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Des indices boursiers calmes, mais beaucoup de mouvement sous la surface
Après une semaine d’absence, un constat s’impose à la lecture de l’actualité boursière : la demande pour l’intelligence artificielle reste forte, mais Wall Street se montre de moins en moins patient face à la facture.
Les résultats de Meta et de Tesla ont parfaitement illustré cette tension la semaine dernière.
Meta a enregistré une impressionnante croissance de son chiffre d’affaires de 26%, portée par la vigueur de ses activités publicitaires. Le nombre de publicités diffusées a progressé de 10%, tandis que le prix moyen par publicité a augmenté de 14%. Ces chiffres illustrent la manière dont l’IA aide déjà le groupe à tirer davantage de revenus de ses activités existantes.
L’action a pourtant perdu environ 7%. La raison ? Meta a relevé ses prévisions d’investissements pour 2026 à 135 à 145 milliards de dollars, tandis que le flux de trésorerie disponible est devenu négatif sur le trimestre.
Les bénéfices de l’IA pour les activités publicitaires de Meta sont déjà visibles aujourd’hui. Il est en revanche beaucoup plus difficile d’évaluer le rendement futur des investissements colossaux consacrés aux nouveaux modèles d’IA et aux infrastructures.
Chez Tesla, c’est presque l’inverse qui s’est produit.
Le flux de trésorerie disponible a agréablement surpris et l’entreprise a revu à la baisse ses investissements prévus pour 2026. L’action a pourtant reculé elle aussi. Les investisseurs se sont demandé si cette réduction des dépenses ne risquait pas de ralentir les progrès dans la conduite autonome, la robotique et les autres ambitions du groupe dans l’IA.
Meta est sanctionné parce qu’il dépense davantage, Tesla parce qu’il dépense moins.
Cela peut sembler contradictoire, mais le message de fond est identique : les investisseurs veulent que les dépenses s’accompagnent de perspectives de rendement crédibles. Afficher de plus grandes ambitions dans l’IA ne suffit plus. Les questions relatives aux flux de trésorerie, à la rentabilité et à l’exécution des plans deviennent plus pressantes.
Des changements étaient également visibles sur l’ensemble du marché. Le Nasdaq a perdu environ 0,7% la semaine dernière, tandis que le Russell 2000 a gagné près de 2%. Derrière les mouvements relativement limités des grands indices, certaines parties du marché ont nettement surperformé les géants technologiques qui ont longtemps dominé les rendements boursiers.
Performance hebdomadaire | 19–23 octobre 2026 | en USD
Marché / secteur | Instrument | Performance hebdomadaire |
Marché au sens large | ||
S&P 500 | Indice | −0,5% |
Nasdaq Composite | Indice | −0,7% |
Russell 2000 | Indice | +2,0% |
Dow Jones | Indice | +0,4% |
Mouvements au sein de la technologie | ||
Cybersécurité | ETF HACK | +9,2% |
Logiciels | ETF IGV | +6,0% |
Semi-conducteurs | ETF SMH | −2,3% |
Autres secteurs | ||
Biotechnologies | ETF IBB | +2,9% |
Énergie | ETF XLE | +1,6% |
Santé | ETF XLV | +1,5% |
Immobilier | ETF XLRE | +1,0% |
Biens de consommation de base | ETF XLP | +0,7% |
Obligations | ||
Obligations d’État américaines à longue échéance | ETF TLT | +1,6% |
Obligations d’État américaines à échéance de 7 à 10 ans | ETF IEF | +0,7% |
Obligations d’entreprises investment grade | ETF LQD | +0,4% |
Sources : Bloomberg, Saxo
Pour les investisseurs, cinq mouvements méritent désormais une attention particulière.
L’un des mouvements les plus marquants de la semaine dernière s’est produit au sein même du secteur technologique.
L’ETF SOXX consacré aux semi-conducteurs a perdu environ 3%, tandis que l’ETF logiciel IGV a gagné près de 6% et que l’ETF de cybersécurité HACK a progressé d’environ 9%.
Cela ne signifie pas que la vague d’investissements dans les infrastructures d’IA est terminée. La demande de puissance de calcul et de puces mémoire reste élevée. Mais le marché s’interroge de plus en plus sur la capacité de ces investissements colossaux dans les infrastructures à générer des revenus à la hauteur.
Les prochaines opportunités pourraient se situer du côté des entreprises qui aident leurs clients à mettre concrètement l’IA au travail.
Des éditeurs de logiciels comme Microsoft, Salesforce et ServiceNow peuvent bénéficier de l’adoption de l’IA par les entreprises pour automatiser les tâches quotidiennes, accroître la productivité et réduire les coûts. Les spécialistes de la cybersécurité comme Palo Alto Networks, CrowdStrike et Fortinet peuvent, eux, profiter du besoin croissant de protéger les infrastructures numériques et des systèmes d’IA de plus en plus autonomes.
