Les résultats de LVMH en 1 chiffre
Résumé: LVMH publie un troisième trimestre décevant, avec une baisse de 5 % des ventes de Mode & Maroquinerie, son principal moteur de croissance, sous l'effet du ralentissement chinois. Malgré la résistance des États-Unis et les bonnes performances de certaines marques, le retour à la croissance observé au deuxième trimestre ne s'est pas confirmé. Le groupe doit désormais démontrer que ses initiatives produits chez Louis Vuitton et Dior peuvent relancer les ventes, tandis que les investisseurs surveilleront surtout la stabilisation de la demande chinoise et le redressement de la Mode & Maroquinerie.
-5%
C'est la baisse organique des ventes de la division Mode & Maroquinerie au troisième trimestre 2026, après un retour à la croissance de +1 % au deuxième trimestre. Cette activité, qui regroupe notamment Louis Vuitton et Dior, est la plus importante du groupe et représente près de la moitié de son chiffre d'affaires.
Pourquoi est-ce important ? Parce que c'était précisément le chiffre à surveiller après les résultats du deuxième trimestre. Le retour à la croissance avait laissé espérer que le point bas était passé, mais le recul de 5 % au troisième trimestre montre que la reprise n'était pas encore acquise. La faiblesse de la demande chinoise explique une grande partie de ce retournement, tandis que les analystes cherchent désormais à savoir si les initiatives produits chez Louis Vuitton et Dior suffiront à relancer durablement les ventes.
Les résultats en 30 secondes
- Chiffre d'affaires du groupe : 18,5 Md€ au T3, en croissance organique de 1 %. Sur neuf mois, les ventes atteignent 57,1 Md€, en hausse organique de 2 %.
- La mode et la maroquinerie décrochent : -5 % au T3, contre -1 % au premier semestre. Le ralentissement s'accélère donc dans le métier central du groupe.
- La Chine reste sous pression : la demande de la clientèle chinoise recule à un rythme de milieu de fourchette à deux chiffres. Les achats sur le marché domestique baissent encore davantage.
- Dior résiste mieux que Louis Vuitton : Dior fait partie des marques qui surperforment au T3, tandis que Louis Vuitton se situe légèrement sous la moyenne de sa division.
- Les montres et bijoux ralentissent : la croissance organique passe de +9 % au premier semestre à +6 % au T3. La distribution sélective reste dynamique, à +8 %.
- Les marges deviennent un sujet central : LVMH veut poursuivre ses économies de coûts, mais refuse de sacrifier ses investissements dans les marques pour soutenir artificiellement la rentabilité.
Les bonnes nouvelles
Les nouveautés produits commencent à porter leurs fruits
C'est l'un des messages les plus importants du Q&A. La direction explique que les initiatives internes (amélioration des collections, renouvellement des produits et travail sur l'offre) produisent déjà des résultats.
Chez Dior, les nouveautés fonctionnent bien, notamment dans les sacs et le prêt-à-porter féminin. Loro Piana et Rimowa surperforment également au troisième trimestre.
Pour Louis Vuitton, la direction veut continuer à trouver le bon équilibre entre des produits haut de gamme et des modèles capables d'attirer de nouveaux clients.
LVMH ne peut pas décider quand les consommateurs chinois retrouveront confiance. En revanche, le groupe peut améliorer ses produits et leur attractivité. C'est ce levier qui pourrait permettre aux marques de repartir avant même une véritable reprise du marché.
La faiblesse de Louis Vuitton est en partie liée à un incident ponctuel
La direction précise qu'une perturbation logistique et de transport a amputé la croissance trimestrielle de Louis Vuitton de plus d'un point.
Cet incident est désormais derrière le groupe. Il explique donc une partie de la contre-performance du trimestre, sans pour autant justifier l'ensemble du recul de la division.
C'est un élément à garder en tête pour les prochains résultats : si les ventes de Louis Vuitton s'améliorent, il faudra distinguer le simple retour à la normale logistique d'un véritable redémarrage de la demande.
LVMH ne coupe pas dans ses investissements pour protéger ses marges
Les analystes ont notamment interrogé la direction sur les dépenses marketing et la capacité à continuer de réduire les coûts.
