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Les élections de mi-mandat mettent l’IA sous pression et l’or sous les projecteurs

Actions 8 minutes de lecture

Disclaimer : Ce contenu constitue une communication marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. La négociation d’instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.


Ce qu’il faut retenir :

1. Le blocage politique remplace les perspectives de relance. Un Congrès à majorité démocrate limiterait les possibilités de Trump de stimuler davantage l’économie et d’adopter de nouvelles mesures fiscales. Il ne pourrait toutefois pas revenir à lui seul sur l’ensemble du programme économique du président. Les pouvoirs exécutifs du président, la législation existante et le veto présidentiel restent des éléments importants.

2. Les exigences envers l’IA augmentent, mais son essor n’est pas terminé. L’attention accrue portée à la réglementation de l’IA, aux centres de données, aux coûts énergétiques et aux incitations à l’investissement intervient alors que les investisseurs s’interrogent déjà sur la rentabilité des investissements massifs dans l’IA. Cela pourrait accélérer le passage d’une exposition large à l’IA vers des entreprises disposant de flux de trésorerie solides, d’un pouvoir de fixation des prix et d’un retour sur investissement clairement identifiable.

3. Les principales opportunités pourraient se trouver en dehors du secteur technologique américain, où les positions sont déjà très concentrées. La baisse des rendements des obligations d’État américaines et un dollar plus faible peuvent soutenir l’or, certains marchés émergents, les actions asiatiques et les obligations à plus longue échéance. Les investisseurs ont toutefois intérêt à ne pas considérer chaque réaction initiale du marché comme une tendance durable, notamment au vu des risques liés à l’inflation, à la géopolitique et aux bénéfices des entreprises.


Les marchés sont confrontés à un tournant politique à un moment délicat pour les valeurs liées à l’IA. Les démocrates étaient déjà en bonne voie pour reprendre la Chambre des représentants, mais leurs bons résultats aux élections sénatoriales ont transformé la défaite attendue des républicains aux élections de mi-mandat en une possible victoire démocrate dans les deux chambres du Congrès. Cela augmente la probabilité de deux dernières années de mandat nettement plus conflictuelles pour le président Trump. Les contrats à terme sur les actions américaines ont ainsi subi des pressions, avec des pertes particulièrement marquées dans la technologie, tandis que les obligations d’État américaines, l’or et les devises autres que le dollar ont été soutenus.

Les investisseurs doivent toutefois distinguer trois éléments : la réaction immédiate à une surprise politique, les mesures qui peuvent réellement changer et les fondamentaux des entreprises.

Partie 1 : le tournant politique

Q1. Que signifie une victoire démocrate pour l’économie américaine et les marchés ?

La principale conséquence est que Washington passe d’un programme politique relativement cohérent à un blocage politique accru.

Trump reste président, mais un Congrès contrôlé par les démocrates limiterait considérablement son programme législatif, notamment en matière de fiscalité, de relance budgétaire et de dépenses publiques. Les démocrates n’auraient toutefois pas non plus les mains libres pour réécrire les politiques en place, puisque Trump conserve son droit de veto. Le scénario le plus probable est donc celui de deux années de confrontation politique, de contrôle accru de la part du Congrès et de blocage législatif, plutôt qu’une remise en cause immédiate des politiques existantes.

Pour les marchés, cela signifie moins de certitude quant aux futures mesures de relance et, potentiellement, davantage d’incertitude réglementaire.

La réaction immédiate reflète trois préoccupations : une marge de manœuvre réduite pour un soutien budgétaire supplémentaire, un contrôle renforcé de l’IA et des géants technologiques, et un possible ralentissement de la dynamique de croissance qui soutient les performances exceptionnelles de l’économie américaine.

Q2. Cela signifie-t-il la fin du programme économique de Trump ?

Non. Il serait freiné, pas démantelé.

Cette distinction est importante, car le Congrès et la Maison-Blanche disposent de leviers différents.