Pour les investisseurs, l’enjeu consiste à identifier les entreprises capables de démontrer que leurs clients utilisent réellement leurs applications, que leurs revenus sont récurrents et que leurs marges bénéficiaires s’améliorent. Annoncer de nouveaux produits d’IA ne suffit plus.
Les investisseurs actifs peuvent comparer les performances d’ETF logiciels comme IGV à celles d’ETF de semi-conducteurs comme SOXX. Cela peut donner des indications sur la poursuite ou non de ce mouvement.
Le risque : Les valeurs logicielles peuvent elles aussi afficher des valorisations élevées. L’IA pourrait en outre mettre sous pression certains modèles économiques existants. À l’inverse, de solides résultats des grands groupes du cloud pourraient rapidement raviver l’enthousiasme pour les fabricants de puces.
La semaine boursière a également montré que la faiblesse des grandes valeurs technologiques ne signifie pas nécessairement que l’ensemble du marché est sous pression.
Les actions du secteur de la santé ont gagné environ 1,5%, les biotechnologies près de 3% et les valeurs énergétiques ont profité du maintien des prix du pétrole à des niveaux élevés.
Ces secteurs tirent la croissance de leurs bénéfices et leurs rendements d’autres moteurs.
Des groupes de santé comme Johnson & Johnson, AbbVie et Eli Lilly bénéficient d’une demande relativement résiliente, de l’innovation médicale et de tendances structurelles telles que le vieillissement de la population. L’ETF XLV permet d’obtenir une exposition plus diversifiée au secteur.
Des groupes énergétiques comme Exxon Mobil et Chevron peuvent profiter de prix élevés du pétrole. Le revers de la médaille est que la hausse des coûts de l’énergie peut elle aussi alimenter l’inflation et peser sur la croissance économique.
Pour les investisseurs à la recherche d’une demande et de flux de trésorerie plus prévisibles, les producteurs de biens de consommation de base et les services aux collectivités constituent une autre piste. Des ETF comme XLP et XLU offrent une exposition diversifiée à ces secteurs.
Pour les investisseurs, l’intérêt réside surtout dans une moindre dépendance à une poignée de géants technologiques et dans la capacité à identifier à temps de nouveaux moteurs de performance en Bourse.
Le risque : Les secteurs défensifs ne sont pas à l’abri des baisses boursières. Les performances des valeurs énergétiques restent en outre fortement tributaires du prix du pétrole. Un ralentissement plus marqué de l’économie pourrait également peser sur les bénéfices des entreprises.
La meilleure tenue des petites entreprises a également marqué la semaine dernière. Le Russell 2000 a gagné environ 2%, tandis que le S&P 500 a reculé de 0,5% et le Nasdaq de 0,7%.
Cela peut indiquer que les investisseurs commencent à regarder au-delà des géants technologiques qui ont longtemps dominé les performances boursières.
Les petites capitalisations, ou « small caps », donnent accès à un éventail plus large d’entreprises souvent davantage tournées vers leur marché domestique. Beaucoup sont restées à l’écart du rallye de l’IA. Elles pourraient bénéficier d’une économie qui reste résiliente et d’un élargissement de la hausse boursière à davantage d’entreprises.
Des ETF comme IWM, qui suit le Russell 2000, et IJR, qui réplique le S&P SmallCap 600, permettent une exposition diversifiée. Pour être admise dans ce dernier indice, une entreprise doit respecter un critère de rentabilité. Cela peut intéresser les investisseurs souhaitant mettre davantage l’accent sur la qualité au sein du segment des petites capitalisations.
La performance d’IWM par rapport à SPY mérite dès lors d’être suivie. Une surperformance durable des petites capitalisations pourrait indiquer que ce mouvement de rotation en Bourse s’installe davantage.
Le risque : Les petites entreprises sont généralement plus sensibles au coût du financement, aux conditions de crédit et à la croissance de l’économie domestique. Tant que les taux obligataires américains restent élevés et que la Réserve fédérale laisse la porte ouverte à un nouveau resserrement de sa politique, une hausse durable devra être soutenue par les bénéfices des entreprises et les conditions de financement. Un simple mouvement temporaire hors des valeurs technologiques ne suffira pas.
Lorsque les valeurs technologiques progressent fortement, les dividendes peuvent rapidement sembler peu séduisants. Mais lorsque les valorisations deviennent plus difficiles à justifier et que les marchés se montrent plus volatils, des revenus réguliers regagnent en attrait.
Les actions de qualité versant des dividendes offrent une source de rendement qui ne dépend pas entièrement de la hausse des cours boursiers.
On peut notamment citer les entreprises qui augmentent régulièrement leur dividende, comme Procter & Gamble, Coca-Cola et Johnson & Johnson, mais aussi les groupes financiers disposant d’un bilan solide ainsi que certaines entreprises de services aux collectivités ou sociétés immobilières cotées, également appelées REIT.
