Faire le dos rond Faire le dos rond Faire le dos rond

Faire le dos rond

Macro
Christopher Dembik

Responsable de l'analyse macro-économique

Nous aimerions pouvoir dire qu’il faut revenir massivement sur le marché. Mais ce n’est certainement pas encore le cas. La baisse des actifs se poursuit, en particulier sur les segments les plus fragiles. Au cours des derniers mois, nous avons assisté à des flux sortants massifs sur le marché de la dette. Cela touche désormais les actions des pays émergents. Il va s’en dire que les fonds thématiques qui ont affiché de solides performances pendant la Covid souffrent d’une importante décollecte depuis plusieurs mois (en particulier ceux qui sont sur la fintech, l’intelligence artificielle, la robotique et la transition énergétique). De belles valeurs boursières affichent encore des performances médiocres. Believe, qui accompagne les artistes indépendants (un segment pertinent), est en baisse de 47% depuis le début de l’année. Il faudra du temps avant de regagner le terrain perdu. Beaucoup d’entreprises qui ont fait le choix périlleux de s’introduire en bourse dans cette période souffrent aussi d’un manque de liquidité de leurs titres (surtout si le business model repose sur les nouvelles technologies). Dans ces conditions, il n’y a pas grand-chose à faire que de faire le dos rond et de penser…à la défiscalisation (ou plutôt au report de fiscalité puisque c’est la période de votre versement annuel sur votre plan d'épargne retraite - PER !).

  • Il n’y avait pas de statistiques importantes hier. En juillet, la croissance de l’économie britannique a augmenté moins que prévu (hausse de 0,2% sur un mois contre 0,4% attendu). Le secteur de la construction montre des signes de faiblesse évident. Le ralentissement n’est en revanche pas lié à d’éventuels jours fériés. Enfin, l’organisme de mesure des statistiques britanniques (Office of National Statistics - ONS) a indiqué lors de la publication une baisse de la demande en énergie du fait du fait de son coût croissant et des conditions climatiques (fortes chaleurs en juillet).
  • Sur le marché des changes, le pic pour le dollar américain n’est pas encore atteint. Il faudrait trois éléments combinés pour avoir une baisse durable du billet vert : 1) un ralentissement du rythme de hausse des taux par la banque centrale américaine ; 2) une amélioration de la situation économique dans les autres zones économiques (en particulier au Royaume-Uni et en zone euro) ; et 3) des complaintes d’autres pays concernant la force du dollar. Nous avons déjà le troisième facteur. En revanche, les deux autres sont absents. Résultat : la progression du dollar devrait continuer, selon nous. En se basant sur le taux de change réel effectif (qui est un moyen de comparer objectivement la force d’une monnaie par rapport à une autre), le dollar est 29% trop cher par rapport à l’euro. La dernière fois que cela s’est produit, c’était en 2002. Par la suite, la monnaie américaine s’était lentement dépréciée jusqu’au printemps 2008 (au moment de la crise immobilière américaine). Nous doutons que ce mouvement de balancier se produise à court terme. Nous restons toujours positionnés à l’achat sur le dollar et à la vente sur l’euro (comme c’est le cas de la majorité des investisseurs à en juger par le dernier rapport Commitment of Traders qui suit l’évolution des positions prises par les traders sur les devises).
  • La situation sur le plan climatique devient intenable dans certaines régions du monde. Le 6 septembre dernier, la chaleur a provoqué une demande historiquement élevée d’électricité en Californie. Les limites physiques sont proches. La demande a atteint un pic à plus de 50 000 MW – un niveau qui n’avait jamais été dépassé. La dernière fois que cette zone fut atteinte, ce fut en 2017. Il devient de plus en plus évident que certaines zones vont devenir difficilement vivables dans les années à venir. La Californie, qui bénéficie d’une forte attractivité économique, pourrait en pâtir à terme.

Aux Etats-Unis, la première estimation de l’indice des prix à la consommation (IPC) pour le mois d’août est publiée cet après-midi. Le consensus des économistes prévoit une nette décrue (passage de 8,5% à 8,1% en variation annuelle). Ce serait une énième confirmation que le pic d’inflation a été dépassé outre-Atlantique (ce qui n’est pas le cas en zone euro). En revanche, l’inflation sous-jacente (hors prix de l’énergie) pourrait continuer de croître. Cela serait le signe que l’inflation se répand dans tous les secteurs de l’économie, et en particulier dans les services. A court terme, cela ne change pas la trajectoire de la politique monétaire américaine (une hausse du taux directeur de 75 points de base la semaine prochaine est vraisemblable). En outre, la réunion de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE), initialement prévue ce jeudi, est reportée au 22 septembre prochain en raison du décès de la reine Elizabeth II. Le marché anticipe une hausse du taux directeur de 75 points de base (en ligne avec les décisions de la Banque Centrale Européenne et de la Banque du Canada).

Les résultats d’entreprises continuent mais à un rythme plus lent. Au menu cette semaine : DiDi Global (aujourd’hui), Inditex (mercredi), Polestar Automative et Adobe (jeudi). Le géant chinois des VTCs a entamé il y a quelques mois une nouvelle étape de son développement en se retirant de la Bourse de Wall Street (vote des actionnaires entériné le 23 mai dernier). Une cotation à la Bourse de Hong Kong est envisagée (en ligne avec les directives du parti communiste chinois). Mais avant cela, DiDi doit s’acquitter d’une amende record d’un milliard de dollars pour violation de la sécurité sur les données (infligée par les autorités chinoises). Même si beaucoup de valeurs en Chine semblent attractives, nous restons pour l’instant à l’écart du marché boursier chinois qui fait l’objet d’une pression trop importante du politique. C’est un facteur de risque important pour les investisseurs. 

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