Prévisions chocs
Des médicaments contre l’obésité pour tous – même pour les animaux de compagnie
Jacob Falkencrone
Responsable de la Stratégie d’Investissement
Accor, la transformation du groupe dans sa dernière ligne droite
En 2024, Accord avait décroché les étoiles grâce à des profits record, qui lui avaient permis de prendre la tête des hausses du Cac 40, dont il avait réintégré les rangs en mars de la même année. Mais l’état de grâce n’a pas duré. La performance boursière annuelle 2025 s’est soldée par un maigre gain de 2,5 %, contre des progressions, à titre de comparaison, de près de 18 % pour Hilton et de 13 % pour Marriott. Pour autant, Accor dispose de nombreux atouts et même si 2025 devrait sans doute être en retrait, 2026 se présente bien, ce que le marché n’a pas encore intégré.
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
Nous recommandons d’acheter la valeur. Le secteur hôtelier est résilient et Accor profite de la dynamique du segment Luxe et Lifestyle, et des zones en croissance du Moyen-Orient et de l’Asie. La décote de 30 % vis-à-vis des géants américains devrait se réduire en 2026, avec les deux opérations attendues pour Ennismore et Essendi.
D’abord, le groupe a mis en place une stratégie intrépide. Accor, asset light à 97 %, touche des redevances de ses contrats de franchise et de management (les seconds sont plus avantageux). Il lui faut donc s’assurer de maintenir une expansion soutenue dans les segments de marché les plus porteurs. Aussi, l’entreprise est montée en puissance dans le luxe, plus rémunérateur. Par exemple, en relançant la marque emblématique Orient Express en partenariat avec LVMH, Accor innove en lançant un somptueux voilier de croisière de 220 mètres.
Une stratégie audacieuse
Plus étonnante a été sa percée sur le segment lifestyle, de plus en plus à la mode. Cette catégorie regroupe des hôtels de caractère, où il fait bon venir télétravailler, se restaurer et boire un verre. Ainsi, Accor profite des nouvelles habitudes des clients, qui mélangent travail (coworking, petits séminaires) et plaisir dans un même lieu. Le groupe s’est donc peu à peu orienté vers la partie loisirs de son activité, plus porteuse par opposition à l’hôtellerie d’affaires, plus dépendante des cycles économiques. Accor a aussi étendu son offre à la location de résidences de luxe et les restaurants sont montés en puissance.
Sa réorganisation a conduit à la création de deux grandes divisions, Luxe et Lifestyle d’une part, Premium, Milieu de gamme et Economique d’autre part. Par ailleurs, le développement de chambres se fait surtout dans les zones géographiques les plus porteuses, comme le Moyen-Orient ou l’Inde, ce qui n’empêche pas le groupe de cibler des villes plus traditionnelles, comme Las Vegas (contrat de franchise avec l’emblématique Treasure Island sur le Strip, 2.884 chambres). L’important est de maintenir une bonne croissance du réseau (en nombre de nouvelles chambres). L’objectif est d’entretenir une hausse annuelle moyenne entre 3 % et 5 %.
Ennismore et Essendi, deux espoirs pour 2026
Ensuite, en 2026, deux événements sont attendus, qui feront entrer du cash dans l’entreprise. Il se murmure que la direction réfléchit à une mise en Bourse d’Ennismore. Sa pépite lifestyle regroupe 190 hôtels (+ 145 dans le pipeline), dont Mama Shelter, Mondrian ou Jo&Joe, et plus de 500 restaurants et bars (400 en développement). Il y a trois ans, 10,8 % du capital d’Ennismore avait été cédé, valorisant la société à près de 2 milliards d’euros. Or la dynamique s’est accélérée depuis lors : le pôle lifestyle a affiché une croissance de 12 % au premier semestre 2025.
Enfin, dans les prochains mois, les 30 % encore détenus dans Essendi (ex-AccorInvest, propriétaire des murs d’hôtels) seront vendus. Oddo BHF anticipe le fait que le groupe pourrait récolter autour de 800 millions d’euros, soit un montant proche de la valeur comptable de 828 millions établie au 30 juin. Tout va dépendre des négociations en cours avec les investisseurs intéressés. Selon Les Echos, deux géants du private equity, Brookfield et Blackstone, seraient sur les rangs. Accor est en position de force, n’ayant pas un besoin urgent de cash pour financer ses activités. Ces deux opérations permettraient au groupe de tenir sa promesse d’un retour aux actionnaires (dividendes et rachats d’actions) de 3 milliards d’euros entre 2023 et 2027.
| Autres idées de trading similaires |
|---|