Des ETF de dividendes comme SCHD, VIG et DGRO offrent différentes manières diversifiées de s’exposer à ce thème.
La distinction essentielle est celle entre un rendement du dividende élevé et un dividende durable. Les entreprises disposant d’un flux de trésorerie disponible solide, d’un endettement maîtrisable et d’une marge de manœuvre pour augmenter leurs distributions peuvent être mieux positionnées que celles dont le rendement du dividende est surtout élevé parce que leur cours de Bourse a fortement baissé.
Le risque : Un dividende peut être réduit, et les actions à dividende peuvent elles aussi perdre de la valeur. Alors que les obligations d’État offrent à nouveau un rendement concurrentiel, les revenus de dividendes doivent suffisamment rémunérer les investisseurs pour le risque supplémentaire lié aux actions.
Le marché obligataire a lui aussi enregistré un mouvement intéressant la semaine dernière.
Le taux américain à dix ans a reculé d’environ 10 points de base, soit 0,10 point de pourcentage, pour terminer la semaine aux alentours de 5%. Les obligations d’État américaines à longue échéance se sont appréciées, les investisseurs ayant recherché davantage de sécurité pendant le repli des valeurs technologiques.
Ce mouvement rappelle les différents rôles que les obligations peuvent jouer dans un portefeuille.
Premièrement, elles procurent des revenus. Avec des rendements sur les obligations d’État américaines qui restent proches de 5%, les investisseurs ne doivent pas compter uniquement sur les plus-values en Bourse pour générer un rendement.
Deuxièmement, elles peuvent contribuer à la diversification. Les obligations d’État peuvent s’apprécier lorsque les actions reculent en raison d’inquiétudes concernant la croissance économique ou de valorisations élevées.
Troisièmement, elles peuvent générer des plus-values si les taux continuent de baisser. C’est particulièrement vrai pour les obligations à longue échéance.
Les obligations d’État américaines à court ou moyen terme peuvent offrir des revenus tout en étant moins sensibles aux mouvements de taux que les obligations à longue échéance. Des ETF comme SGOV et IEF en sont des exemples. TLT réagit davantage aux variations des taux d’intérêt à long terme.
Le risque : L’inflation reste élevée et les prix du pétrole ont progressé. Si la Fed signale un nouveau resserrement de sa politique ou si les anticipations d’inflation repartent à la hausse, les rendements obligataires pourraient de nouveau augmenter. Les cours des obligations seraient alors sous pression.
Les prochains jours pourraient montrer si les mouvements observés la semaine dernière se poursuivent.
Microsoft et Alphabet publieront leurs résultats mercredi, suivis par Amazon jeudi. Les investisseurs surveilleront la croissance des activités cloud, les dépenses consacrées à l’IA, les marges bénéficiaires et le flux de trésorerie disponible. Ces éléments permettront d’évaluer dans quelle mesure les entreprises parviennent à justifier leurs investissements colossaux dans les infrastructures.
La Réserve fédérale annoncera également sa décision sur les taux mercredi. Le consensus table sur un statu quo. L’attention se portera surtout sur d’éventuels signaux indiquant que la banque centrale envisage une nouvelle hausse des taux alors que les risques inflationnistes persistent.
Évolution du marché | Vers quoi l’attention pourrait-elle se déplacer ? |
Les résultats liés à l’IA dépassent les attentes et les investissements produisent des rendements visibles | Rebond des fabricants de puces et des fournisseurs d’infrastructures d’IA |
L’utilisation de l’IA progresse, mais les inquiétudes concernant les dépenses d’investissement persistent | Logiciels et cybersécurité |
La hausse boursière s’élargit au-delà des seuls géants technologiques | Santé, énergie et secteurs défensifs |
Les rendements obligataires continuent de reculer | Obligations d’État américaines, immobilier coté et actions à dividendes |
L’inflation persiste et les taux repartent à la hausse | Obligations à court terme et entreprises générant de solides flux de trésorerie |
Après une semaine d’absence, le changement le plus frappant n’est pas que les investisseurs aient perdu confiance dans l’IA. Le marché exige surtout davantage de preuves que les investissements finiront par porter leurs fruits. Dans le même temps, les investisseurs semblent davantage disposés à chercher des opportunités ailleurs.
Le terrain de jeu des investisseurs s’élargit donc.
Les fabricants de puces restent un élément important du thème de l’IA. Mais à mesure que les entreprises adoptent concrètement cette technologie, les logiciels et la cybersécurité pourraient attirer davantage l’attention. La santé et l’énergie puisent leur croissance bénéficiaire dans d’autres moteurs. Les actions à dividendes et les obligations offrent, quant à elles, d’autres sources de revenus ainsi que des possibilités de diversification.
Le rallye de l’IA n’est pas nécessairement terminé. Mais la Bourse rappelle aux investisseurs que le rendement ne doit pas forcément venir d’un seul endroit.
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