à court terme, les obligations d’entreprise investment grade, les obligations indexées sur l’inflation ou encore les obligations d’État à long terme.

Il existe toutefois une différence importante par rapport à une obligation individuelle. Une obligation possède une date d’échéance. Un investisseur qui la conserve jusqu’à cette date a généralement davantage de visibilité sur le moment où son capital sera remboursé. Un ETF obligataire, en revanche, n’a généralement pas d’échéance fixe, car les obligations qui le composent sont continuellement remplacées à mesure qu’elles arrivent à maturité.

Par conséquent, la valeur d’un ETF obligataire reste sensible aux évolutions des taux d’intérêt et des spreads de crédit, même pour les investisseurs qui le conservent sur une longue période.

Lors du choix d’un ETF obligataire, il est donc utile de regarder au-delà du rendement affiché et de tenir compte notamment :

  • de la duration, qui mesure la sensibilité du portefeuille aux variations des taux d’intérêt ;
  • de la qualité de crédit, qui donne une indication du risque de défaut assumé ;
  • de la maturité moyenne, qui indique le positionnement du fonds sur la courbe des taux ;
  • de l’exposition aux devises, particulièrement importante pour les investisseurs exposés à des obligations étrangères ;
  • de la politique de distribution, si la perception de revenus réguliers est un objectif important ;
  • des frais et de la liquidité, qui peuvent influencer le rendement effectivement obtenu.

Les ETF obligataires peuvent constituer une solution intéressante pour les investisseurs souhaitant bénéficier d’une exposition diversifiée aux obligations sans devoir sélectionner ni suivre eux-mêmes des titres individuels. Les investisseurs qui cherchent à financer une dépense future à une date bien précise pourraient toutefois privilégier des obligations individuelles ou, lorsqu’ils sont disponibles, des ETF obligataires à échéance cible (« target maturity bond ETFs »).

Quels sont les principaux risques ?

La hausse des rendements a renforcé l’attrait des obligations, mais celles-ci ne sont pas exemptes de risques.

Les investisseurs doivent notamment tenir compte des éléments suivants :

  • Risque de taux : le prix des obligations peut baisser lorsque les taux d’intérêt du marché augmentent.
  • Risque d’inflation : les paiements fixes peuvent perdre du pouvoir d’achat au fil du temps.
  • Risque de crédit : certains émetteurs peuvent rencontrer des difficultés pour rembourser leur dette.
  • Risque de réinvestissement : les taux disponibles peuvent être plus faibles lorsque des obligations à court terme arrivent à échéance.
  • Risque de change : les fluctuations des devises peuvent accroître ou réduire le rendement des obligations étrangères.
  • Risque de liquidité : certaines obligations peuvent être plus difficiles à vendre à un prix équitable en période de tensions sur les marchés.

Ces risques varient considérablement selon les différents segments du marché obligataire. Décider d’investir en obligations n’est donc qu’une première étape. La durée, la qualité de crédit, la devise et l’horizon d’investissement sont tout aussi importants.

Ce qu’il faut retenir

L’intérêt renouvelé pour les obligations ne repose pas sur la certitude que les taux ont atteint leur point culminant. Il s’explique surtout par le fait que des rendements de départ plus élevés redonnent aux placements à revenu fixe une place pertinente dans de nombreux objectifs patrimoniaux.

Les jeunes investisseurs peuvent utiliser les obligations pour dissocier leurs objectifs à court terme de leur exposition aux actions sur le long terme. Les investisseurs en milieu de carrière peuvent mieux aligner leurs actifs sur leurs engagements futurs. Quant aux personnes proches de la retraite ou déjà retraitées, elles peuvent s’appuyer sur les obligations pour générer des flux de revenus plus prévisibles et réduire leur dépendance aux ventes d’actions lors des périodes de turbulences boursières.

La bonne allocation obligataire devrait donc avant tout partir des objectifs de l’investisseur, plutôt que d’un pari sur la prochaine décision d’une banque centrale. Une fois cet objectif clairement défini, les choix liés à la durée, à la qualité de crédit et à la protection contre l’inflation deviennent beaucoup plus simples.

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