  • Fiscalité et relance budgétaire : De nouvelles baisses d’impôts ou de vastes programmes de dépenses seraient plus difficiles à faire adopter. La législation fiscale existante ne disparaît pas automatiquement.
  • IA et technologie : Le Congrès peut renforcer son contrôle et limiter de nouvelles mesures incitatives, mais toute nouvelle réglementation d’envergure reste exposée au risque d’un veto présidentiel.
  • Commerce et droits de douane : Trump conserve d’importants pouvoirs exécutifs, dans les limites prévues par la loi. Le seul contrôle du Congrès ne suffit pas à écarter le risque lié aux droits de douane.
  • Énergie et géopolitique : La Maison-Blanche conserve une influence considérable sur la politique étrangère, les sanctions et les décisions militaires.
  • Nominations : Une majorité démocrate au Sénat peut compliquer considérablement la nomination de juges et de hauts responsables de l’administration.

Le risque est qu’une confrontation politique accrue entraîne des conflits budgétaires, des menaces de fermeture des administrations fédérales ou de la volatilité autour du plafond de la dette.

Notre point de vue : Le marché suppose peut-être trop rapidement qu’un Congrès démocrate entraînerait automatiquement une croissance plus faible. Une grande partie du cadre politique existant reste intacte, tandis que le cycle d’investissement du secteur privé se poursuit.

Q3. Une victoire démocrate entraînera-t-elle une baisse de l’inflation et des taux d’intérêt ?

Elle pourrait atténuer une partie des pressions haussières sur les rendements des obligations d’État américaines, mais les conséquences pour l’inflation sont moins simples.

Une probabilité plus faible de nouvelles mesures de relance financées par la dette peut réduire les anticipations d’émissions d’obligations d’État américaines et les besoins de financement à long terme par rapport à la trajectoire politique précédente.

Cela contribue à expliquer pourquoi les rendements des obligations d’État américaines ont baissé à mesure que les résultats électoraux étaient annoncés.

Moins de relance budgétaire ne signifie toutefois pas automatiquement moins d’inflation. Les droits de douane, les prix de l’énergie, les salaires et les contraintes d’offre peuvent continuer à exercer des pressions.

Pour la Fed, les élections ne changent rien à son mandat. Si la croissance ralentit alors que l’inflation reste élevée, les décisions de politique monétaire pourraient devenir plus complexes.

Ce que cela signifie pour les investisseurs : les obligations peuvent bénéficier de perspectives de croissance plus faibles, mais une hausse durable de leurs cours nécessite une confirmation par les données économiques et les tendances de l’inflation, et pas seulement par les résultats électoraux.


Partie 2 : le tournant de l’IA

Q4. Pourquoi les valeurs technologiques et liées à l’IA sont-elles aussi durement touchées ?

Les élections accélèrent une réévaluation des valeurs liées à l’IA qui était déjà en cours.

Le secteur a abordé les élections de mi-mandat avec des valorisations élevées, d’énormes dépenses d’investissement prévues et des inquiétudes croissantes chez les investisseurs quant à la rapidité avec laquelle ces investissements se traduiront en bénéfices.

Un Congrès démocrate ajoute désormais une nouvelle source d’incertitude : un contrôle renforcé.

Trois risques spécifiques se dégagent :

  • Un contrôle accru : Des enquêtes du Congrès sur les entreprises d’IA, la concurrence, la protection des consommateurs, la confidentialité des données et la sécurité des modèles d’IA.
  • Des contraintes pour les centres de données : Une attention accrue à la consommation d’électricité, aux coûts du réseau électrique, à la consommation d’eau et aux autorisations. L’opposition locale peut entraîner une hausse des coûts et des retards dans les projets.
  • Des incertitudes sur les investissements : Un cadre réglementaire plus strict peut rendre les investisseurs plus exigeants quant au financement et à la rentabilité des infrastructures d’IA.

Le renforcement du contrôle exercé par le Congrès peut accentuer les appels à des normes de sécurité pour l’IA, à des évaluations indépendantes des modèles d’IA et à une responsabilité accrue des développeurs de centres de données.

Cela ne signifie toutefois pas une politique ouvertement hostile à l’IA. L’IA revêt une importance stratégique pour la compétitivité américaine, notamment face à la Chine, et les deux partis restent très attachés au maintien du leadership américain.

Notre point de vue : Le résultat politique agit comme un catalyseur de réévaluation. Mais le problème de fond est que les investisseurs sont de moins en moins disposés à récompenser les dépenses dans l’IA sans perspective crédible de retour sur investissement.

Q5. Cela pourrait-il marquer le début de la fin du boom de l’IA ?

