Outrageous Predictions
La Belgique constitue une réserve stratégique de cacao avec sa Réserve Nationale de Chocolat
Ole Hansen
Responsable de la stratégie des matières premières
Malgré l’appétit d’investissement toujours soutenu de la Big Tech, les grands investisseurs continuent de miser massivement sur des géants comme Amazon, Meta, Microsoft et Alphabet. Un nom brille pourtant par son absence dans les listes d’achats : le chouchou de l’IA, Nvidia. Le premier pur acteur des puces à apparaître dans le classement est TSMC, qui ne pointe qu’à la quatorzième place.
Le schéma est clair. Les poids lourds de la finance préfèrent jouer la tendance de l’IA via les hyperscalers, qui ne dépendent pas à 100% du cycle volatil des semi-conducteurs. La Big Tech tire en effet ses revenus d’activités bien plus larges que le seul matériel lié à l’IA. Ces groupes profitent aussi eux-mêmes de l’intelligence artificielle en l’intégrant de manière fluide dans leurs propres écosystèmes. On pense à Meta, qui automatise davantage la publicité, à Microsoft, qui déploie Copilot dans l’ensemble de ses logiciels, à Amazon, qui optimise ses chaînes logistiques et ses entrepôts, ou encore à Alphabet, qui dispose avec Gemini d’un puissant modèle de langage développé en interne.
Les grands gestionnaires de fonds optent ainsi pour une approche plus prudente. Cela contraste fortement avec le momentum du marché au sens large, où l’attention se porte souvent sur des valeurs très volatiles liées aux puces, comme Sandisk, Micron Technology et SK Hynix.
Berkshire Hathaway figurait également dans le panier d’achats de dix grands gestionnaires de fonds au dernier trimestre. Li Lu – qui a pendant des années géré le capital de Charlie Munger et qui fut un temps cité comme possible successeur de Buffett – a ainsi encore renforcé sa position. Dans le même temps, des noms connus comme Chuck Akre, François Rochon et la Bill & Melinda Gates Foundation ont au contraire vendu une part importante de leurs actions Berkshire. Détail piquant : Warren Buffett a récemment décidé de mettre fin, après son décès, à ses dons structurels à la Gates Foundation, au profit d’un trust familial. Que la fondation réduise aujourd’hui sa position dans Berkshire Hathaway de plus de 13% relève, à tout le moins, d’une coïncidence notable.
Berkshire lui-même était toutefois aussi du côté des acheteurs. Après des années d’activité relativement limitée, le successeur Greg Abel a nettement accéléré la cadence. Outre le programme de rachat d’actions en cours, le conglomérat a pris une position impressionnante dans Alphabet. Warren Buffett a récemment indiqué qu’il avait lui-même encore été impliqué dans cette opération. Rien d’illogique, puisqu’il a déjà qualifié à plusieurs reprises le fait d’avoir manqué « Google » par le passé comme l’une de ses plus grandes erreurs d’investissement. Les actions A et C d’Alphabet représentent désormais une part importante du portefeuille. Abel a en outre renforcé ses participations dans le distributeur Macy's, Delta Air Lines et le constructeur de maisons Lennar. Apple reste, malgré les ventes récentes, la principale position du portefeuille.
De l’autre côté de l’Atlantique, le grand investisseur britannique Chris Hohn a lui aussi renforcé sa conviction dans Alphabet en augmentant encore sa position. Pour financer cet achat, il s’est séparé de Microsoft au premier trimestre de cette année. Hohn est connu pour son horizon d’investissement extrêmement long, son portefeuille très concentré et son processus de sélection draconien. Il exige des avantages concurrentiels pratiquement indestructibles. Lorsqu’il ouvre de nouvelles positions, le marché est donc attentif. Avec Martin Marietta Materials et Vulcan Materials, il a ajouté deux entreprises en apparence ennuyeuses. En pratique, il s’agit toutefois de monopoles régionaux qui disposent d’un avantage concurrentiel économique presque infranchissable, grâce à des barrières à l’entrée très élevées et à des coûts de transport importants. Ces sociétés bénéficient d’un pouvoir de fixation des prix exceptionnel, ce qui leur permet d’augmenter leurs prix au-delà de l’inflation et de protéger leurs marges. Les investisseurs considèrent ces entreprises comme un refuge défensif : leurs revenus ne dépendent pas tant du marché immobilier cyclique que des gigantesques budgets américains consacrés aux infrastructures, qui les soutiennent sur la durée.
Enfin, Bill Ackman n’est pas resté inactif non plus. Il a ajouté Visa, Mastercard, S&P Global et Netflix au portefeuille de Pershing Square. Au début du trimestre, Visa et Mastercard se négociaient respectivement 25% et 15% en dessous de leur cours actuel. S&P Global et Netflix ont également connu une année boursière agitée, mais bénéficient désormais de la pleine confiance d’Ackman. Le retour sur Netflix est particulièrement frappant. Il y a quatre ans, il avait encore vendu l’action avec une lourde perte, mais maintenant que le titre se traite nettement sous son plus haut, il revient à l’achat. Ackman est convaincu que Netflix a désormais gagné la guerre du streaming et y voit de nombreuses opportunités, précisément au moment où le marché au sens large tourne quelque peu le dos au secteur du divertissement.
Ce qui ressort surtout de cette salve de déclarations 13F, c’est que dans un marché dominé par des thèmes de momentum comme l’infrastructure liée à l’IA, l’économie spatiale et les puces mémoire, les très grands investisseurs passent leur tour sur les acteurs lourdement endettés comme CoreWeave ou sur les constructeurs de fusées déficitaires. Ce trimestre, ils optent résolument pour des entreprises de qualité plus défensives, fortes d’une position de marché solide, de bilans robustes et de marges élevées. C’est un segment du marché qui n’a peut-être pas été le plus sexy ces derniers mois, mais ce sont précisément ces entreprises qui, en cas de choc macroéconomique inattendu, ne voient pas du jour au lendemain la moitié de leur valeur boursière partir en fumée. Ou pire : qui ne font pas faillite.
| Action | Nombre d’investisseurs | |
|---|---|---|
| 1 | Microsoft Corp. | 16 |
| 2 | Meta Platforms Inc. | 14 |
| 3 | Visa Inc. | 13 |
| 4 | Amazon.com Inc. | 11 |
| 5 | Berkshire Hathaway CL B | 10 |
| 6 | S&P Global Inc. | 9 |
| 7 | Alphabet Inc. CL C | 9 |
| 8 | Walt Disney Co. | 9 |
| 9 | Capital One Financial | 8 |
| 10 | Thermo Fisher Scientific | 8 |
| 11 | Danaher Corp. | 8 |
| 12 | Comcast Corp. | 8 |
| 13 | United Health Group Inc. | 8 |
| 14 | Taiwan Semiconductor S.A. | 7 |
| 15 | Mastercard Inc. | 6 |
| 16 | Netflix Inc. | 6 |
| 17 | Home Depot | 6 |
| 18 | TE Connectivity plc | 6 |
| 19 | Elevance Health Inc. | 6 |
| 20 | Ferguson Enterprises Inc. | 6 |
Source : Dataroma.com, consulté le 16 août 2026