Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
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Microsoft affiche des revenus liés à l’IA plus tangibles grâce à Azure et Copilot, tandis que Meta reste encore largement dépendant de la publicité.
Les investisseurs acceptent des dépenses massives tant que la demande, les contrats et la génération de trésorerie restent au rendez-vous.
L’ensemble du secteur technologique fait désormais face à un défi plus exigeant : développer ses capacités, tout en prouvant que les clients sont prêts à payer.
Le 29 juillet 2026, Microsoft et Meta ont publié des résultats solides pour leurs activités principales, tout en confirmant des investissements colossaux dans l’intelligence artificielle (IA). Pourtant, les marchés ont rendu deux verdicts très différents : l’action Microsoft a nettement progressé après la clôture, tandis que celle de Meta a reculé.
Les deux groupes construisent les infrastructures numériques indispensables au développement de l’IA. La différence, c’est ce que les investisseurs voient déjà en sortir aujourd’hui. Microsoft peut s’appuyer sur ses revenus issus du cloud, ses utilisateurs payants et ses revenus futurs déjà sécurisés par contrat. Meta, de son côté, peut mettre en avant une publicité plus performante, de meilleures recommandations et des produits prometteurs, mais les retombées financières directes restent encore difficiles à mesurer.
Le marché de l’IA est entré dans une nouvelle phase. Dépenser des milliards ne suffit plus à impressionner. Les investisseurs veulent désormais des résultats concrets.
Microsoft vend des logiciels et de la puissance de calcul aux entreprises. Azure, sa plateforme de cloud computing, permet à ses clients de louer du stockage, des capacités de calcul et des outils d’IA plutôt que de construire leurs propres infrastructures.
Azure a enregistré sa croissance la plus rapide depuis quatre ans, alors même que la demande dépasse toujours les capacités disponibles. Microsoft 365 Copilot, l’assistant IA intégré à des applications comme Excel, Teams et Word, a lui aussi franchi le cap des 30 millions d’utilisateurs payants.
Point important : la récente hausse du carnet de commandes de Microsoft provient désormais de clients situés en dehors des plus grands laboratoires spécialisés dans l’IA. Cela montre que la demande s’étend progressivement au-delà de quelques grands comptes très médiatisés.
L’entreprise continue d’investir massivement dans les puces, les centres de données et les équipements réseau. Les dépenses d’investissement correspondent aux sommes consacrées à la création d’actifs destinés à soutenir l’activité pendant plusieurs années. Pourtant, les investisseurs ont pu faire le lien entre ces dépenses, l’accélération de la croissance d’Azure et l’augmentation du nombre d’utilisateurs payants de Copilot. L’addition est élevée, mais le restaurant ne désemplit pas.
Meta est propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp. Le groupe tire la quasi-totalité de ses revenus de la publicité, en s’appuyant sur l’IA pour recommander des contenus et aider les annonceurs à toucher les bonnes personnes.
Ce moteur continue de tourner à plein régime. Le chiffre d’affaires a fortement progressé, Meta ayant diffusé davantage de publicités tout en augmentant leur prix. L’IA contribue déjà à maintenir l’engagement des utilisateurs et à rendre les publicités plus pertinentes.
Les inquiétudes apparaissent en dessous de la ligne de chiffre d’affaires. Les coûts ont augmenté bien plus vite que les ventes, le flux de trésorerie disponible est tombé à un niveau proche de zéro et Meta a relevé le bas de sa fourchette de dépenses annuelles. Le flux de trésorerie disponible correspond aux liquidités qu’il reste après avoir financé l’activité courante et les investissements de long terme.
Meta étudie plusieurs pistes, comme des abonnements, un accès payant à ses modèles d’IA ou encore la commercialisation de sa puissance de calcul. Ces initiatives pourraient devenir importantes à terme. Pour l’instant, c’est toujours la publicité qui finance l’essentiel de ces investissements.
Cela explique la réaction des marchés. Microsoft a présenté un lien beaucoup plus clair entre ses dépenses et ses revenus. Meta demande encore aux investisseurs de croire que ce lien est en train de se construire.
Ces résultats confortent les fournisseurs d’infrastructures pour l’IA. La forte demande profite aux fabricants de puces, aux producteurs de mémoire, aux entreprises spécialisées dans les réseaux, aux experts du refroidissement, aux fabricants d’équipements électriques et aux constructeurs de centres de données. Les contraintes de capacité chez Microsoft montrent que le développement de ces infrastructures est loin d’être terminé.
En revanche, les plus grands groupes technologiques sont désormais soumis à des exigences plus élevées. Alphabet, Amazon et les autres devront démontrer que chaque nouveau centre de données génère une demande rentable, et pas seulement une capacité supplémentaire.
Les éditeurs de logiciels sont confrontés au même défi. Ajouter un bouton « IA » est facile. Convaincre les clients de payer davantage, d’utiliser le produit régulièrement et de rester fidèles l’est beaucoup moins. C’est pourquoi la progression du nombre d’utilisateurs payants de Copilot est bien plus parlante qu’une démonstration spectaculaire.
Les améliorations apportées par Meta à son activité publicitaire sont elles aussi importantes, mais les investisseurs feront de plus en plus la distinction entre les bénéfices indirects et les nouvelles sources de revenus. De meilleures recommandations peuvent renforcer une activité existante. En revanche, un client payant constitue une preuve bien plus tangible de la création d'une nouvelle activité.
Le premier risque est celui d’un excès de capacités. Les centres de données mettent plusieurs années à être construits, et si plusieurs entreprises augmentent simultanément leurs capacités, une situation de pénurie pourrait rapidement se transformer en surcapacité.
Le deuxième risque concerne la rentabilité. L’électricité, les spécialistes qualifiés, les infrastructures réseau et les amortissements restent très coûteux. Le chiffre d’affaires peut progresser alors même que la génération de trésorerie s’affaiblit.
Meta doit également composer avec des coûts juridiques et réglementaires, tandis que Microsoft reste exposé au risque de voir ses plus gros clients revoir leurs plans de dépenses. Parmi les signaux d’alerte figurent un ralentissement des commandes dans le cloud, une adoption décevante des logiciels et des dépenses d’investissement qui progressent plus vite que le chiffre d’affaires.
Suivez les revenus directement liés à l’IA, et pas seulement les promesses de la direction sur le potentiel futur.
Comparez les dépenses d’investissement au flux de trésorerie disponible, aux marges et au niveau de demande déjà sécurisé par contrat sur plusieurs trimestres.
Distinguez les fournisseurs d’infrastructures de leurs clients, car une même vague d’investissements ne crée pas les mêmes risques pour chacun.
Conservez des tailles de position raisonnables lorsque les valorisations intègrent déjà plusieurs années de forte croissance.
Microsoft et Meta investissent tous deux comme si l’IA allait transformer l’économie. Ils ont peut-être raison. Mais ce trimestre montre que les investisseurs ne récompensent plus uniquement les ambitions. À ce stade, Microsoft apporte des preuves plus convaincantes : ses clients louent sa puissance de calcul, signent des contrats de longue durée et paient pour utiliser Copilot.
Meta dispose d’une audience immense et d’une puissante activité publicitaire, mais le groupe doit encore démontrer comment ses nouveaux produits d’IA pourront générer des revenus durables. La leçon n’est pas qu’une stratégie est gagnante et l’autre vouée à l’échec. Elle est que la patience des investisseurs est désormais conditionnelle. À ce stade du boom de l’IA, le marché est toujours prêt à financer la construction de l’usine, mais il veut désormais voir ce qui en sort réellement.
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