Idée de trading - Moderna
Moderna triomphe à Wall Street après le succès d'un essai clinique sur son vaccin contre le cancer de la peau, que faire après l’envolée de l’action ?
L'action du spécialiste des vaccins à ARN messager a bondi de 177% à la Bourse de New York en une seule séance, augmentant sa capitalisation de 44 milliards de dollars. Le vaccin sur-mesure développé avec Merck & Co contre le cancer a contribué à réduire la récidive du mélanome dans un essai de grande envergure et de stade III.
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Les nouvelles annonces cliniques sur ce développement à fort potentiel devraient soutenir la poursuite du rebond de l'action. Mais compte tenu de l'envolée du titre, il paraît plus tactique de se positionner à des cours en baisse, autour de 120 dollars.
Il fallait un puissant catalyseur pour faire encore accélérer Moderna après un doublement de son cours de Bourse depuis le début d'année à la clôture de mardi 18 août. Le laboratoire l’a obtenu. Son vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer, développé avec Merck & Co, a atteint l'objectif principal d'un vaste essai de phase III chez des patients atteints d'un mélanome à haut risque ou avancé. Associé à Keytruda, l'immunothérapie vedette de Merck, le traitement adjuvant a prolongé de manière « statistiquement significative » la période pendant laquelle les patients vivent sans récidive par rapport à Keytruda seul. L'essai a également atteint un objectif secondaire important en réduisant le risque de propagation du cancer à d'autres parties du corps. C'est la première fois qu'une thérapie anticancéreuse à ARN messager obtient un résultat positif au dernier stade des essais cliniques.
La Bourse ne s'y est pas trompée. Le cours de la biotech a explosé : +177% à 174,38 dollars en clôture de cette séance de mercredi, un record qui porte sa capitalisation à 69,6 milliards de dollars. Moderna affiche même désormais la deuxième meilleure performance du S&P 500 cette année, dernière Sandisk. L'action se retrouve à son plus haut niveau depuis février 2023, mais encore à des années-lumière du pic atteint en 2021 en pleine pandémie. Merck, dont la capitalisation est cinq fois plus importante (375,5 milliards de dollars), a gagné 12,6%.
Le marché attendait ces résultats d'étude phase III, à laquelle plus de 1.100 patients ont participé, depuis des mois mais pas aussi tôt. Les analystes de Leerink Partners la présentaient en juin comme un rendez-vous susceptible de faire ou défaire le dossier Moderna, avec l'espoir que cette technologie puisse un jour fonctionner bien au-delà du seul mélanome. Luca Issi, chez RBC, salue cette percée considérable, tout en expliquant qu'une partie de la progression boursière se nourrit sans doute par le rachat de positions vendeuses et l'afflux d'investisseurs particuliers.
Avancée médicale majeure
Le traitement, baptisé « intismeran autogene », n'est pas un vaccin identique administré à tous les patients. Chaque dose est conçue à partir des mutations propres à la tumeur de la personne traitée. L'idée est d'apprendre au système immunitaire à reconnaître les marqueurs particuliers des cellules cancéreuses qui pourraient subsister après l'opération, puis d'associer cette réponse à Keytruda pour aider l'organisme à les attaquer. Merck et Moderna travaillent sur cette approche depuis plus de dix ans, en utilisant la même technologie d'ARN messager qui a permis à Moderna de développer un vaccin contre le Covid-19. « Les résultats d'aujourd'hui constituent un moment historique, a déclaré le Français Stéphane Bancel, patron de Moderna, cité dans le communiqué. Pendant de nombreuses années, l'idée de créer un traitement par ARNm conçu spécifiquement pour le cancer d'un individu était difficile à imaginer. Nous contribuons aujourd'hui à transformer cette vision en réalité ».
Les données détaillées n'ont pas encore été publiées : Merck et Moderna n'ont pas communiqué l'ampleur exacte de l'amélioration de la survie sans récidive et l'étude se poursuit pour déterminer si le traitement permet également aux patients de vivre plus longtemps. Les deux groupes présenteront leurs résultats lors d'un prochain congrès médical et comptent désormais discuter avec les autorités en vue d'une demande d'autorisation. Une approbation dès 2027 est espérée, selon l'issue de l'examen réglementaire.
Le mélanome, l'une des formes les plus mortelles de cancer de la peau, avec plus de 330.000 nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 2022, reste le terrain le plus avancé, mais pas le seul sur lequel les deux laboratoires misent. Les partenaires testent également leur traitement dans plusieurs autres tumeurs, comme le cancer du poumon non à petites cellules, le cancer de la vessie et le carcinome à cellules rénales. Barclays estimait le mois dernier qu'intismeran pourrait générer environ 3 milliards de dollars de ventes annuelles dans le mélanome d'ici 2035. Une efficacité démontrée dans d'autres indications ouvrirait un potentiel commercial bien plus grand.
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