La réponse est claire : les dépenses marketing restent globalement stables en proportion du chiffre d'affaires. LVMH ne veut pas réduire les investissements qui pourraient fragiliser la désirabilité de ses marques ou leur potentiel de croissance.
C'est cohérent avec une stratégie de long terme. Une marque de luxe ne se construit pas uniquement avec des économies : elle doit continuer à investir dans ses produits, ses boutiques et son image.
Les points de vigilance
La Chine ne montre pas encore de véritable signe de retournement
La direction décrit une baisse à deux chiffres de la demande chinoise, avec un recul particulièrement marqué sur le marché domestique. Les achats de la clientèle chinoise à l'étranger diminuent également, mais à un rythme moins élevé.
Certes, LVMH indique que la situation s'est un peu améliorée vers la fin du trimestre. Mais la direction reconnaît ne pas savoir quand le contexte redeviendra favorable.
La protection des marges devient plus difficile
C'est probablement le point financier le plus sensible du Q&A.
LVMH a déjà réussi à protéger ses marges malgré le recul des ventes, grâce à des réductions de coûts. Mais les analystes se demandent si ces économies peuvent continuer à compenser une baisse persistante du chiffre d'affaires.
La direction poursuit ses efforts, sans vouloir réduire les dépenses nécessaires à la croissance future. Elle reconnaît donc implicitement qu'il existe une limite à ce que les économies peuvent compenser.
Si les ventes restent négatives au quatrième trimestre, la pression sur la rentabilité pourrait s'accentuer.
Les montres et bijoux perdent un peu de vitesse
La division progresse encore de 6 % au T3, mais ralentit par rapport aux 9 % du premier semestre.
La direction évoque notamment les effets des hausses de prix liées à l'or, une comparaison plus exigeante pour Bvlgari au quatrième trimestre et des évolutions contrastées selon les marchés.
Si la contribution des prix diminue, les marques devront davantage compter sur les volumes vendus et le succès de leurs collections pour maintenir leur croissance.
Le chiffre à surveiller
La croissance de la division Mode & Maroquinerie
Une nouvelle fois, ça sera le chiffre à surveiller pour le prochain trimestre.
Il faudra regarder trois éléments en parallèle :
- Louis Vuitton : les ventes se redressent-elles une fois l'incident logistique passé ?
- Dior : les nouveautés créatives se traduisent-elles par une accélération plus large des ventes ?
- La Chine : la baisse de la demande ralentit-elle suffisamment pour permettre aux marques de retrouver de la croissance ?
Une amélioration de la division serait un signal encourageant, surtout si elle s'accompagne d'une stabilisation en Chine. À l'inverse, un nouveau recul marqué renforcerait les inquiétudes sur la durée du ralentissement.
Un deuxième indicateur sera essentiel : la marge opérationnelle de la mode et de la maroquinerie. Elle permettra de savoir si LVMH parvient à absorber la faiblesse des ventes sans compromettre ses investissements de long terme.
Ce qu’il faut retenir
La thèse d'investissement de LVMH est fragilisée.
Le retour à la croissance de la Mode & Maroquinerie au deuxième trimestre n'aura été que de courte durée.
La faiblesse de la demande chinoise pèse sur Louis Vuitton et Dior, tandis que le ralentissement des montres et bijoux montre que les difficultés commencent à toucher d'autres moteurs de croissance du groupe.
Certes, les initiatives produits portent leurs fruits chez certaines marques et les États-Unis continuent de soutenir l'activité. Mais ces éléments ne suffisent pas encore à compenser les difficultés du principal métier de LVMH.
Le groupe veut préserver la désirabilité de ses marques plutôt que multiplier les baisses de prix ou les réductions de dépenses. Cette stratégie est cohérente à long terme, mais elle ne garantit ni un redémarrage rapide des ventes ni le maintien des marges.
Le prochain trimestre sera déterminant : il faudra observer si la Mode & Maroquinerie se stabilise et si la demande chinoise cesse de se dégrader. En attendant, le potentiel de reprise reste incertain et la thèse d'investissement doit être abordée avec davantage de prudence.