Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Investment Analyst
Le PMI composite s’est contracté en mars à son rythme le plus rapide depuis octobre (48,3 vs 49,9 en février)
Facteurs clés : Chute des nouvelles commandes, pressions inflationnistes, perturbations logistiques liées au Moyen-Orient, recul de la confiance des entreprises.
La confirmation (ou l'infirmation) viendra début avril avec la version définitive, puis avec le PMI d'avril publié fin avril.
Le PMI (Purchasing Managers' Index) est une enquête mensuelle menée par S&P Global auprès de plusieurs centaines de directeurs des achats dans les entreprises privées. Ce sont eux qui commandent les matières premières, signent les contrats de sous-traitance, recrutent. Ils sont donc les premiers à percevoir les changements d'activité.
Chaque mois, on leur pose une série de questions : La production a-t-elle augmenté, baissé, ou stagné ? Avez-vous reçu plus ou moins de nouvelles commandes ? Les prix d'achat ont-ils évolué ?
Les réponses sont agrégées en un indice unique entre 0 et 100.
La règle à retenir est très simple : Au-dessus de 50 = expansion. En dessous de 50 = contraction.
Chute des nouvelles commandes : recul au rythme le plus rapide depuis juillet 2025, avec une baisse simultanée de la demande internationale - signe d’un ralentissement global.
Tensions d’approvisionnement : le conflit au Moyen-Orient perturbe les chaînes logistiques ; les délais de livraison atteignent un plus haut de plus de 3 ans, accentuant retards et coûts.
Pressions inflationnistes : forte hausse des coûts de production (plus haut depuis nov. 2023), largement répercutée sur les prix de vente - ravivant le risque de stagflation.
Attentisme politique : à l’approche des municipales, les décisions d’achat sont reportées, pesant temporairement sur l’activité.
Recul de la confiance : nette dégradation du moral des entreprises, qui pourrait amplifier le ralentissement via moins d’investissements et d’embauches.
Actions françaises : Un PMI sous 50 pèse sur les anticipations de bénéfices des entreprises, en particulier pour les secteurs cycliques. L’automobile, le luxe, la distribution et le transport apparaissent les plus exposés, du fait de leur sensibilité à la demande et aux coûts. À l’inverse, certains segments défensifs comme la santé, les utilities, les télécoms ou les biens de consommation de base devraient mieux résister dans un environnement de croissance dégradée.
À l’échelle européenne, la faiblesse française s’inscrit dans un contexte plus large de ralentissement. Si elle est confirmée par les autres indicateurs, notamment en Allemagne, elle pourrait accentuer la pression sur les marchés actions, en particulier sur des indices comme l’Euro Stoxx 50, via des révisions à la baisse des perspectives de croissance et de bénéfices.
Sur le marché obligataire, un ralentissement plus marqué renforce les anticipations d’assouplissement monétaire de la BCE. Cela serait favorable aux obligations souveraines, notamment les OAT française et les Bund allemand, dont les prix évoluent à l’inverse des taux. Toutefois, la persistance de pressions inflationnistes pourrait limiter ce mouvement et entretenir une certaine volatilité.
Un seul mois ne fait pas une tendance. Le PMI flash est une estimation préliminaire. La confirmation (ou l'infirmation) viendra début avril avec la version définitive, puis avec le PMI d'avril publié fin avril. L'économiste de S&P Global lui-même indique qu’avril sera décisif.
Le signal le plus inquiétant n'est pas le niveau, mais la direction. Passer de 49,9 à 48,3 en un mois, avec des services et la production manufacturière simultanément en contraction, une confiance en chute et des coûts en hausse constitue un tableau cohérent de dégradation, pas un accident isolé.
Le risque stagflationniste mérite attention. La combinaison contraction de l'activité + hausse des prix des intrants est le scénario le plus difficile à gérer pour une banque centrale : baisser les taux soutient l'économie mais peut alimenter l'inflation ; attendre aggrave le ralentissement. La BCE sera sous pression.