Tout Tout Tout

Tout se jouera plus tard

Macro
Christopher Dembik

Responsable de l'analyse macro-économique

Si on regarde l’évolution du crédit dans les principales zones économiques, cela continue d’augmenter en Chine, c’est stable au Japon et ça chute légèrement en zone euro. Globalement, les conditions monétaires ne sont pas suffisamment restrictives pour entraîner une baisse durable de l’inflation. Il va donc falloir s’habituer à ce que l’inflation soit volatile dans les mois à venir. C’est ce qu’ont compris les intervenants de marché la semaine dernière. Cela signifie également que les banques centrales vont devoir augmenter davantage les taux. Cette semaine, plusieurs banques centrales ont prévu de le faire : la Réserve Fédérale américaine mercredi (hausse d’au moins 75 points de base), la Banque Nationale Suisse et la Banque d’Angleterre jeudi (dans les deux cas une hausse d’au moins 50 points de base est acquise). Mais ce n’est certainement que le début. Les banquiers centraux ont compris que la fenêtre d’opportunité pour durcir la politique monétaire est très restreinte. Le ralentissement économique va arriver avec l’hiver (voire la récession). Cela signifie aussi certainement que la hausse des taux sur le marché obligataire va continuer à court et à moyen terme. C’est positif pour le dollar américain. Mais c’est négatif pour quasiment tous les autres actifs. En ce qui concerne les marchés actions, nous ne voyons pas d’embellie durable dans l’immédiat. Finalement, il n’y a pas beaucoup de choses que puisse faire un investisseur dans de telles conditions de marché (à part encore une fois un peu de stock-picking, de la défiscalisation, de l’immobilier pour le long terme et des stratégies classiques consistant à être long actions américaines et short actions européennes, par exemple). C’est un terrain de jeu très difficile pour tout le monde.

  • Les statistiques de la séance de vendredi n’étaient pas bonnes. Les ventes au détail se sont effondrées au Royaume-Uni en août. C’est un naufrage économique. Il n’y a certainement pas d’autre terme pour expliquer ce qui est en train de se passer. Les ventes au détail ont diminué de -5,4% en un an contre un consensus à –4.2%. En excluant les factures énergétiques, c’est tout aussi douloureux avec une chute de -5%. Même au pire de la Crise Financière Mondiale, l’économie britannique n’avait pas connu une telle baisse (-3,8% au pic de la crise). Les prochains mois vont être difficiles. A court terme, la Banque d’Angleterre devrait continuer sa stratégie de hausse des taux (le dernier sondage mené par Reuters auprès des participants de marché table sur une hausse du taux directeur de 50 points de base cette semaine). Mais à moyen terme, le processus de hausse des taux pourrait être stoppé net si la récession est aussi grave qu’on l’anticipe. En zone euro, l’indice des prix à la consommation a été confirmé à 9,1% sur un an au mois d’août. C’est en ligne avec la première estimation. Ça n'en reste pas moins un mauvais chiffre. La présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, a indiqué vendredi que le processus de durcissement de la politique monétaire « doit envoyer le signal que nous allons atteindre notre objectif de hausse des prix » (à 2%). Cela ne donne pas beaucoup d’informations sur l’ampleur des hausses de taux à venir. Chez Saxo Banque, nous anticipons une hausse de 50 points de base en octobre prochain au regard des derniers indicateurs publiés.
  • Sur le marché des changes, c’est le dollar américain qui domine (sans surprise). Au cours de la semaine passée, il a atteint des points hauts face à une myriade de contreparties comme la couronne norvégienne, le dollar canadien et la livre sterling (seule exception notable, face au yen japonais). La livre sterling s’effondre à l’image de l’économie britannique. Point important : la Banque d’Angleterre (BoE) n’intervient pas sur les changes, à ce stade. La BoE n'a envoyé aucun signal laissant à penser qu’elle pourrait le faire. Mais il faut garder à l’esprit que la chute de la monnaie britannique accentue l’inflation importée. Cela complique donc la tâche de la banque centrale. Face à l’euro, la devise américaine reste toujours en pleine forme (bien que l’euro soit clairement sous-évalué par rapport aux fondamentaux). Nous n’anticipons pas de changement de tendance sur l’EUR/USD avant plusieurs mois (il faudra d’abord passer l’hiver et la crise énergétique pour savoir si l’euro est en mesure de rebondir durablement).

Aucune statistique majeure aujourd’hui.

Rien à signaler au niveau des résultats d’entreprises.

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