Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Investment Strategist
Dans l’ensemble, le trimestre est correct, mais tout ne va pas aussi bien partout.
Les montres et les bijoux résistent bien, tandis que les vins et spiritueux sont plus en difficulté.
Les bénéfices sont meilleurs que ce que l’on craignait, surtout parce que l’entreprise fait attention à ses dépenses, même si les ventes restent inégales selon les activités.
La grande question concerne maintenant l’année 2026 : peu d’indications sur l’avenir, un effet négatif lié aux monnaies, et des consommateurs encore hésitants.
Les résultats du luxe ne font généralement pas de bruit. Ils demandent surtout d’être bien interprétés.
LVMH ne vend pas seulement des produits. Il vend aussi une image, un style et un bon moment. Quand le groupe publie ses résultats, on écoute autant ce qui est dit que ce qui ne l’est pas.
Cette fois, le message est assez classique. La demande ne s’effondre pas, mais elle ne redémarre pas franchement non plus. Certaines activités tiennent bien. D’autres semblent encore attendre des jours meilleurs.
L’idée est simple : le luxe ne crie pas, il murmure. Ces résultats sont ce murmure, et le marché essaie de comprendre ce qu’il dit pour l’année 2026.
LVMH annonce un chiffre d’affaires trimestriel de 22,72 milliards d’euros, en baisse de 5,1 % sur un an, mais légèrement supérieur à ce qui était attendu.
En tenant compte des effets de change, les ventes progressent légèrement de 1 %, alors que les experts s’attendaient plutôt à une petite baisse.
Mais le plus important se trouve dans le détail des activités.
La mode et la maroquinerie, qui sont le cœur du groupe, reculent de 3 %, ce qui correspond globalement aux attentes.
En revanche, les montres et les bijoux surprennent positivement avec une hausse de 8 %, bien meilleure que prévu.
La distribution sélective progresse aussi de 7 %, là encore au-dessus des attentes.
Les points faibles sont plus visibles.
Les vins et spiritueux chutent nettement, avec une baisse de 9 %.
Les parfums et cosmétiques reculent légèrement de 1 %, alors qu’une progression était attendue.
Pour les investisseurs, ce point de répartition des activités est important à comprendre. LVMH n’est pas une seule entreprise, mais un ensemble de plusieurs métiers du luxe. Quand une activité fonctionne moins bien, la question est de savoir si une autre peut compenser, et si cela reste rentable.
Les ventes montrent l’ambiance du moment, mais les dépenses permettent de garder le contrôle. Sur ce sujet, LVMH semble gérer les choses avec sérieux.
Des analystes cités par Bloomberg expliquent que le groupe a bien maîtrisé ses coûts, ce qui a permis d’obtenir des résultats un peu meilleurs que prévu, grâce à des dépenses en baisse.
Sur l’année, le résultat d’exploitation atteint 17,76 milliards d’euros, soit une baisse de 9,3 % par rapport à l’an dernier, mais un niveau supérieur à ce que les experts attendaient.
Le bénéfice net s’élève à 10,88 milliards d’euros, en recul de 13 %, mais là aussi légèrement meilleur que prévu.
En résumé : les ventes ne progressent pas beaucoup, mais LVMH arrive à préserver ses bénéfices mieux que ce que l’on craignait.
C’est important, car le secteur du luxe traverse une période où les investisseurs apprécient surtout les entreprises bien gérées. Quand la demande est inégale, les marques qui savent contrôler leurs dépenses, leurs stocks et éviter de trop baisser leurs prix gardent généralement la confiance du marché.
Cela explique aussi pourquoi les difficultés dans certaines activités du luxe ne signifient pas forcément que tout le luxe va mal. Cela peut simplement vouloir dire que le groupe s’appuie davantage sur les activités qui se portent mieux et où les marques restent fortes.
Les résultats du trimestre montrent ce qui s’est déjà passé. Le cours de Bourse, lui, regarde vers l’avenir.
Sur ce point, la direction de LVMH reste prudente à court terme. Les analystes parlent d’un manque de visibilité et d’un contexte économique incertain.
Un chiffre important ressort : la direction estime que les variations des monnaies pourraient coûter environ 1 milliard d’euros sur les résultats de 2026.
Les effets de change peuvent sembler compliqués, mais le principe est simple : LVMH vend partout dans le monde mais publie ses comptes en euros. Quand les monnaies évoluent défavorablement, les bénéfices affichés peuvent sembler plus faibles, même si les ventes réelles ne changent pas.
Les investisseurs regardent aussi où les ventes progressent selon les régions. Les chiffres montrent une situation contrastée :
une légère progression aux États-Unis et en Asie hors Japon,
mais une situation plus difficile en Europe et au Japon.
Comme souvent, la Chine reste un sujet très sensible. Pas parce qu’elle doit forcément relancer la croissance tout de suite, mais parce qu’elle sert de thermomètre pour tout le secteur du luxe. C’est pourquoi le discours de la direction compte presque autant que les chiffres.
Un autre détail, plus discret mais révélateur : LVMH a dépensé 1 milliard d’euros pour augmenter sa part dans la marque Loro Piana, passant de 85 % à 94 % fin 2025. Ce n’est pas une décision de court terme, mais un choix stratégique pour garder le contrôle sur le long terme.
Premier risque : une demande instable qui durerait plus longtemps que prévu, surtout pour la mode et la maroquinerie. Même des résultats corrects peuvent décevoir si le marché espérait mieux.
Deuxième risque : les variations de monnaies. Un impact négatif d’1 milliard d’euros reste important. Si la situation se dégrade, les résultats publiés pourraient sembler plus faibles.
Troisième risque : trop se reposer sur les activités les plus solides. La bonne tenue des montres et bijoux ne suffirait pas à cacher durablement les difficultés des vins et spiritueux si celles-ci devaient durer.
Regarder quelles activités tiennent le mieux : la solidité des montres et bijoux face aux difficultés des vins et spiritueux donne une bonne indication.
Être attentif à la politique de prix : éviter les grosses promotions peut être plus important qu’un petit surplus de ventes.
Prendre en compte l’impact des monnaies comme un élément normal du scénario, et non comme un simple accident.
Observer les changements d’estimations des résultats, souvent plus importants que les effets d’annonce.
Les résultats de LVMH ne racontent pas un grand retour en force spectaculaire. Ils donnent surtout une image claire de ce qui fonctionne encore bien et de ce qui reste plus fragile.
Le trimestre montre une bonne résistance des produits haut de gamme comme les montres et bijoux, des difficultés persistantes dans les vins et spiritueux, et une gestion sérieuse des dépenses. Cela soutient la vision à long terme, mais sans faire disparaître les incertitudes à court terme. La prudence reste de mise, et l’effet des monnaies est bien réel.
Le luxe ne fait pas de bruit. Ceux qui prennent le temps d’écouter comprennent souvent mieux la situation.
Pour 2026, le message semble clair : il faudra encore un peu de patience.
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