Agriculture et “softs” : apparition des effets de second tour
Au-delà de l’énergie et des métaux, l’impact du choc commence à se diffuser vers l’agriculture et les matières premières dites “soft”. Le secteur a enregistré une progression modeste sur la semaine écoulée, tandis que des gains plus larges ont été observés depuis le début du mois. Ces hausses sont menées par des matières premières bénéficiant directement ou indirectement de la hausse des prix de l’énergie et des perturbations logistiques, notamment les engrais, le golfe Persique étant un centre majeur de production grâce à son accès à du gaz naturel bon marché, principal intrant.
Le lien entre biocarburants, éthanol et hausse des prix de l’énergie a soutenu le maïs, l’huile de soja et le sucre. Par ailleurs, la sécheresse dans le sud des États-Unis, après un hiver très sec, a ravivé les inquiétudes concernant les récoltes, soutenant ainsi les prix du blé et du coton, ce dernier étant également porté par la hausse du coût des fibres synthétiques issues de la pétrochimie.
Le sucre s’est particulièrement distingué, atteignant son plus haut niveau depuis octobre. Cette hausse reflète des effets à la fois directs et indirects du marché de l’énergie. La hausse des prix du pétrole soutient la production d’éthanol au Brésil, réduisant la disponibilité de la canne pour le sucre. Parallèlement, les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont affecté les routes maritimes, certains navires transportant du sucre brut étant immobilisés ou détournés, ce qui limite les capacités de raffinage et resserre l’offre.
Ces évolutions mettent en évidence l’impact inflationniste plus large — et peut-être initialement sous-estimé — de la situation actuelle. La hausse des prix de l’énergie se répercute sur les coûts de production des engrais, du transport et de la transformation, générant des effets de second tour bien au-delà du seul secteur énergétique.
Un marché en transition vers un choc plus durable
À travers l’ensemble du complexe des matières premières, le principal enseignement est le passage d’une phase de choc initial à un ajustement plus prolongé.Les prix du pétrole peuvent réagir rapidement aux annonces d’escalade ou de désescalade, mais les conditions sous-jacentes — infrastructures endommagées, flux commerciaux perturbés et coûts élevés — suggèrent que les effets de la crise actuelle persisteront.
La divergence entre les secteurs reflète cette transition. Les marchés de l’énergie continuent d’intégrer des contraintes d’offre et des perturbations physiques, tandis que les métaux s’ajustent à un environnement macroéconomique plus difficile. L’agriculture et les matières premières “soft” commencent, elles, à refléter les effets de second tour.
Même en cas de cessez-le-feu et de réouverture du détroit d’Ormuz, le retour à la normale devrait être progressif et irrégulier. Pour l’instant, le complexe des matières premières reste soutenu par une combinaison de contraintes d’offre et de pressions inflationnistes, mais le risque croissant est que ces mêmes facteurs finissent par peser plus fortement sur la croissance mondiale. En ce sens, le marché ne se contente plus de réagir à un événement géopolitique : il en intègre de plus en plus les conséquences économiques.
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