Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
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Alphabet doit démontrer que ses investissements massifs dans l’intelligence artificielle soutiennent la croissance sans fragiliser son moteur de recherche.
Le rebond des livraisons de Tesla est important, mais les marges, la génération de cash et les avancées dans les robotaxis pourraient déterminer la réaction du marché.
Intel doit prouver que son redressement industriel devient crédible commercialement, et pas seulement impressionnant sur le plan technologique.
Le marché ne récompense plus les efforts, il vérifie désormais les résultats. Alphabet et Tesla publieront leurs résultats après la clôture du marché américain le 22 juillet, suivis par Intel le 23 juillet. Ces publications interviennent alors que les valeurs technologiques ont reculé et que les investisseurs se montrent moins indulgents face aux promesses coûteuses.
Pour les investisseurs, la question essentielle n’est pas de savoir si chaque entreprise dépasse une prévision. Il s’agit de déterminer si les dépenses, la stratégie et l’exécution permettent de construire des entreprises plus solides.
Alphabet possède Google Search, YouTube et Google Cloud. La publicité liée aux recherches reste le moteur financier du groupe, tandis que le cloud computing et l’intelligence artificielle représentent les principales opportunités de croissance.
Alphabet prévoit des dépenses d’investissement d’environ 175 à 185 milliards de dollars en 2026, selon sa dernière publication de résultats. Cet argent est consacré à des actifs durables comme les centres de données, les serveurs et les réseaux. La facture arrive maintenant. Les bénéfices attendus viendront plus tard.
Les investisseurs surveilleront la capacité de Google Search à rester solide alors que les résumés générés par l’intelligence artificielle modifient la manière dont les utilisateurs trouvent des informations. Google Cloud devra continuer à croître tout en améliorant sa rentabilité. La direction devra également démontrer que ces investissements massifs permettent de résoudre les problèmes de capacité plutôt que de créer une structure de coûts excessive.
Les conséquences se répercutent sur toute la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle. Des investissements soutenus profitent aux fabricants de puces, de mémoire, de réseaux, ainsi qu’aux fournisseurs de solutions de refroidissement et d’électricité. Une perspective plus prudente pourrait rapidement refroidir les attentes envers ces fournisseurs.
Tesla fabrique des véhicules électriques, des batteries et des systèmes énergétiques, tout en investissant massivement dans la conduite autonome et les robots. Les livraisons du deuxième trimestre ont atteint 480 126 véhicules, selon son rapport officiel de production et de livraison. Cela représente un net rebond après le premier trimestre et répond à une question, mais pas aux plus difficiles.
Les livraisons ne révèlent pas dans quelle mesure les remises ou les financements moins coûteux ont contribué à vendre ces véhicules. Les investisseurs se concentreront sur les marges automobiles, qui indiquent le bénéfice conservé par Tesla sur chaque véhicule, ainsi que sur le flux de trésorerie disponible, c’est-à-dire l’argent restant après l’exploitation et les investissements.
L’autre enjeu est de savoir si les futures activités passent du stade de démonstration à celui d’opérations reproductibles à grande échelle. Les robotaxis et le robot humanoïde Optimus pèsent lourd dans la valorisation de Tesla, même si les ventes de véhicules financent encore l’essentiel du développement. Les progrès devront être mesurables, notamment via l’expansion des services, le nombre de véhicules déployés et les coûts d’exploitation.
Une forte demande sans recours massif aux incitations réduirait la pression sur les concurrents. Des livraisons élevées accompagnées de marges plus faibles pourraient signaler une nouvelle vague de concurrence par les prix. Vendre davantage de voitures est utile. Les vendre de manière rentable reste le véritable défi.
Intel conçoit des processeurs et reconstruit son rôle de fabricant pour d’autres entreprises de semi-conducteurs. Ses résultats sont importants pour les ordinateurs personnels, les centres de données et les efforts visant à diversifier la production de puces en dehors de l’Asie.
Lors de ses résultats du premier trimestre, Intel a annoncé un chiffre d’affaires de 13,6 milliards de dollars, en hausse de 7 % sur un an, et prévoit un chiffre d’affaires compris entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars au deuxième trimestre. Le marché attend désormais une meilleure rentabilité, une demande plus forte dans les centres de données et des preuves que des clients externes font confiance aux usines Intel.
Les nouvelles technologies de production doivent être livrées dans les délais, permettre de fabriquer suffisamment de puces utilisables et attirer des commandes importantes. Une avancée technique sans demande commerciale reste un trophée coûteux.
Des progrès crédibles renforceraient la concurrence dans la fabrication avancée. De nouveaux retards confirmeraient que reconstruire une position de leader dans les puces coûte plus cher et prend plus de temps que ne le laisse entendre la trajectoire parfaite affichée sur une présentation.
Une forte croissance peut malgré tout décevoir lorsque les investisseurs attendent des performances exceptionnelles. Les prix du pétrole, les taux d’intérêt ou les tensions géopolitiques peuvent également éclipser les nouvelles propres à chaque entreprise.
Surveillez une hausse des dépenses d’Alphabet plus rapide que les revenus du cloud, une amélioration des livraisons de Tesla sans progression de la trésorerie, ou des pertes élevées persistantes chez Intel sans engagements majeurs de la part de clients. Ce sont des signaux d’alerte, pas des conclusions définitives.
Cette semaine ne permettra pas de déterminer définitivement si Alphabet remportera la course à l’intelligence artificielle, si Tesla maîtrisera la conduite autonome ou si Intel reconstruira un empire industriel. Elle montrera toutefois si chaque entreprise avance dans la bonne direction à un rythme crédible. Alphabet doit démontrer que ses dépenses génèrent une demande rentable. Tesla doit transformer son rebond des livraisons en une amélioration durable de ses performances économiques. Intel doit convertir ses progrès industriels en relations de confiance avec ses clients.
Un marché nerveux peut sanctionner des résultats pourtant corrects, car la qualité d’une entreprise et les attentes intégrées dans son cours de Bourse sont deux questions différentes. C’est la leçon utile derrière le bruit ambiant. Le marché ne cesse pas de croire aux grandes ambitions. Il a simplement changé les conditions d’accès : moins de crédit accordé aux promesses, davantage de preuves dans les flux de trésorerie, et aucun lot de consolation.
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