Non. Mais cela pourrait marquer une nouvelle étape dans la transition entre un boom des investissements dans l’IA et un cycle centré sur la rentabilité.

Jusqu’à récemment, les entreprises étaient souvent récompensées simplement parce qu’elles développaient leurs capacités d’IA. Les investisseurs posent désormais des questions plus difficiles : qui finance cette expansion ? Quel niveau d’endettement implique-t-elle ? À quelle vitesse ces capacités généreront-elles du chiffre d’affaires ? Et qui en récoltera finalement les bénéfices économiques ?

Trois groupes se distinguent de plus en plus clairement parmi les valeurs liées à l’IA :

Leaders établis

Plateformes rentables, grands fabricants de puces et fabricants de mémoires disposant de bilans plus solides et d’une bonne visibilité sur la demande. Ils sont plus résilients, même s’ils ne sont pas à l’abri d’une baisse des valorisations.

Infrastructures à forte intensité capitalistique

Développeurs de centres de données et fournisseurs de capacités financées par la dette, confrontés à des risques accrus en matière de financement, d’énergie et de réglementation.

Entreprises utilisatrices de l’IA

Entreprises qui utilisent l’IA pour améliorer leur productivité, leurs marges et l’expérience client, sans devoir financer elles-mêmes l’ensemble du déploiement des infrastructures.

Dans la prochaine phase du développement de l’IA, ce troisième groupe pourrait être de plus en plus récompensé, tandis que la sélectivité restera importante au sein du premier.

Cela signifie aussi que certains des investissements les plus intéressants liés à l’IA pourraient, à terme, se trouver en dehors de l’univers traditionnel des semi-conducteurs et des hyperscalers.

Q6. Est-ce une occasion d’acheter des valeurs technologiques américaines après la baisse ?

Les baisses de cours peuvent créer des opportunités, mais cela ne signifie pas que toutes les valeurs technologiques et liées à l’IA sont automatiquement devenues plus attrayantes après une correction.

Les contrats à terme sur le Nasdaq-100 se rapprochaient de niveaux de survente sur le plan technique, avec un RSI à 14 jours qui se dirigeait vers 30. Cela peut ouvrir la voie à un rebond à court terme, surtout lorsque le positionnement du marché devient extrême.

Mais le contrat à terme est également passé sous sa moyenne mobile à 200 jours. Cela indique que les ventes déclenchées par des signaux techniques et les nouvelles positions vendeuses peuvent prolonger la volatilité.

Il faut distinguer un rebond technique d’une réévaluation fondée sur les fondamentaux.

Pour les investisseurs à long terme, il peut donc être pertinent d’examiner, au sein du secteur de l’IA, la rentabilité, la solidité du bilan, la qualité de la clientèle et l’évolution des flux de trésorerie. Pour les entreprises d’infrastructure à forte intensité capitalistique, des facteurs tels que l’endettement, les coûts de financement et la dépendance à la poursuite de la croissance des investissements jouent également un rôle important.

La baisse des rendements des obligations d’État américaines ne soutient pas non plus nécessairement toutes les valeurs de croissance. Des taux d’actualisation plus faibles peuvent soutenir les valorisations, mais cet effet peut être limité si les prévisions de bénéfices se dégradent simultanément.

En bref : les récentes baisses de cours remettent les différences au sein du secteur de l’IA au premier plan. La saison des résultats, avec notamment les prochaines publications de Nvidia, constituera un nouveau test important pour la thèse d’investissement dans l’IA.


Partie 3 : quelles conséquences pour les différentes classes d’actifs ?

Q7. Quelles sont les perspectives pour les actions, les obligations, les devises et les matières premières après la victoire démocrate ?

Il s’agit d’une appréciation des tendances possibles, et non d’une prévision des cours. Par court terme, nous entendons les prochains jours et les prochaines semaines.

Classe d’actifs

Perspective à court terme

Principaux arguments et risques

Actions américaines

Prudence

Des perspectives de relance réduites et un contrôle accru de l’IA pèsent sur les valorisations. De solides résultats d’entreprises peuvent limiter les pressions baissières.

Valeurs américaines liées à l’IA / Nasdaq

Volatilité

Inquiétudes concernant la réglementation et les dépenses d’investissement ; des niveaux de survente peuvent déclencher un rebond marqué.

