C’est un tantinet tendu C’est un tantinet tendu C’est un tantinet tendu

C’est un tantinet tendu

Macro
Christopher Dembik

Responsable de l'analyse macro-économique

Les marchés financiers sont dans une phase de transition. Au cours de l’été, beaucoup d’investisseurs pensaient que le point bas avait été atteint. Les principaux risques avaient été intégrés dans les cours. C’était sans compter l’inflation persistante (le pic d’inflation est encore loin dans la plupart des économies) et les points de tension qui émergent naturellement en période de durcissement monétaire sur certains marchés (comme le marché obligataire). Les prochaines semaines vont être marquées par une volatilité accrue et, certainement, des tentatives d’interventions de plus en plus importantes des banques centrales sur le marché des devises. La Banque du Japon intervient déjà mais c’est aussi le cas de plusieurs banques centrales de pays émergents, comme celle d’Inde. Nous ne sommes pas encore confrontés à une crise monétaire – ce serait erroné à ce stade. En revanche, l’ajustement vers le nouveau paradigme économique et financier est brutal. Les investisseurs comprennent que nous entrons dans une crise longue qui, contrairement aux précédentes périodes de turbulences, se fait dans un contexte de raréfaction de la liquidité et de hausse des taux d’intérêt. C’est nouveau pour la plupart des investisseurs.

  • Les turbulences actuelles sur les marchés financiers vont entraîner d’importantes conséquences. Nous observons encore de nouvelles attaques spéculatives sur la livre sterling et sur l’euro. Les deux monnaies sont en situation de faiblesse. En revanche, il semble que les traders n’osent pas trop attaquer le seuil des 145 dollars sur le yen qui a été fixé par la Banque du Japon. Le Royaume-Uni apparaît de plus en plus comme le maillon faible européen. Le Fonds Monétaire International a critiqué ouvertement le paquet budgétaire dévoilé la semaine dernière. C’est inhabituel. Il a appelé à un ciblage plus précis sur les familles et les entreprises plutôt que d’effectuer d’importantes baisses d’impôts qui vont certainement accroître les inégalités et qui vont à rebours de la démarche suivie par la Banque d’Angleterre. Pour la France, l’équation budgétaire se complique alors que le débat parlementaire sur le budget 2023 va commencer. Le 10 ans français (qui sert de référence) se situe désormais autour de 2,72%. Le déficit budgétaire devrait grimper à 5%. Il va falloir emprunter 270 milliards d’euros en 2023. La charge de la dette devrait croître autour des 51 milliards d’euros du fait de la remontée des taux. Ces chiffres donnent le tournis. Pour rappel : un choc pérenne de l’ordre d’un point de taux par rapport au scénario de référence qui est présenté par Bercy induit une augmentation de la charge de la dette de 2,5 milliards d’euros en année 1 et de 6 milliards d’euros en année 2. Ce sera compliqué.
  • Les perturbations au niveau de l’approvisionnement énergétique vont continuer de peser sur la dynamique économique en zone euro. Cela crédibilise le scénario d’une entrée en récession. Il faut certainement s’attendre à ce que les actes de sabotage sur Nord Stream 1 et Nord Stream 2 fassent partis de notre quotidien cet hiver. Cela signifie que l’Europe ne pourra compter que sur le gaz naturel liquéfié (notamment en provenance des Etats-Unis). Cela va accroître substantiellement la facture énergétique.
  • En Asie, pour la première fois depuis plus de trente ans, la croissance chinoise sera inférieure cette année à celle du reste de l’Asie selon les prévisions de la Banque Mondiale (2,8% contre une estimation initiale de 5% pour la Chine). Cela s’explique à la fois par l’impact de la politique zéro Covid mais aussi par la fuite de beaucoup d’entreprises américaines qui ont décidé de diversifier leurs centres de production au détriment de la Chine (le mouvement a été enclenché avec la guerre commerciale opposant Washington et Pékin). En revanche, la Banque mondiale a revu à la hausse la croissance du Vietnam (beaucoup d’entreprises se sont délocalisées dans cette zone ces dernières années afin de profiter d’une main d’œuvre à bas coût et très qualifiée). En 2022, la croissance du Vietnam devrait atteindre 7,2% contre 5,3% (prévision d’avril dernier).

Les résultats d’entreprises continuent avec Polestar Automotive (secteur automobile), H&M, Nike, Micron Technology (semi-conducteurs) et CarMax (véhicules d’occasion).

Il y a peu de statistiques aujourd’hui. La dernière estimation du PIB américain au deuxième trimestre est un non-évènement. Les revendications hebdomadaires au chômage ne devraient pas susciter un intérêt plus important. Nous allons certainement rester sur un marché momentum.

 

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