Prévisions chocs
Des médicaments contre l’obésité pour tous – même pour les animaux de compagnie
Jacob Falkencrone
Responsable de la Stratégie d’Investissement
Investment Strategist
En Europe, le secteur de la défense ne se limite plus aux annonces de budgets. L’attention se porte désormais sur les contrats signés, le matériel réellement livré et l’argent effectivement encaissé.
Il n’y a pas que les chars et les armes lourdes qui comptent. D’autres activités importantes entrent aussi en jeu, comme les capteurs, la réparation et l’entretien du matériel, la construction de navires ou les moteurs.
De nouvelles entreprises entrent en Bourse, comme CSG. Cela permet d’avoir plus de choix, même si les difficultés industrielles existent toujours.
Jusqu’à présent, l’histoire de la défense européenne était facile à comprendre : un conflit commence, les budgets augmentent et les entreprises de défense montent en Bourse.
La suite est plus compliquée. Il faut passer des décisions politiques à la fabrication réelle. Les usines ont besoin de personnel, de pièces et d’autorisations. Les États doivent organiser clairement leurs achats. La question principale devient alors : quelles entreprises transforment les décisions politiques d’aujourd’hui en factures payées demain ?
C’est pour cela que le projet d’introduction en Bourse à Amsterdam du groupe Czechoslovak Group (CSG) est important. Ce n’est pas seulement une entrée en Bourse, c’est aussi un signe que l’Europe passe progressivement des paroles aux actes.
Un budget de défense n’est pas de l’argent gagné immédiatement. Il montre surtout une intention. Entre cette intention et l’argent réellement gagné, il y a de nombreuses étapes : appels d’offres, signatures de contrats, tests du matériel et délais de livraison.
Ce parcours attire d’autant plus l’attention que les sommes en jeu augmentent. Selon l’Agence européenne de défense, les dépenses de défense en Europe passent d’environ 343 milliards d’euros en 2024 à environ 381 milliards d’euros en 2025, avec aussi une hausse des investissements. Ce sont souvent ces chiffres élevés qui attirent d’abord l’attention.
La partie la moins impressionnante est aussi la plus importante pour comprendre le secteur : la capacité de production.
La fabrication de munitions ne peut pas augmenter du jour au lendemain.
Les systèmes de défense aérienne dépendent de composants électroniques et de capteurs spécialisés.
Les programmes navals s’étalent souvent sur plusieurs années, parfois au-delà des cycles électoraux.
Dans la défense, le mot « délai » signifie surtout qu’il faut être patient.
Une façon simple de comprendre le mécanisme est la suivante :
les budgets créent des appels d’offres,
les appels d’offres créent des contrats,
les contrats remplissent les carnets de commandes,
les carnets de commandes deviennent des livraisons,
et les livraisons deviennent de l’argent encaissé.
Les marchés célèbrent souvent le début du processus, et vérifient plus tard si l’argent arrive réellement.
Si l’on regarde seulement les grands noms très connus, on passe à côté d’entreprises essentielles.
Ce sont celles qui font fonctionner les systèmes, maintiennent les navires et assurent le bon état des moteurs.
Elles sont moins médiatisées, mais souvent indispensables.
Voici six exemples qui montrent la diversité du secteur.
Kongsberg Gruppen
Kongsberg conçoit et assemble des systèmes complexes utilisés sur les navires, dans les airs et au sol.
Cela inclut des missiles, des systèmes de défense aérienne, des systèmes de combat naval et des logiciels militaires.
L’entreprise bénéficie surtout quand les budgets se transforment en modernisations concrètes.
Hensoldt
Hensoldt est spécialisée dans les capteurs.
Elle fabrique des radars et des systèmes électroniques qui permettent de détecter, suivre et protéger contre des avions, drones et missiles.
Dans la défense moderne, voir et détecter est aussi important que tirer.
Babcock International
Babcock s’occupe surtout de l’entretien et du fonctionnement du matériel militaire.
Elle maintient notamment des flottes navales et assure de la formation et du soutien technique.
Quand les armées utilisent plus intensément leurs équipements, la demande en maintenance augmente.
Fincantieri
Fincantieri construit des navires militaires.
Elle travaille sur des programmes très longs, avec des mises à niveau et des rénovations sur plusieurs décennies.
La construction navale militaire est un travail de longue durée qui demande de l’expérience et une organisation solide.
Dassault Aviation
Dassault fabrique des avions militaires, notamment des avions de combat.
Pour de nombreux pays, garder le contrôle national sur ce type de matériel est stratégique.
Les programmes aéronautiques incluent aussi la maintenance, les mises à jour et les exportations.
Safran
Safran produit des moteurs et des équipements aéronautiques essentiels.
Dans la défense, les moteurs et leur entretien déterminent combien d’avions peuvent réellement voler.
Les pièces et la maintenance sont aussi importantes que l’avion lui-même.
Toutes ces entreprises travaillent pour la défense, mais restent avant tout des entreprises industrielles.
Elles doivent gérer les coûts, recruter du personnel qualifié, maintenir la qualité et augmenter la production.
C’est souvent à ce niveau que se trouvent à la fois les opportunités… et les déceptions.
CSG prévoit une introduction en Bourse à Amsterdam à partir du 23 janvier 2026.
Le groupe souhaite lever environ 750 millions d’euros via de nouvelles actions.
D’autres actions pourraient être vendues par l’actionnaire principal.
Des investisseurs importants ont déjà montré un intérêt d’environ 900 millions d’euros.
CSG vise aussi à verser une partie de ses bénéfices sous forme de dividendes à partir de 2027.
Pourquoi est-ce important ?
D’abord, cela élargit le choix d’entreprises disponibles sur les marchés.
Le secteur européen de la défense est encore dominé par peu de grands groupes cotés.
Ensuite, être coté impose plus de transparence, de règles de gestion et de discipline financière.
Enfin, cela arrive au moment où l’Europe cherche à faciliter les activités transfrontalières.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soutient l’idée d’un cadre commun pour aider les entreprises à opérer dans plusieurs pays européens.
D’autres introductions sont également évoquées, comme celle de KNDS, fabricant de chars franco-allemand.
L’idée générale est simple : plus de capacité industrielle nécessite plus de capital.
Le premier risque concerne les valorisations.
Si les attentes sont trop élevées, le moindre retard peut décevoir.
Le risque politique existe aussi.
Les priorités peuvent changer avec les gouvernements ou l’actualité internationale.
Enfin, le risque principal reste l’exécution.
Des problèmes d’approvisionnement, de main-d’œuvre ou de tests peuvent retarder les livraisons et réduire les marges.
Si les commandes augmentent mais que l’argent n’arrive pas, la confiance du marché baisse rapidement.
Le renforcement de la défense en Europe n’est plus seulement un sujet politique.
C’est devenu un programme industriel.
Et dans l’industrie, tout repose sur la capacité à produire, livrer et encaisser.
C’est pour cela que l’introduction en Bourse de CSG est importante.
Elle montre que l’attention passe des annonces de budgets au financement concret des capacités industrielles.
Les capteurs, la maintenance, les chantiers navals et les moteurs font rarement la une des journaux, mais sans eux, rien ne fonctionne.
Les opportunités existent, mais les risques aussi.
Quand le bruit médiatique retombe, ce qui compte vraiment, c’est la fiabilité : livrer à temps, tenir les marges et encaisser l’argent.
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