Obligations d’État américaines

Positive

Moins de mesures de relance attendues et des rendements plus faibles. Une inflation persistante et les déficits budgétaires peuvent interrompre la hausse.

Dollar américain

Pressions baissières

Un avantage de taux réduit et une révision des perspectives de croissance.

EUR et JPY

Soutenus

La faiblesse du dollar et la baisse des rendements apportent un soutien, même si les fondamentaux nationaux diffèrent.

Or

Positive

Des taux réels plus faibles, un dollar moins fort et l’incertitude politique. Vulnérable à une remontée des rendements ou à une escalade au Moyen-Orient.

Pétrole

Risques dans les deux sens

Les inquiétudes sur la croissance pèsent sur les prix, mais une escalade autour de l’Iran peut provoquer de fortes hausses.

Devises des marchés émergents

Positive de manière sélective

Un dollar plus faible et une volatilité réduite soutiennent les stratégies de portage, tandis que les risques nationaux limitent le rebond.

Q8. Le dollar américain entame-t-il une baisse plus durable ?

Il existe de bons arguments en faveur d’un dollar plus faible, mais il est trop tôt pour annoncer la fin de la prééminence économique américaine.

Le mécanisme à court terme est assez simple : des attentes réduites en matière de relance budgétaire pèsent sur les rendements des obligations d’État américaines, ce qui diminue l’avantage de taux du dollar.

Parallèlement, l’incertitude accrue concernant le leadership technologique américain peut inciter les investisseurs internationaux à diversifier davantage leurs portefeuilles.

L’euro et le yen ont déjà réagi positivement à cette dynamique. L’évolution du dollar dépendra toutefois, en définitive, de la croissance économique relative et des écarts de taux d’intérêt. Si l’économie américaine continue de mieux se porter que les autres économies, ou si les tensions géopolitiques s’intensifient, la demande de dollars pourrait repartir à la hausse.

Notre point de vue : Nous voyons davantage d’arguments pour réduire une concentration excessive en dollars que pour miser de manière agressive et unilatérale sur une baisse du billet vert.

Q9. Quelles conséquences pour les obligations d’État américaines ? Les échéances longues redeviennent-elles attrayantes ?

Les élections renforcent à court terme les arguments en faveur des obligations d’État américaines.

Un Congrès démocrate pouvant limiter de nouvelles mesures de relance budgétaire, les investisseurs réévaluent leurs attentes en matière de croissance, de besoins de financement et de taux d’intérêt.

Cela peut soutenir les obligations de deux façons : par des perspectives de croissance plus faibles et par une diminution de la prime liée à l’expansion budgétaire qui était auparavant intégrée dans les rendements.

Un blocage politique n’est toutefois pas un programme de désendettement. Les États-Unis restent confrontés à une charge d’intérêts considérable et à des pressions structurelles sur les finances publiques, quel que soit le parti qui contrôle le Congrès.

Dans ce contexte, la partie intermédiaire de la courbe des taux américaine pourrait particulièrement retenir l’attention, car elle combine des revenus d’intérêts et une sensibilité potentielle des cours aux changements des perspectives de croissance.

Les échéances longues sont généralement plus sensibles aux variations des anticipations d’inflation et de la prime de terme. Le principal risque reste donc qu’une inflation plus élevée ou une hausse de la prime de terme fasse remonter les taux à long terme, malgré une croissance économique plus faible.

Q10. L’or est-il l’un des gagnants des élections de mi-mandat ?

L’or bénéficie d’une combinaison de facteurs plutôt favorable : des rendements américains plus faibles, un dollar moins fort et un regain d’incertitude politique.

Son attrait dépasse le seul cadre des élections. Les tensions géopolitiques, les préoccupations concernant la soutenabilité des finances publiques et la volonté de mieux diversifier des portefeuilles d’actions fortement concentrés continuent de soutenir les arguments stratégiques en faveur de l’or.

Les investisseurs doivent toutefois distinguer l’or comme outil de diversification du portefeuille de l’or comme position à court terme liée aux évolutions politiques.

Si les rendements américains remontent ou si le dollar se redresse, l’or peut à nouveau reculer. Une nouvelle escalade géopolitique reste un risque baissier important pour l’or, en particulier si le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’intensifie.

