En attente
Christopher Dembik
Responsable de l'analyse macroéconomique
Résumé: Les investisseurs sont toujours dans l’attente d’un règlement du conflit en Ukraine. Mais il est probable que celui-ci ne survienne pas de sitôt.
Les investisseurs sont toujours dans l’attente d’un règlement du conflit en Ukraine. Mais il est probable que celui-ci ne survienne pas de sitôt. Les autorités turques, qui servent de médiateur, évoquent depuis plusieurs semaines qu’un accord est imminent mais cela ne s’est toujours pas matérialisé. Nous pensons que la Russie joue officiellement la carte de la diplomatie mais souhaite avant tout que ses objectifs militaires soient atteints. Cela inclut notamment détruire les fondements de l’économie ukrainienne afin d’en faire un État démilitarisé mais aussi un nain économique. Ceux qui espèrent un rallye suite à un éventuel accord devront attendre. Il faudra, en revanche, suivre de très près l’évolution du baril de pétrole dans les séances à venir. Si la décrue des prix continue, cela pourrait entretenir l’appétit au risque. Les investisseurs sont en particulier assez optimistes concernant un accord entre Washington et Caracas qui permettrait au Venezuela d’exporter de nouveau du pétrole vers les Etats-Unis. Nous partageons cet optimisme.
- Il n’y avait quasiment pas de statistiques hier. Les prix à la production en Allemagne ont un peu régressé en février, à 1,4% d’un mois sur l’autre, contre une prévision à 1,7% et un chiffre en janvier à 2,2%. Il est cependant encore trop tôt pour espérer une décrue au niveau de l’inflation.
- La guerre en Ukraine fait sa première victime sur le marché obligataire. L’entreprise ukrainienne MHP, qui produit de la viande et des céréales, a fait défaut. Elle n’a pas pu rembourser une échéance d’intérêts en date du 19 mars portant sur 11 millions de dollars. C’est une première. Mais d’autres entreprises ukrainiennes devraient suivre le même chemin, étant donné la situation sur place. Au Venezuela, l’optique d’un accord entre Caracas et Washington portant sur la levée des sanctions américaines en échange de la fourniture de pétrole vénézuélien aux États-Unis rassure les investisseurs. Les obligations du Venezuela sont passées de 6 cents pour un dollar il y a quelques semaines à 10 cents la semaine dernière. Nous tablons sur un accord dans les mois à venir. Cela permettra de normaliser la situation économique au Venezuela où l’inflation commence à refluer et où la classe moyenne aisée, qui avait fui le pays, revient.
- Au niveau des mid caps, l’actualité se porte sur 1000mercis, spécialiste du data marketing. L’entreprise a connu un sursaut de cotation autour des 29,50 euros après que ses fondateurs aient fait part de leur intention de déposer un projet d’offre publique d’achat simplifiée au prix de 30 euros. Le groupe a connu un beau parcours boursier depuis trois ans. En outre, le chiffre d’affaires consolidé était en hausse de 17,8% en 2021 par rapport à 2022. Les perspectives sont solides. Il s’agit d’une belle mid cap avec une valorisation de 67 millions d’euros. Le titre est plutôt considéré comme liquide.
Les résultats d’entreprises continuent avec Xiaomi, Anta Sports (vêtements de sport), Foxconn, Wuxi Biologics (plateformes technologiques intégrées en accès ouvert pour le développement de médicaments biologiques), Partners Group (capital-investissement) et Adobe (que nous connaissons tous).
L’agenda économique est presque vide aujourd’hui. A 14h15, la présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, doit prendre la parole lors du Sommet de l’Innovation de la Banque des Règlements Internationaux. Son intervention, pré-enregistrée, portera sur les défis auxquels font face les banques centrales dans un monde digitalisé. Intéressant mais sans impact sur le marché.
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