Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Responsable de la stratégie des matières premières
L’or s’oriente vers sa plus forte baisse hebdomadaire en six ans après être passé sous les 5 000 USD, déclenchant une vague de ventes techniques. L’argent, avec un bêta plus élevé et une exposition industrielle, a corrigé plus fortement, tandis que le platine et le palladium ont également reculé.
La hausse des anticipations d’inflation a fait monter les rendements, réduisant l’attrait des actifs non rémunérateurs, tandis qu’un dollar plus fort et la diminution des attentes de baisse des taux ont ajouté une pression supplémentaire. Dans le même temps, des positions spéculatives élevées ont rendu l’or et l’argent vulnérables à un débouclement rapide une fois certains seuils techniques franchis, les stratégies à effet de levier et systématiques amplifiant la baisse.
On observe également des spéculations émergentes — encore secondaires — selon lesquelles certaines économies en excédent pourraient devoir lever des liquidités, éventuellement via des ventes d’or. Bien que cela ne soit pas confirmé comme facteur déterminant, cela contribue à un ton plus prudent. Dans l’ensemble, l’incapacité de l’or à se redresser malgré les tensions géopolitiques met en évidence la domination actuelle des rendements réels élevés, d’un dollar ferme et des ajustements de position sur son rôle traditionnel de valeur refuge.
Les métaux industriels sont sous pression pour des raisons similaires mais davantage liées à la croissance. Le cuivre, l’aluminium, le nickel et le zinc ont tous reculé, les inquiétudes concernant la demande mondiale prenant le pas sur les perturbations d’offre antérieures et le soutien lié à la transition énergétique.
Malgré des perspectives de court terme plus difficiles, nous conservons une vision constructive sur les métaux précieux une fois la phase actuelle de liquidation terminée. Les préoccupations budgétaires restent élevées, avec des niveaux d’endettement public susceptibles de s’aggraver en cas de ralentissement économique. Par ailleurs, le choc actuel présente des caractéristiques stagflationnistes claires : si l’inflation reste élevée alors que la croissance faiblit, les banques centrales devront arbitrer entre un assouplissement risquant de relancer l’inflation ou un maintien de politiques restrictives accentuant le ralentissement.
Dans cet environnement, le rôle de l’or comme couverture contre la dépréciation monétaire et l’exposition au dollar demeure intact, soutenu par la tendance à la dédollarisation et à la diversification des réserves. Toutefois, une partie de cette demande pourrait être partiellement compensée si certaines banques centrales étaient contraintes de lever des liquidités via des ventes d’actifs, y compris d’or, en réponse à la baisse des revenus ou à la hausse des coûts liée au choc énergétique. Néanmoins, les facteurs structurels continuent de soutenir une perspective favorable à long terme pour les métaux précieux.
Les prix du pétrole peuvent réagir rapidement aux annonces d’escalade ou de désescalade, mais les conditions sous-jacentes — infrastructures endommagées, flux commerciaux perturbés et coûts élevés — suggèrent que les effets de la crise actuelle persisteront.
La divergence entre les secteurs reflète cette transition. Les marchés de l’énergie continuent d’intégrer des contraintes d’offre et des perturbations physiques, tandis que les métaux s’ajustent à un environnement macroéconomique plus difficile. L’agriculture et les matières premières “soft” commencent, elles, à refléter les effets de second tour.
Même en cas de cessez-le-feu et de réouverture du détroit d’Ormuz, le retour à la normale devrait être progressif et irrégulier. Pour l’instant, le complexe des matières premières reste soutenu par une combinaison de contraintes d’offre et de pressions inflationnistes, mais le risque croissant est que ces mêmes facteurs finissent par peser plus fortement sur la croissance mondiale. En ce sens, le marché ne se contente plus de réagir à un événement géopolitique : il en intègre de plus en plus les conséquences économiques.
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