Notre point de vue : L’or reste utile comme protection stratégique contre l’inflation, les perturbations géopolitiques et l’incertitude politique, plutôt que comme moyen de profiter des mouvements immédiats liés aux élections.


Partie 4 : que peuvent faire les investisseurs maintenant ?

Q11. Est-ce une raison de délaisser les placements américains au profit des marchés internationaux ?

Cela renforce les arguments en faveur de la diversification, mais pas ceux d’un abandon complet des actions américaines.

Les entreprises américaines conservent des avantages considérables en matière de leadership technologique, de rentabilité, d’innovation et d’accès au capital. Un blocage politique ne fait pas disparaître ces atouts.

Le marché est toutefois fortement concentré dans la technologie américaine, et les investisseurs peuvent de plus en plus se demander si les mêmes entreprises peuvent continuer à générer des rendements exceptionnels avec des valorisations élevées.

Nous identifions trois pistes possibles pour renforcer la diversification :

  • Asie : Une exposition sélective à la technologie chinoise et aux entreprises qui bénéficient de l’adoption de l’IA sur leur marché intérieur.
  • Une diversification plus large au sein des actions américaines : Une exposition équipondérée, des entreprises de qualité en dehors des plus grands groupes technologiques, la santé et les entreprises capables d’améliorer leurs marges grâce à l’IA.
  • Une diversification entre classes d’actifs : Des obligations à échéance intermédiaire et de l’or comme positions complémentaires, plutôt que de compter entièrement sur les actions pour le rendement du portefeuille.

La distinction importante est qu’une correction des valeurs technologiques américaines ne signifie pas automatiquement que toutes les actions internationales progresseront. Un mouvement généralisé d’aversion au risque peut toucher les deux.

Q12. Qu’est-ce qui pourrait inverser la réaction négative actuelle des marchés ?

Trois catalyseurs principaux se dégagent.

Premièrement : les résultats des entreprises liées à l’IA. Si les grandes entreprises technologiques démontrent que leurs dépenses d’investissement se traduisent en chiffre d’affaires et en bénéfices, les inquiétudes concernant le cycle d’investissement dans l’IA pourraient s’atténuer.

Deuxièmement : les données économiques. Des chiffres solides sur l’emploi et la croissance aux États-Unis pourraient remettre en cause l’idée selon laquelle le blocage politique affaiblira considérablement l’économie. Une inflation persistante pourrait également mettre fin à la hausse des obligations d’État américaines.

Troisièmement : une plus grande clarté sur les politiques à venir. Si les investisseurs concluent que le nouveau Congrès peut alimenter l’agitation politique, mais dispose de peu de moyens pour perturber réellement les investissements dans l’IA, une partie de la prime de risque réglementaire pourrait disparaître.

Le risque pour ce scénario plus favorable est que l’incertitude politique coïncide avec un ralentissement de la croissance des bénéfices, des conditions de financement plus difficiles pour l’IA ou un nouveau choc géopolitique.

Q13. Quels sont les principaux éléments à surveiller d’ici la fin de l’année ?

Nous nous concentrerions sur quatre questions, plutôt que sur les seuls résultats électoraux.

1. Les dépenses dans l’IA ralentissent-elles, ou le marché exige-t-il simplement un meilleur rendement ? Surveillez les résultats de Nvidia, les perspectives d’investissement des hyperscalers, le financement des centres de données et les commandes de semi-conducteurs.

2. La baisse des rendements des obligations d’État américaines est-elle portée par de meilleures perspectives d’inflation ou par une dégradation des anticipations de croissance ? Cette distinction est importante pour les actions et les obligations d’entreprises.

3. La faiblesse du dollar se prolonge-t-elle ? Une baisse durable pourrait apporter un soutien plus marqué aux actions asiatiques, aux devises des marchés émergents et à l’or.

4. Le blocage politique débouche-t-il sur un conflit budgétaire ? Les négociations budgétaires, les évolutions autour du plafond de la dette, les enquêtes des commissions du Congrès et de nouvelles restrictions sur les centres de données au niveau des États pourraient devenir les prochaines sources de volatilité.

Les deux prochains mois permettront de déterminer si les élections de mi-mandat ont simplement accéléré une rotation de marché déjà en cours, ou si elles marquent le début d’un changement plus profond dans les segments qui tirent les marchés.

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